Invité
Invité
avatar
Invité
Jeu 8 Juin - 13:14

Utilisant sa main pour protéger ses yeux fragiles du soleil, Swann ne pu que constater une nouvelle fois, que la chaleur était accablante. Pourtant, autour d'elle, personne d'autre ne semblait en souffrir. Peut-être que la raison n'était autre que le pull en laine rose pastel qu'elle portait. Peut-être qu'en l'enlevant, ses bras seraient plus à même de rétablir la balance et de rafraichir par leur épiderme, le reste de son corps ?
Il était trop tard désormais. Elle était toute proche du mur, toute proche d'entrer dans un cycle d'heures interminables. Condamnée à s'assoir et à égrener une à une, les secondes s'écouler avec une lenteur insupportable.
Oui, c'est à ça que se résumait son rôle de super sous-fifre de la Garnison. A surveiller la porte gigantesque d'un mur imposant, que presque personne n'empruntait, du moins, pas quand le soleil était à son zénith.

A contre-coeur, la jeune femme enfila le blason de son corps d'armée et se dirigea vers l'endroit où elle se posait habituellement. Malheureusement, le tonneau sur lequel elle aimait s'installer n'était plus là. Ainsi elle s'accroupit, les bras enroulés autour des genoux, la tête posée dessus, avant que son supérieur ne l'interpelle et ne la force à prendre une position, plus correcte.
- L'image l'image... marmonnait-elle avec irritation Tout le monde s'en fout de la Garnison. Tout le monde sait qu'il n'y a que des pleutres et des fillettes.
Son supérieur ne rata rien de son discours dégradant (sans doute l'avait-elle fait en partie exprès) et la soumit immédiatement à une punition.
C'était probablement le seul membre de la Garnison à se soucier de l'investissement de ses soldats, et il avait Swann en ligne de mire depuis son affectation la porte Sud de Nedlay.

Ainsi, en guise de repentance, après avoir fait l'objet d'une belle avoinée et d'un coup sur le sommet du crâne, Swann fut contrainte de patrouille tout l'après-midi le long du mur, d'un point A à un point B, ne s'arrêtant que lorsque son capitaine le lui permettrait.
C'est donc la mine renfrognée, les cheveux derrière les oreilles qu'elle marchait tête baissée, en ruminant ferme.
Et comme l'on peut s'y attendre de quelqu'un qui ne regarde pas devant lui, elle se prit les pieds dans une dalle creuse et trébucha vers l'avant. Habituée au chute à cause de sa maladresse, on aurait pu penser qu'elle aurait développé des réflexes exceptionnels ! Et bien non, pas du tout. Elle se rattrappa sur le sol au dernier moment, son nez embrassant toute la dureté du sol. Elle s'assit sur les genoux, et, déjà ses yeux étaient noyés de larmes. Les mains fermées sur son nez certainement rougit, elle leva ses prunelles désespérées vers celui qui avait assisté à toute la grâce de la scène, sans dire un mot, ou émettre un son.
Au moins, il ne s'était pas encore moqué d'elle, elle n'avait pas tout perdu.
Et puis, incapable de se contrôler davantage, elle éclata en sanglots, comme l'enfant qu'elle détestait être, mais dont elle ne parvenait pas à se défaire.

- Je me suis cassé le neeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeez...
Invité
Revenir en haut Aller en bas
Levi Ackerman
Bataillon d'Exploration •• Caporal-Chef
avatar
Missives : 751
Soldat depuis le : 03/04/2017
Vieillesse : 24
Localisation : Qui ça ?
Ven 9 Juin - 17:45
L'homme le plus cruel de la TerreWe're not gonna be just a part of their game
We're not gonna be just the victims
They're taking our dreams and they tear them apart
'Til everyone's the same

I've got no place to go
I've got nowhere to run
They'd love to watch me fall
They think they know it all
( Simple Plan → Me Against The World )
Tu étais de repos aujourd’hui. Enfin. Tu avais enfin mérité un peu de détente. La détente chez toi se résumait parfois à nettoyer jusqu’à faire briller, tel le maniaque que tu es. Néanmoins aujourd’hui, tu n’en avais pas envie. Peu de personnes savent à quel point tu es maniaque de la propreté justement, et la plupart sont déjà mortes en emportant le secret dans leurs tombes. Dis comme ça, c’est pas mal horrible, parce que ça te faisait penser justement à ces personnes qui ont disparu il n’y a pas si longtemps que ça. Au final les missions t’empêchait d’y penser, d’y réfléchir. A chaque fois qu’il y a un mort au sein du Bataillon, l’on découpe les blasons des deux ailes sur leurs vestes pour les garder en leur mémoire. Il y en a quatre sous tes yeux. C’est dur, de se dire qu’on créé des liens pour au final tout perdre. A se demander ce que les humains ont fait à Dieu pour qu’il s’acharne à ce point sur eux. Enfin, si tant est qu’un tel Dieu existe. Si c’était le cas, alors il les aurait aidé depuis bien longtemps.

Pourquoi sont-ils morts ? Pour défendre un gamin. Pourquoi défendre ce gamin ? Parce qu’il est soi-disant la clé de tout. Est-ce que ce gamin vaut la peine qu’on se donne tant de mal pour lui ? Tu lâchas un soupir, sans parvenir à trouver une quelconque réponse. Tout le monde fait ce qu’il a à faire parce que ce doit être fait. Quant à toi, ton rôle se résumait à quoi ? Vaincre les titans, être celui qui en tue le plus pendant une mission, permettre au plus grand nombre de s’en sortir quitte à te mettre en danger, pour ne pas perdre encore d’autres précieuses vie. Tes camarades. Vos camarades. Tu allas ranger les insignes en silence, cela ne faisait pas si longtemps que ça qu’ils étaient partis. Tu les mit avec ceux d’Isabel et Farlan, avant de fermer le tiroir. Tout ça fait parti de ton passé, et il faut que tu te tournes vers l’avenir, un avenir incertain malheureusement. Tu sortis prendre l’air, habillé en civil. Il fait une chaleur à tomber par terre, une chaleur étouffante, pas mal casse burne d’ailleurs.

