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Le groupe du BATAILLON et des SHIFTERS sont fermés pour les OCs, merci de privilégier un autre groupe !
Encore beaucoup de personnages du manga libres !
Pleins de prédéfinis attendent d'être adoptés, n'hésitez pas. ♥
A partir de maintenant, tout personnage métisse se verra refusé pour garder une certaine logique avec la "rareté" de ces personnes, exactement comme les asiatiques. Merci de votre compréhension !

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Duties never sleep || ft. L. Ackerman

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Erwin Smith
Bataillon d'Exploration •• Commandant
Dim 2 Juil - 12:27


) center center; background-size:100%">
'' They were all slaves to something. ”
Tout le monde est l’esclave de quelque chose.
Il serait un fou de penser autrement dans sa position.  
Erwin avait eu des rêves qui étaient devenus des obsessions.
Pixis et Zackly n’étaient pas plus différents.

La tête posée contre la fenêtre de la diligence qui le ramenait à Trost, il se repassait les derniers mots qu’ils avaient échangés depuis la prise de possession d’Annie Leonhart. Jusqu’à présent, il avait évité un procès de justesse pour la seule et bonne raison qu’il avait eu raison.
Il pinça ses lèvres nerveusement avant de se mettre à rire nerveusement. Il passa ses mains dans ses cheveux, dérangeant la coiffure parfaite qu’il entretenait avec une insistance automatique.
Leonhart aurait pu s’échapper… Et si tel avait été le cas, il n’aurait pas donné cher de sa peau… Et il l’aurait mérité.
Comme il aurait mérité que Nile appuie sur la gâchette. Qu’il le descende.
Une fois pour toutes.

Même si elle serait en captivité dans les sous-sols de la Brigade, il avait réussi à acquérir un laisser-passer pour Hanji. C’était le moyen le plus facile pour elle de mener ses recherches sans qu’on ne leur revienne avec une injonction. Connaissant la scientifique, ce n’était certainement pas un emprisonnement dans un autre corps d’armée qui l’empêcherait de s’y rendre avec ou sans autorisation.
Levi resterait sans doute encore indisposé pendant quelques jours, sa cheville avait sans dû empirer lorsqu’il l’avait envoyé auprès d’Eren avant qu’il ne dévore leur cible. Pour ça, il n’avait rien pu faire.
Mike serait sans doute déjà dans son bureau lorsqu’il reviendrait, mais il ne souhaitait rien d’autre qu’une nuit en solitaire.
Rien qu’un peu de silence.
Juste un peu de rien.
Il se repositionna sur son siège et tenta de s’endormir pendant le reste du voyage.
Vers les 22h, il sentit la calèche s’arrêter avant que le cocher ne l’appelle, l’extirpant du peu de sommeil qu’il avait réussi à compiler depuis les derniers soixante-douze heures.

La cour était déserte ou presque.
Les gardes le saluèrent fièrement, et il n’eut qu’une réponse lasse.
C’était étrange, ce manque de vigueur.
Erwin était rarement épuisé ou ne révélait presque jamais des signes de faiblesses.
Il avait demandé à ce qu’on ne l’annonce pas, que si on le cherchait, par contre, il serait dans son bureau.
Ses quelques bagages sur son épaule, il avait évité toutes les pièces bombées pour monter discrètement jusqu’au dernier étage, poussant la porte déjà déverrouillée avec un soupir amusé.
Zacharias.

« Je savais bien qu… »


Il s’arrêta à mi-chemin.
Le bureau était plongé dans l’obscurité.
La bouche s’entrouvrit quand il ne vit personne.
Son cabinet était désert. Sans Mike, ni Levi, ni Hanji.
Il fronça les sourcils, soudainement inquiet. Perplexe.
Il lâcha son sac sur le sol avant de se mettre à avancer prudemment dans la pièce, observant chaque coin, racoin… Mais rien.
Il n’y avait personne.

Ni derrière le bureau, dans les garde-robes, derrière les bibliothèques, les sofas, les rideaux, le piano…
Et c’est à ce moment-là qu’Erwin se figea, une main sur la lampe à l’huile qu’il venait d’allumer…
Ses yeux s’ouvrirent si grands qu’il sentit ses paupières tirées.
Sur le lutrin, dans un blanc immaculé, les lettres E.W.
Dans ces mêmes enveloppes qu’il s’était mis à recevoir de plus en plus fréquemment.
Les espions dans les rangs avaient toujours existé…
Mais à son service à elle?
Il resta longtemps piqué là, figé, incapable de se décider sur ce qu’il devait faire ou non.

Il prit le papier, le balança sur son bureau, ouvrit son cabinet, sortit un verre, un vieux bourbon et avant même qu’il puisse se raviser, prit une gorgée au goulot avant de se servir avec un peu trop de courage.
Sa tête était trop pleine.
Il avait trop à penser sans qu’Elle vienne mettre son nez dans ses affaires.
Erwin était drainé. Il retira le médaillon de son cou avant de le déposer à côté de l’enveloppe.
Ce soir, il en avait marre d’être Commandant.
Ce soir, il n’y avait plus grand-chose dont il se souciait.
Il finit par ouvrir les grandes fenêtres du bureau qui donnait sur la cour et se caler dans son siège. Nonchalamment.
Il sentait la sueur et la fumée des cigares de Zackly.
Même ses vêtements le mettaient inconfortables.
Sa peau aussi.

Il évitait de se retourner vers son bureau où la missive était toujours intacte.
Il ne se sentait certainement pas prêt à affronter Elsa Wolff une autre fois.
Les rencontres occasionnelles lui suffisaient amplement.
Chaque évènement où ils devaient se côtoyer dans le parfait anonymat de leur identité respective.
Erwin eut un frisson, reprit une gorgée.
Il détestait ces situations.
Et il détestait sa situation actuelle.

Toc. Toc. Toc.
Le bruit ne le surprenait même plus.
On avait dû le repérer déjà.
Il lâcha sa tête contre le dossier, soupirant une nouvelle fois, cette fois irrité avant de se contenir...
De redevenir impeccable.

Un Commandant ne devait jamais être seul, au final…
Mais on n’est jamais aussi seul qu’au sommet.

« Entrez. »

Sa voix le surprit par son contrôle.
Intéressant ce que la pratique réussit à faire à l’âme ; la sienne était devenue accessoire.

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Levi Ackerman
Bataillon d'Exploration •• Caporal-Chef
Lun 3 Juil - 0:43
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( Escape the Day → A Beautiful Lie )
Tu digérais à peine les derniers évènements. Des évènements forts pénibles, où tu as été forcément sollicité. Tu es toujours sollicité Levi, il faut se l’avouer et cesser de se voiler la face. Tu as néanmoins signer pour ça, plus ou moins. En entrant dans le Bataillon il y a de ça des années, tu savais que tu n’allais pas pouvoir te reposer. Bah, quelle importance ? Après tout tu es insomniaque, et tu dors que très peu toutes les nuits. A se demander comment tu ne craques pas, car tu gardes toujours ton air froid, impassible, inaccessible. Néanmoins, cette fois, tu es un peu plus fatigué que d’habitude, et tu avais cette envie de tout régler pour t’en aller, et rester bien tranquille. L’attaque du féminin, la bataille entre Eren et elle, la capture de cette dernière, tout s’était enchaîné tellement vite qu’au final, tu ne te focalises sur une seule chose. La capture. Point final.