Tu décidas néanmoins de ne pas rien faire, parce que c’était tout bonnement impossible pour toi de rester à marcher sans aucun but précis. Tu décidas de retourner à Nedlay. Pourquoi ? Aucune idée. Tu aurais pu aller ailleurs, ça aurait été la même chose. Quoiqu’il en soit, ton choix se porta sur Nedlay, histoire de patrouiller un peu. Etant en civil, tu aurais plus de chance de croiser les connards sans qu’ils ne fuient plutôt qu’en uniforme. Cela dit, beaucoup te connaissent, au moins de réputation. Après, les plus cons viendraient s’en prendre à toi à cause de ta taille. Cela t’était déjà arrivé. Les gens te sous-estiment à cause de ta taille. C’est une chose que tu ne comprendrais jamais. Comment peuvent-ils s’en tenir au physique ? Il faut vraiment être con pour attaquer quelqu’un là-dessus, et ça s’appelle de la discrimination. Après tout, tu en as déjà été victime, que ce soit par ton passé de « racaille » que sur ta taille auprès de certaines personnes. Cette Terre est décidément corrompue et réellement merdique.

Le voyage de Karanese jusqu’à Nedlay se fit sans encombre, tu as été silencieux durant tout le voyage. Aller et venir entre les districts sans qu’on vienne te faire chier était une chose que tu chérissais, car après tout tu faisais partie de ces personnes qui peuvent voyager entre les districts, sans avoir besoin d’un accord d’une tierce personne en permanence. La chaleur est réellement accablante, et tu sens des perles de sueur sur ton front. C’est abominable ce temps, en plus d’agacer profondément. Tu regardas la porte en silence, tandis que tu entras dans le tunnel qui mène à l’intérieur du mur. Tu jetas un regard par-dessus ton épaule, comme si tu laissais la liberté derrière toi. Une sensation assez étrange d’ailleurs. Une fois arrivé, tu allas directement te mettre à l’ombre, où il faisait déjà bien meilleur. C’est plus possible de rester en plein soleil. Tu saluas les soldats de la Garnison qui était là, avant de commencer à entamer ton tour. Avant d’aller affronter le brouhaha de la ville et la chaleur que dégage cette dernière avec l’activité humaine, tu commenças à longer le mur, vidant ta tête de toutes tes pensées. Tu levas les yeux vers le ciel, regardant ces nuages blancs passer paresseusement, n’ayant que ça à faire. Ils sont haut, très haut dans le ciel, et tu te demandas alors ce que c’était comme impression, de voler. C’est une question que tu t’étais posé plusieurs fois, parce que c’était ça la véritable liberté. Pouvoir voler comme un oiseau, au-delà des murs, au-delà de toutes les frontières que l’Humanité construit pour ne pas passer de l’autre côté. Tu pouvais presque rêver de vouloir être un oiseau, libre, et ne rien demander à personne, ne dépendre plus de personne. Plus jamais.

Le bruit d’une chute, et la plainte d’une voix féminine te fit revenir les pieds sur terre, avec regret. Tu vis alors une jeune fille, tu ne pouvais déterminer son âge, cela semblait assez trompeur. Cette jeune fille, tu avais loupé sa chute visuellement, mais tu l’as parfaitement entendu. D’abord tu ne dis rien. Après tout ce n’était pas ton genre de te moquer de la douleur des autres. Néanmoins, tu haussas un sourcil quand elle éclata en sanglot en se plaignant qu’elle a le nez cassez. Là tu levas les yeux au ciel et tu t’approchas finalement.


« C’est pas cassé gamine, sinon tu pisserais le sang. »

Tu t’accroupis devant elle pour l’aider à se relever, trouvant ça assez lamentable qu’elle reste à terre. Au moins qu’elle se redresse, avec un minimum de dignité. Un rapide coup d’oeil te fit comprendre qu’elle était de la Garnison… La Garnison embauche des pleurnichards maintenant ? Si elle pleurait pour une chute, elle se pisserait dessus ou serait morte d’un arrêt cardiaque si elle voyait des titans. Tu soupiras légèrement en regardant son nez, simplement rougit par le choc, alors tu lui fis simplement une légère pichenette sur le front.

« Allez arrête de chialer va, c’est rien, et y a pire dans la vie. »
© 2981 12289 0

______________________________


That bastard… Once I get the chance,
I’ll kill him straight away.
Revenir en haut Aller en bas
Invité
Invité
avatar
Invité
Ven 9 Juin - 19:19

Tout d'abord aveuglée par le soleil qui brillait haut dans le ciel, Swann ne fut pas capable de discerner les traits de l'homme devant lequel elle venait de s'étaler de tout son long.
C'est trop la hooooonte... se plaignit-elle intérieurement.
Heureusement pour elle, le malencontreux spectateur ne se moqua pas d'elle, bien au contraire. Ou du moins, pas encore.
Il s'approcha de la demoiselle, très occupée à pleurer sur son sort en restant assise au sol comme une petite âgée de 4 ans, pour finalement lui dire que son nez n'était pas cassé.
Mais comment pouvait-il savoir hein ? Il ne l'avait même pas regardé, son pauvre petit nez ! Mais d'une certaine façon... il n'avait pas tout à fait tort. Si les dégâts étaient aussi importants qu'elle le disait, alors nul doute qu'elle saignerait abondemment. Elle dégagea ses mains pour en observer l'éventuel contenu. Mais rien n'était venu tâcher sa peau blanche et unie, pas la moindre goutte pourpre.
Rassurée, mais toujours souffrante, Swann essuya timidement les larmes qui roulaient encore sur ses joues, sans oser regarder l'inconnu dans les yeux.