Un soupir franchit tes lèvres. Maintenant il fallait que tu rentres, tu t’es assez éternisé à Stohess, et tu es quasiment certain que tu y retournerais dans un laps de temps assez court. Bah, il faut ce qu’il faut, et tu peux aller partout de part ton statut, même là où on ne veut pas de toi. Où tu es indésirable. Tu t’en branles, tout simplement, tu fais ton boulot, tu fais ce qu’on te demande, comme tu l’as toujours fait depuis tout ce temps. Erwin est déjà parti, tu n’as plus qu’à rentrer seul jusqu’à Trost. Pas envie de supporter les jérémiades des gosses pour une fois, tu as simplement besoin de réfléchir pour le moment, de réfléchir aux évènements. Pourquoi es-tu indisposé à cause de cette foutue cheville ? Tu n’avais que partiellement prit part à tout ce qu’il s’est passé. Il ne te restait qu’une chose désormais : te reposer. Pas question pour toi de retourner en mission à l’extérieur avec cette cheville récalcitrante, aussi fort sois-tu, tu risquerais de te faire bouffer tout simplement et de disparaître facilement. Trop facilement.

Ton retour à Trost se fit en silence. Tu es seul dans cette diligence, aucune envie de te prendre la tête avec les derniers évènements. Tu n’as qu’une envie, aller te coucher pour une fois. Arrêter de réfléchir, ou alors tenter de penser à autre chose. Plutôt dur, alors tu fis simplement le vide dans ton esprit. Là aussi c’est dur, tu n’es jamais vraiment parvenu à ne penser plus à rien, c’est comme si ton esprit refusait de s’arrêter pendant une courte période. Tu penses trop, tu réfléchis trop, c’est ce qui t’empêche sûrement de dormir, ça et les autres facteurs qui viennent se rajouter. Quelqu’un qui réfléchit trop est pris par ses pensées et donc se focalisera dessus au lieu de se détendre pour dormir. Hanji t’a bien conseillé de compter les titans pour t’endormir, mais c’est certainement une technique qu’elle seule doit maîtriser à la perfection. Tu ne t’en caches pas, tu es fatigué, et cela n’ira pas en s’arrangeant. Tu le sais très bien, et tu ne fais rien pour l’en empêcher également. Tu croisas les bras en regardant simplement le ciel toujours en silence. Cette absence de présence d’être humain en ta compagnie était plutôt… Agréable. Tu as l’habitude d’être toujours entouré de quelqu’un. Cette fois, même Eren n’est pas avec toi. Tu l’as laissé aux bons soins des autres. Tu t’es éclipsés. Ils n’auront pas besoin de toi ce soir, tu en as décidé ainsi. Ils peuvent survivre une soirée sans toi, sans que tu ne donnes ton avis, sans qu’on te sollicite toutes les trente-secondes. Tout le monde est secoué par les évènements, ça sera certainement bordélique les jours suivants. Tant mieux, la Brigade travaillera. Cette bande de feignasses incompétentes qui n’ont même pas capté que Leonhart était le Féminin alors qu’elle était dans leurs rangs. Incapables.

Un nouveau soupir, tandis que tu te massas les yeux un instant. Heureusement qu’il n’y avait personne. Ce doit être ça le plus fatiguant, de se voiler la face en présence de différentes personnes. Savoir garder la face, c’est ce que les vétérans ont appris à faire. Mike, Hanji, Erwin, Nanaba également… Tous savent cacher leurs véritables états d’âme par une attitude inaccessible, exactement ce que tu fais. A force de réfléchir à tout et n’importe quoi, d’observer dehors d’un air passif jusqu’à Trost, ton moyen de transport fit enfin halte, et tu descendis dans une légère grimace. Si tu avais oublié quelque chose durant ce voyage, c’est ta cheville qui te rappela douloureusement à l’ordre. Te dirigeant vers le QG à pas lents pour ne pas non plus empirer ce calvaire passager, tu ne pris même pas la peine de saluer les personnes présentes, ils doivent également sentir ta mauvaise humeur. Quoique, pour eux, tu dois être constamment de mauvaise humeur. « Il a pas chié ce matin ? », c’est tellement le genre de question que toi tu pourrais poser à quelqu’un qui est de mauvais poil. Sauf que tout le monde ne s’appelle pas Levi, et n’ont pas la même répartie, la même vulgarité que tu as dans tes propos. Tant pis pour eux, au moins tu ne te voiles ni la face, ni ne t’embarrasse de tous ces détours pour dire quelque chose. Très honnêtement, tu te demandais pourquoi tu étais retourné au QG. Peut-être que c’est devenu tellement machinal que c’est le premier endroit où tu vas en règle générale ? Tu fais souvent ce QG, et l’ancien QG pour les entraînements avec Eren, Hanji et toute la clique de gamins. Tu montes lentement les marches, toujours en silence, tel un spectre qui s’avance petit à petit dans un endroit donné. Un spectre, c’est exactement ça.