C'est avec joie qu'elle se laissa faire lorsque son nouvel interlocuteur la soutint pour la relever. Elle n'aimait pas paraître faible, inutile et pleurnicharde, mais elle aimait que l'on s'occupe d'elle de la sorte, avec attention et égard.
Sur l'instant, elle hésita. Devait-elle se plaindre encore un peu plus si elle voulait obtenir un câlin ? Ou s'en irait-il exaspéré par son attitude ? Difficile à dire.
Ainsi dans le doute, elle se contenta d'observer le visage du civil qui l'avait remise sur pieds.
Et devant cette mine fermée et inexpressive, elle était encore plus perdue et indécise de la manière dont elle devait se comporter.
La pichnette que son front encaissa la laissa toute penaude. Elle baissa les yeux vers le sol et entortilla ses doigts dans une danse compliquée, démonstration de son embarras maladif.

- Oui Monsieur... chuchota-t-elle honteuse de s'être laissée aller de la sorte.

Swann glissa une mèche de cheveux derrière son oreille en relevant la tête, sans pour autant oser affronter le regard sévère de ce personnage, qui, à bien y penser, ne lui était pas tout à fait inconnu. Une attitude dont on lui avait parlé, une personnalité à ne pas à en douter, dommage qu'elle n'ai pas été très concentrée sur les propos de son supérieur ce jour-là. Pas plus que d'habitude en somme.
Elle voulait remercier l'homme pour l'aide qu'il lui avait apportée, mais craignait que ce dernier ne tourne les talons pour ne plus jamais la revoir. Si elle s'était vautrée à ses pieds... il devait y avoir une raison n'est-ce pas ?
Ne croyant pas aux hasards mais bien à un coup perfide du destin, elle décida qu'elle devait retenir le bel inconnu, coûte que coûte.
Elle lui tendit une main en guide de politesse et de salutations et se présenta :

- Je m'appelle Swann, je fais partie de la Garnison. Merci de m'avoir aidé. Je peux... vous offrir quelque chose ? demanda-t-elle sans tout à fait l'inviter à boire. Et je... Je ne suis pas une gamine, j'ai 25 ans Monsieur le gentil monsieur.

Pas crédible un seul instant.
Invité
Revenir en haut Aller en bas
Levi Ackerman
Bataillon d'Exploration •• Caporal-Chef
avatar
Missives : 751
Soldat depuis le : 03/04/2017
Vieillesse : 24
Localisation : Qui ça ?
Sam 10 Juin - 11:36
L'homme le plus cruel de la TerreWe're not gonna be just a part of their game
We're not gonna be just the victims
They're taking our dreams and they tear them apart
'Til everyone's the same

I've got no place to go
I've got nowhere to run
They'd love to watch me fall
They think they know it all
( Simple Plan → Me Against The World )
Un faible « Oui monsieur » traversa les lèvres de la soldate de la Garnison. C’était bien la première fois que quelqu’un te disait « Oui monsieur », et c’était un peu perturbant. Non ironiquement. Tu regardas la jeune femme, elle semblait vraiment mal à l’aise. Tu levas les yeux au ciel en retenant un soupir. Tout le monde se moque d’elle en permanence pour qu’elle soit comme ça ? A chaque fois qu’elle se casse la gueule lamentablement au sol ? Si c’était vraiment le cas, alors c’est réellement triste pour elle.

« Je vais pas te juger. »

Si c’était le cas, alors tu devrais juger tout le monde au Bataillon parce qu’ils ont tous un grain. Toi-même d’ailleurs tu n’étais pas très saint d’esprit, il faut malheureusement se l’avouer. Il faut avoir un petit quelque chose de fou pour aller rejoindre les ailes de la liberté. Cela te rappelait une certaine conversation avec Kristopher, mais passons. Tu t’apprêtais à partir et à continuer ta ronde bien tranquillement quand la soldate tendit la main vers toi. Et merde. Bon. Tu serras sa main, tandis qu’elle se présenta. Donc tu te tenais face à la dénommée Swann, très bien. De la Garnison… Tu lui dis ou pas que t’as des yeux et que tu as vu son insigne ? Non. N’allons pas faire pleurer cette gamine encore un peu plus, sinon tu en entendrais encore parler et tu serais aussi connu comme le connard qui fait pleurer les femmes, alors qu’à la base elle est tombée seule. Les rumeurs partent vite et peuvent aller très loin en règle générale. Ensuite elle voulait t’offrir quelque chose… Dans le sens « à boire » du terme ? Cela te paraissait logique, on n’offre pas des trucs à un inconnu qui vous ramasse dans la rue, sauf pour lui forcer la main et l’obliger à faire ce que l’autre veut. Tch.

« Levi. »

Tu commençais d’abord par te présenter, cela n’aurait aucun sens. Tu te contentais de ça, parce que c’était tout à fait suffisant. Ce simple prénom. Juste Levi. La manière dont tu t’es toujours présenté. Tu l’observas de haut en bas. Tu avais cette impression qu’elle aurait préféré être partout, sauf ici, alors tu haussas les épaules.

« T’es pas censée être en service ? M’enfin pourquoi pas. Avec cette chaleur, c’est pas de refus. »

Tu la regardas bizarrement ensuite, quand elle te dit qu’elle a vingt-cinq ans. Alors tu ne sais pas ce qui te perturbait le plus. Qu’elle aie vingt-cinq ans dans un corps de gamine – enfin tu peux parler, t’es pas bien mieux, surtout niveau taille – ou qu’elle te dise « Monsieur le gentil Monsieur ». Quoi ?

« ...T’es sérieuse en me disant ça ? »

C’est la première fois qu’on te la faisait celle-la. Franchement, tu ne savais pas vraiment quoi en penser. L’air blasé, un sourcil haussé, tu te demandais si elle se foutait de toi ou si c’est simplement de la maladresse, encore et toujours. Parce que si jamais elle se foutait de toi, ça irait très certainement très mal pour elle, et t’irait pas avec le dos de la cuillère… Et là elle pourra pleurer pour quelque chose. Tu finis par pousser un soupir. Les soldats de la Garnison sont tous comme ça, eux aussi ils sont complètement tarés ? C’est donc un critère de sélection ça, être taré. Un peu comme la Brigade où il faut être très con pour y aller. Très con et corrompu. Il y en avait qui tenait peut-être la route, mais tu ne les connaissais pas, tu n’avais pas envie de les connaître ni de les rencontrer, ni d’être avec eux, bref, c’est limite si pour toi la Brigade n’existait pas. Quant à la Garnison, tu côtoyais peu ses soldats, donc difficile à dire… Tu savais seulement que la plupart sont des pochtrons. Après il y en avait qui valait le coup, comme cette dénommée Rico, il y avait Pixis… Mais même Pixis c’est un pochtron, ça ne voilait la face de personne, bien au contraire.

Cela dit, tu te trompais peut-être sur le compte de Swann et qu’elle était une soldate aguerrie avec l’âge, à vingt-cinq ans après tout, elle a dix ans de boulot derrière elle, si tant est qu’elle a commencé son entraînement à douze ans, et donc sortie à quinze. Enfin. Vu comment elle s’était vautrée, et comment elle pleurait pour rien, tu en doutais, mais parfois même les pleurnichards peuvent avoir des ressources plutôt impressionnantes et inattendues. En règle générale, tu préférais voir avant de te faire réellement une idée, parce que souvent, un pleurnichard reste un pleurnichard, sans plus. Tout le monde a sa chance, fort heureusement, mais dans le métier, si t’es faible, tu te feras marcher dessus, c’est aussi simple que ça.


« Appelle-moi Levi, ou Caporal à la rigueur, mais t’oublie les monsieur et compagnie. C’est extrêmement gênant. »

Elle avait sûrement dit ça parce qu’elle ne te connaissait pas. Que ce soit bien clair cela dit, au moins elle saurait comment t’appeler, voilà tout, et puis ça irait très bien comme ça. Tu remarquas aussi qu’elle n’avait pas lâché ta main, et tu le fis pour elle. Jamais une poignée de main fut si longue, tu devais l’avouer, et ça aussi c’était gênant. Tu te demandais ce qui t’attendait, parce que tu avais accepté d’aller boire un verre avec elle, donc tu ne pouvais pas refuser, pas maintenant. Enfin si, tu pouvais, mais bon, même toi tu savais indirectement que tu n’avais rien de mieux à faire actuellement, puisque c’est ton jour de repos. Cela dit, tu ne la ferais certainement pas boire pendant le service. Tous les soldats de la Garnison sont partiellement bourrés en milieu de journée, t’avais pas envie d’être en compagnie d’une pochtronne de plus, sinon tu devrais la ramener et ça c’est chiant aussi. T’es pas non plus la babysitter de cette fille, Swann. Après tu ne pouvais pas lui interdire de boire non plus. Bon, tu aurais dû partir et dire « Non » d’emblée.

Allez quand même, ça fait du bien d’être avec d’autres personnes que le Bataillon. Pour une fois. Enfin. Tout dépendait de comment se comportait Swann après tout. Tout dépend de si elle se bourrait la gueule surtout. Ce ne devait pas être son genre, vu comment elle est, mais ce genre de personnes peuvent réserver des surprises. Faut pas se fier aux apparences, et ça tu le sais très bien.
© 2981 12289 0

______________________________


That bastard… Once I get the chance,
I’ll kill him straight away.
Revenir en haut Aller en bas
Invité
Invité
avatar
Invité
Jeu 29 Juin - 15:26

Juger ? C'est pourtant la première chose que toute personne censée en observant une autre fait. Que ce soit volontaire ou pas, tout le monde juge l'interlocuteur qui lui fait face. Swann était l'exemple type de ce genre de pratiques.
Petit, cheveux noirs, visage fermé, elle n'avait pas attendu pour se faire une idée probablement fausse de celui qui était encore à ses yeux, inconnu. Il n'avait pas l'air méchant, certes, mais sa gentillesse paraissait forcée. Savait-il ne serait-ce que sourire ? En tout cas, il n'était pas disposé pour l'instant.

- Levi ? répéta-elle en levant les yeux vers le ciel.

Levi. LE Levi ? La jeune femme écarquilla les yeux, surprise, décontenancée, honteuse de n'avoir pas reconnu, celui qui se tenait devant elle. Pourtant, son supérieur lui avait longuement  parlé de Levi. Il lui répétait sans cesse qu'elle devrait être moins Swann et plus Ackerman. Qu'elle devrait prendre exemple sur son courage, apprendre de son talent.
Un nom qui la rendait folle. Un nom qu'elle craignait et dont la simple évocation promettait une altercation verbale.
Il ne pouvait que s'agir d'un coup du destin. Une mauvaise blague.
Je viens d'inviter LEVI à boire un verre ? réalisa-t-elle à la fois charmée par sa propre audace, et effrayée par l'idée de paraître ridicule à ses yeux.
Il ne manquerait plus que ça. Une mauvaise réputation auprès du fleuron du Bataillon d'Exploration. Tous des fous.
Quand Levi prit le temps de la questionner au sujet de son travail, Swann en eut des sueurs froides. Aurait-elle le culos de lui avouer droit dans les yeux, qu'elle comptait se désister quelques heures ? De toute manière, si elle devait marcher le long du mur jusqu'à ne plus pouvoir, personne ne remarquerait son absence. Elle était déjà presque hors de vue !