Tu t’arrêtas devant le bureau du Commandant, et tu toquas. C’est sûrement le seul qui mérite que tu toques à sa porte avant d’entrer, et encore tu ne le fais pas tout le temps. Les évènements ont fatigué tout le monde, tu ne serais même pas surpris qu’Erwin ne soit pas là en fin de compte.


« Erwin ? T’es là ? »

Tu haussas légèrement un sourcil lorsqu’il te dit d’entrer. Si, il est là. Alors tu poussas la porte pour entrer et tu posas les yeux sur lui un instant. Tu commences à connaître la bête, et malgré son air propre sur lui, sa tignasse n’est pas comme d’habitude. Ce sont des détails tout cons, mais qui ont leur importance. Etrangement, tu ne le sentais pas comme d’habitude. Il a beau avoir l’air d’être simplement Erwin, tu sens qu’il y a quelque chose derrière tout ça. Une lueur d’agacement ? Tu le connais, tu as passé pas mal d’années en sa compagnie, et tu commences à flairer les moments où quelque chose l’emmerde.

« T’en fait une tête. »

Simples mots. Pourquoi en dire plus ? Après tout, lui aussi comprendrait qu’il ne peut plus te berner à force et que tu es loin d’être crédule. Boitant jusqu’à un fauteuil, tu t’y affalas sans aucune grâce, un peu soulagé de ne plus avoir à te soutenir sur ton pied blessé. Les escaliers ont été une véritable torture, et tu n’as pas spécialement envie de repartir de suite maintenant que t’es arrivé.
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Erwin Smith
Bataillon d'Exploration •• Commandant
Sam 8 Juil - 3:43


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Cette voix. Ce ton.  
Monocorde. Distinct.
Levi.
Erwin le reconnaîtrait partout.
Il entendit les pentures de la porte craquées. Les pas irréguliers, sans le besoin de se faire discret. Une entrée sans discrétion.
Une entrée typique de Levi depuis un certain temps déjà…
C’était sans doute un peu de sa faute si la cheville ne guérirait pas aussi tôt que prévu.
Il avait insisté sur un plan D…
Et pour quoi, au final…
Incapacité le plus puissant de ces soldats quelques semaines de plus?
Il prit une autre gorgée jusqu’à son œsophage brûle un peu trop fort. Il serra les dents, crispa ses traits, retint un sifflement.
Il y avait une époque où Levi avait un pas feutré, léger, effacé.
Un pas qui le faisait oublier de toute personne dans la pièce.
Où il ne frappait pas à la porte avant s’incruster partout… ou plutôt n’importe où.
Avec le temps, ces habitudes s’étaient transformés en une espèce de prévenance, de gentillesse.
Frapper à la porte en faisait partie, comme si avec la proximité venait la distance.
Levi, c’était le monde à l’envers. C’était un monde en entier.
Parfois, il haïssait ce faux sentiment de creux qui habitaient leurs altercations, parfois, c’était tout le contraire. Il y avait, au-delà des habitudes, la certitude de n’être jamais totalement seul.
Erwin n’en parlerait pas. Ils n’en parleraient pas.
S’il y avait quelque chose qu’ils avaient compris l’un comme l’autre, c’était qu’