- En fait je... Je viens de... de finir ? mentit-elle en évitant de croiser son regard.

Elle voulut lui reprendre la main pour le tirer vers les habitations, et ainsi être cachée le plus rapidement possible, mais elle n'osa pas. Il avait une... une espèce d'aura qui la défiait ne serait-ce que d'essayer de l'approcher davantage.
Pas aventureuse pour deux sous, elle changea bien vite d'idée et lui fit signe de la suivre en se dirigeant vers les maisons, avant d'enlever la veste sur laquelle reposait le blason de la Garnison.
Elle ne ressentait pas de fierté à être une soldate protégeant les murs contre des monstres imaginaires. Elle en avait presque honte. Honte de se dire qu'elle n'était de toute manière qu'une bonne à rien. Honte de ne pas vouloir changer et de donner l'image d'un groupe de militaires faibles et inutiles. Mais c'est ce qu'elle était. Rien n'y changerait quoique ce soit.
Elle se consolerait au prochain spectacle de Raven, oubliant quelle personne pitoyable elle ne pouvait s'empêcher d'être au quotidien.

L’appeler Levi, c'était gênant. L’appeler Caporal, c'était aussi gênant dans la mesure où elle "sortait" avec son supérieur indirect (puisqu'il était bien plus haut gradé qu'elle de toute manière). Monsieur, ça paraissait approprié. C'était simple, courant, formel, impersonnel. Sauf que Levi venait de lui interdire cette appellation. Voilà qui la mettait devant un choix contraignant. Le nommer Levi, serait la chose la moins compliquée, mais ça instaurerait une sorte de proximité qui teintait de pourpre les oreilles de Swann.
Pas encore décidée, mais forcée de fournir une réponse, pensant qu'il la suivait, elle lança un "D'accord !" un peu plus énergique qu'elle ne le voulait.

Elle prit une grande inspiration, bien décidée à passer un moment agréable, tant pis s'il s'agissait du Levi.
La veste attachée autour des hanches, les mains dans le dos, Swann sautilla en demandant :

- Dîtes, qu'est-ce que ça fait d'être "Caporal" ? Ce doit être dur non ? De voir tout ces gens compter sur vous. Et gratifiant ? Après tout, tout le monde respecte ses supérieurs hiérarchiques. Enfin... je crois.

Tout en marchand, elle fit volte-face pour regarder Levi dans les yeux, une sorte de fascination perverse dans le regard.

- Et les Titans ?
Invité
Revenir en haut Aller en bas
Levi Ackerman
Bataillon d'Exploration •• Caporal-Chef
avatar
Missives : 751
Soldat depuis le : 03/04/2017
Vieillesse : 24
Localisation : Qui ça ?
Ven 30 Juin - 13:59
L'homme le plus cruel de la TerreWe're not gonna be just a part of their game
We're not gonna be just the victims
They're taking our dreams and they tear them apart
'Til everyone's the same

I've got no place to go
I've got nowhere to run
They'd love to watch me fall
They think they know it all
( Simple Plan → Me Against The World )
Tu regardas Swann un instant, haussant un sourcil quand elle répéta ton nom, comme si c’était une blague, ou si elle n’était pas sûre d’avoir bien entendu. Ou comme si elle n’avait pas compris. Eh bien ? Oui tu t’appelles Levi. Donc ? Tu ne comprenais pas sa réaction. Tu n’étais pas si exceptionnel que ça, ni irremplaçable. Enfin du moins, à ton sens. Tu connaissais ton « surnom », c’est un peu exagéré. Beaucoup de soldats sont puissants, par exemple Mike qui est sûrement aussi fort que toi. Tu retins un soupir quand elle t’annonça qu’elle venait de finir. L’envie de la taquiner te pris, car après tout, la Garnison n’était pas très réputée pour être non plus à cheval sur les convenances et dès qu’ils avaient une occasion de se barrer pour picoler, ils y allaient.

« Tu mens très mal. Détourner les yeux et hésiter est un signe de mensonge. »

Au final les soldats au sein des murs sont une belle bande de branleurs en puissance. Le Bataillon aussi, il ne fallait pas croire, tu mettais tout le monde dans le lot, parce qu’au final, tous ceux qui s’engagent dans l’armée d’une façon ou d’une autre sont complètement fous, ou pas loin de l’être totalement. Lorsqu’elle te fit signe de le suivre, tu lui emboitas le pas sans te presser. On aurait presque dit qu’elle voulait se cacher. Eh bien, c’est pas beau ça ? Être entraîné par une gamine – pour toi elle reste une gamine – pour aller boire un coup. Toi tu t’en foutais, tu avais parfaitement le droit de rien faire, de boire ou autre puisque tu étais de repos aujourd’hui, donc quelle importance ? Quand tu lui dis de t’appeler par ton prénom ou par « Caporal », elle répondit de manière… Disons énergique. Pourquoi pas ? Indirectement, tout le monde t’appelle Levi ou Caporal pour les jeunes, donc c’était comme d’habitude. Sauf qu’elle avait l’air d’être le genre de personne qui ne se décide jamais. Enfin encore une fois, ne pas se fier aux apparences, tu te contentais de l’observer tranquillement.

Une fois à l’abri des regards, elle noua sa veste militaire autour de la taille. Au moins ça cachait son corps d’armée. Après tout elle fait ce qu’elle veut, elle est grande. Puis elle te posa une question qui te laissa silencieux tant tu la trouvais pour ainsi dire étrange. « Dîtes, qu'est-ce que ça fait d'être "Caporal" ? Ce doit être dur non ? De voir tout ces gens compter sur vous. Et gratifiant ? Après tout, tout le monde respecte ses supérieurs hiérarchiques. ». A vrai dire, tu n’étais pas certain de bien comprendre la question. Tu réfléchissais à une réponse, en l’observant d’un œil distrait. Elle sautillait. Tiens, la voilà de bien bonne humeur. Parce qu’elle venait de fuir son travail ? Sans doute.


« C’est une plaie, parce que t’es responsable de tes hommes, tu peux te sentir coupable quand ils meurent parce que tu te dis que tu n’as pas su les protéger. Les gens comptent sur moi, mais c’est vraiment casse-couille. Pourquoi ? Parce qu’au moindre faux pas, ils te sautent dessus en t’accusant d’avoir fait une erreur. Nous autres soldats on se respecte mutuellement. Respecter la hiérarchie, c’est normal. »

C’est normal, mais tout le monde ne pense pas comme toi. Toi-même tu ne pensais pas comme ça au début, tu t’en foutais complètement de la hiérarchie. Après tout ce temps passé au sein du Bataillon, tu as franchement beaucoup changé et tu ne le nie pas, au contraire. Puis elle enchaîna sur une autre question, beaucoup plus simple. Elle s’est plantée devant toi et t’observait de manière… Bizarre. Un peu comme Hanji quand elle est un peu trop à fond avec ses foutus titans. Alors tu poussas un soupir en la faisant décaler de ton chemin d’un bras avant de remettre tes mains dans les poches. Quoi les titans ? Elle voulait savoir quoi exactement ? Comment sont les titans ? Elle a vraiment envie de savoir ? Vu le personnage, tu te demandes pourquoi elle est autant fascinée… Quoique la plupart des gens du murs qui n’ont pas vu de titans, et qui en rigolent, veulent savoir ce qu’il en est, à quoi ils ressemblent, s’ils sont vraiment dangereux. Ces gens-là, t’as juste envie de les propulser dehors pour qu’ils voient et qu’ils ferment leur gueule, tant pis s’ils se font bouffer.

« Tu veux savoir quoi exactement ? »

Tu repris la marche, même si tu ignorais où aller, et ne sachant pas vraiment où Swann voulait t’emmener donc au pire elle rectifieras la trajectoire.

« Tu veux savoir à quel point ils sont monstrueux ? Qu’ils te dévorent sans aucune pitié ? Qu’ils tuent, massacrent, écrasent sans aucun état d’âme ? Que tu vois tes compagnons se faire bouffer à chacune des sorties ?  »

Tu posas ton regard sur elle en fronçant les sourcils.

« T’as jamais vu un titan et grand bien te fasse morveuse, parce que le jour où t’en verra un, tu risques de te pisser dessus. »

Tu ne lui souhaitais pas ça, à aucun moment. Parce que voir un titan, pour beaucoup, signifiait la mort. Combien de soldats sont morts ? Combien de soldats mourrons par la suite, pour tenter de reprendre leur territoire ? C’est difficile à dire, c’est difficile à imaginer. Est-ce qu’un jour, les habitants pourront sortir de cette vaste prison ? Tu l’ignorais. Tu ignorais tout de l’avenir, tu ignorais où tu mettais les pieds. Pour le moment, c’est abattre des titans, perdre des hommes, rentrer, et ainsi de suite, sans jamais avoir l’impression d’avancer, tu reportas ton attention devant toi en continuant à marcher, un peu pensif. Ca t’arrivait de plus en plus souvent, de penser à tout ça. Peut-être qu’il faudrait que tu en parles un jour à Erwin. Ce n’est pas vraiment des craintes, mais plutôt des interrogations que tu te poses. Tu verras ça avec lui, mais là n’était pas la question. Ce n’était pas le moment de penser à ça. Pour le moment, tu attendais de voir la réaction de Swann. Effrayée ou excitée comme une puce en voulant en voir un, un peu comme Hanji d’ailleurs ? Tu étais bien curieux de le savoir. Ca, et aussi savoir où Swann t’emmènerait. Après tout elle t’avait proposé de boire un verre. Enfin, tu as encore beaucoup de temps à perdre, alors pourquoi pas discuter.

« Tous ceux qui voient des titans n’en ressortent pas forcément vivants ou entiers, et rares sont ceux qui survivent des années. »
© 2981 12289 0

______________________________


That bastard… Once I get the chance,
I’ll kill him straight away.
Revenir en haut Aller en bas
Invité
Invité
avatar
Invité
Mar 4 Juil - 13:28

Mentir. Il y a toujours un moment ou autre, où on doit faire un choix. Être honnête ou non ? Dans ce cas là, par peur d'être ramenée à son poste par le Caporal qui en avait tout à fait le pouvoir, Swann avait préféré lui raconter un bobard, tout en sachant qu'elle n'était pas très douée. Un risque, qui, au lieu de lui attirer les foudres de son supérieur, ne lui valut rien de plus  qu'une simple remarque. Une chance inespérée. Elle qui se voyait déjà virée de la Garnison, sans aucune autre possibilité d'emploi, son spectacle d'illusionnisme loin d'être assez conséquent pour lui permettre de survivre bien longtemps...
La jeune femme ne pu s'empêcher de rougir, prise en flagrant délit de tromperie.

- Désolé marmonna-t-elle, sans pour autant changer de direction.

Au moins aurait-elle appris quelque chose de cette entrevue. Ne plus détourner les yeux et corriger ses hésitations la prochaine fois, auraient peut-être l'avantage de la rendre plus crédible. Enfin, connaissant Swann, elle ne corrigerai jamais vraiment ses tocs.
C'est tellement la honte ! voulut-elle crier au monde, probablement peu concerné par ses problèmes de fierté.

A mesure qu'ils avançaient vers la ville, s'éloignant du mur qui les dominait de toute sa hauteur, Swann se sentait de plus en plus détendue. De plus en plus à l'abri des foudres de son chef, et des moqueries de son escouade. Peut-être était-elle un peu fugueuse et opportuniste sur les bords, certes, mais au moins elle restait parfaitement sobre durant tout le service ! Ce dont tout le monde ne pouvait pas se vanter. Ce qui la rendait encore plus immature aux yeux de ses collègues, tous camarades de beuveries.
Encore une chose qui éloignait la jeune femme du monde dans lequel elle vivait. Si on lui avait laissé le choix, elle aurait de loin préféré être une princesse au sommet d'une haute, haute tour, attendant patiemment que son prince vienne la délivrer. Au moins, aurait-elle tout le loisir de rêver librement.
Le ton qu'elle jugea dur de Levi l'extirpa immédiatement de ses pensées. Swann comprit bien vite que son interlocuteur ne partageait pas sa vision du monde. Après tout, entre elle qui se cachait lâchement derrière les murs et lui qui était assez fou pour affronter des titans, il y avait un immense fossé.
La jeune femme n'avait jamais envisagé devenir capitaine ou même chef d'une petite escouade. Et le discours de Levi ne fit que renforcer son appréhension à ce sujet.

Malgré toutes les mauvaises rumeurs qui circulaient sur le Bataillon d'Exploration et leur commandant, Swann ne pu s'empêcher de regarder le Caporal d'un air admiratif. Elle voyait en lui, une force qu'elle ne pouvait que rêver de posséder, sans jamais être capable de l'égaler. Et, bizarrement, son visage fermé lui parut tout de suite moins froid. Comme si au final, elle se targuait de le comprendre, ne serait-ce qu'un peu. Elle lui adressa un petit sourire, et croisa son regard.

- Vous êtes courageux Caporal. Peu de personnes se soucient de la vie des autres, parce que c'est déjà trop difficile de préserver la nôtre... C'est noble, s'enthousiasma-t-elle en hochant énergiquement la tête.

La jeune femme refit face au chemin, de peur de percuter quelqu'un ou de chuter une nouvelle fois, adroite comme elle était...
Elle enroula une mèche de ses cheveux autour de son index, en répondant, un peu plus à l'aise :

- Oui, j'ai beaucoup entendu parler d'eux en ces termes. Ma mère me disait que si je n'étais pas sage, ils viendraient me dévorer. Pendant longtemps je n'y ai pas cru, mais l'attaque du district de Shinganshina à radicalement modifié ma façon de penser.

Raconter sa vie permettait à Swann d'oublier que Levi était son supérieur, qu'elle était en train de transgresser le règlement, et qu'elle se ferait taper sur les doigts en revenant.

- N'y a-t-il vraiment aucune humanité en eux ? Je ne cherche pas à les défendre, loin de moi cette idée. Mais même les prédateurs ne tuent pas que pour le plaisir, alors pourquoi eux le font-ils ? D'où viennent-ils ? J'aimerai savoir, comprendre. J'ai l'impression d'être prisonnière d'une fiction qui n'a pas de fin heureuse... marmonna-t-elle.

Persuadée d'être allée trop loin et de peur de paraître tordue, elle pointa soudainement du doigt l'établissement qu'elle connaissait bien qui venait d'apparaître dans son champs de vision.

- On est bientôt arrivés ! Vous savez déjà ce que vous avez l'intention de boire ? demanda-t-elle en fouillant dans ses poches à la recherche de ses dernières pièces.
Invité
Revenir en haut Aller en bas
Levi Ackerman
Bataillon d'Exploration •• Caporal-Chef
avatar
Missives : 751
Soldat depuis le : 03/04/2017
Vieillesse : 24
Localisation : Qui ça ?
Mer 12 Juil - 0:14
L'homme le plus cruel de la TerreWe're not gonna be just a part of their game
We're not gonna be just the victims
They're taking our dreams and they tear them apart
'Til everyone's the same

I've got no place to go
I've got nowhere to run
They'd love to watch me fall
They think they know it all
( Simple Plan → Me Against The World )
Tu lui as dit qu’elle mentait. Elle a rougit. En même temps, que peut-elle faire d’autre ? Que peut-elle dire exactement? Si, elle marmonna un vague « Désolée » qui venait dont ne sait où. En tout cas, ça ne semblait pas venir du fond du coeur. Bah au pire tu n’es pas en service, et c’est un conseil comme un autre. Mentir, c’était une seconde nature chez toi il y a des années de ça, et encore c’était pas avec tout le monde.

Cette balade n’était pas tant désagréable que ça au final. Tu te surprenais même à apprécier la compagnie de Swann, même si tu désapprouves son comportement. T’es pas là pour faire des reproches ou des remontrances. Aujourd’hui, tu n’es le supérieur de personne, uniquement toi qui te balade lors de ton jour de repos. Tu haussas un sourcil lorsque Swann fit mention de ton courage. Où voulait-elle en venir, exactement ? Noble de s’occuper de la vie des autres ? Pour toi, c’est normal. Tu t’es toujours occupé des autres. Toujours. Les autres passent toujours avant toi, ce n’est pas une nouveauté. Tes intérêts passent après le plus grand nombre. Tu ne réponds rien à ça. Comment pouvait-elle comprendre ? Tu n’as pas envie d’expliquer, de toute façon tu doutes également que cela change quoique ce soit dans son point de vue, surtout avec ce qu’elle vient de te dire.

Tu mis tes mains dans tes poches en poursuivant ta route, tandis que Swann elle, recommença à marcher normalement. Tu t’es dit qu’elle allait tomber. Pas du tout. Tant mieux. C’est moins gênant du coup. Elle continua de parler, perdue dans ses paroles sûrement, te disant que sa mère la menaçait avec ça. Une banale menace pour les gamins. Et encore, il n’y a qu’à l’extérieur où les gamins peuvent en entendre parler, même brièvement. Dans les souterrains c’était tout autre. Tu ne connaissais pas leur existence avant d’en voir un pour la première fois. Très honnêtement, tu aurais préféré ne jamais les voir. Ces êtres qui prennent et qui ne rendent pas… Un véritable fléau. Il n’y a pas d’autre mot pour les définir au final. Ne pas croire aux titans avant d’en voir un. C’est compréhensible. Tu aurais sûrement traité de con celui ou celle qui t’aurait parlé de ça il y a des années. C’est triste à constater, mais ils existent bel et bien.

Tu te contentes d’écouter Swann parler. Elle est bien bavarde cette fille, et elle se confie naturellement, sans qu’elle ne songe que tu es un quelconque supérieur, bien que ce ne soit pas la même branche de l’armée. Tu écoutes son discours sur les titans. Sur leur manque d’humanité. Sur une pseudo humanité. Pourquoi ils font ça. D’où ils viennent. Une fiction qui n’a pas de fin heureuse. Tu te crispes légèrement, avant de t’arrêter.

Auruo, Petra, Erd, Gunther. Farlan, Isabel. Des visages avec des noms. Des visages sans nom. Que l’on connaît plus ou moins de vue, un peu plus personnellement parce que c’est un ami ou pas du tout, parce que c’est une nouvelle recrue. Toutes ces personnes mortes pour défendre l’Humanité, pour éviter que ces saloperies ne viennent tuer tout le monde. A chaque expédition de nouvelles pertes. A la fin, il restera qui exactement ? Toi ? Erwin ? Mike ? Hanji ? Nanaba ? Aucun de vous ? D’autres personnes comme Eren ? Ou les deux autres gamins… Mikasa ? Armin ? Tu n’en sais rien. L’avenir est bien sombre, c’est le plus chiant dans l’attente. Attendre de repartir pour voir ses camarades mourir et revenir encore moins qu’avant. Brusquement, tu frappes le mur avec ton poing. Juste un coup. Contrarié. En colère. Frustré. Tu jettes un regard à Swann. Un regard bien trop calme pour ta colère montante.


« Ils n’ont aucune Humanité en eux. Si tu veux voir tous tes camarades mourir, alors va dehors et bas-toi ! C’est ce qu’on fait tout le temps ! Et pourquoi ? Pour rien ! Parce que cette fiction dont tu parles, ça se finira mal d’une façon ou d’une autre ! »

Ton poing se crispe au point de faire blanchir tes jointures. Ta main te fait mal. Tu n’as pas frappé doucement. Tu t’en fiches. Cette douleur n’est rien par rapport à ce que tu ressens à l’intérieur. Finalement tu t’écartes du mur en soupirant, pour te masser les yeux. T’emporter comme ça, ça ne t’arrivait jamais. Sûrement parce que les propos d’une gamine qui n’est jamais sortie des murs te fout la rage, parce qu’elle ne connaît rien ? Parce que la perte de ton escouade est encore trop fraîche dans ton esprit ? Parce que tu as cette foutue impression que tout va mal en ce moment ? Tu t’approches de la jeune femme pour lui serrer doucement l’épaule en la regardant, une lueur triste au fond du regard.

« Toutes les questions que tu te poses, on se les pose aussi. On a pas de réponses. On avance pas. On recule, et on perd nos camarades. Tout le temps. On porte le poids de nos morts. On se bat pour eux, pour que leurs mémoires, leurs sacrifices ne soient pas vain. »

Tu la relâches pour recommencer à avancer. Quelque part, ça t’a fait du bien d’être franc pour une fois. Peut-être même un peu trop, mais t’en as vraiment marre de te voiler la face, surtout avec ce genre de questions. Comment peut-elle savoir, alors qu’elle n’a jamais mit les pieds dehors ? Mieux vaut pas être trop curieux sur ces choses-là. Parce que la vérité est pas belle à entendre. Même ceux qui la vivent au quotidien ont du mal.

« Le plus terrible, c’est qu’on s’y habitue. Tous. Jusqu’à ce que notre tour arrive. »

Entendez par-là « la mort », tout simplement. Tu suivis le bâtiment qu’elle désigna du doigt. Là où vous allez vous poser. Hochant la tête positivement, tu la suivis sans rien ajouter de plus. Tu as déballé ton sac. A elle d’interpréter tout ça comme elle veut. Cru, tu l’étais. Tu vas pas passer par quatre chemins pour expliquer ton quotidien. Tes pensées. Tes ressentis. Tu répondis simplement à la dernière question de la soldate.

« Un Whisky sans doute. »

Et pas qu’un seul au final. Il n’y a pas d’heure pour boire et tenter d’échapper à ce quotidien morbide. En la voyant fouiller dans sa poche, tu lui jetas un coup d’oeil.

« C’est moi qui paye. »
© 2981 12289 0

______________________________


That bastard… Once I get the chance,
I’ll kill him straight away.
Revenir en haut Aller en bas
Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Revenir en hautPage 1 sur 1
Sujets similaires
-
» 20 Juillet 1969 - L'Homme sur La Lune - 40ème anniversaire
» LE VER DE TERRE
» elevage de vers de terre ?????????????????
» TERRE DES CARDABELLES
» Rallye Terre de Vaucluse !

Permission de ce forum:Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum
Bright Shadow Rebirth :: † C'est le Laridé du poulet, dansez, dansez si vous l'pouvez ! :: ✘ Archives :: ❝ Rp-
Sauter vers: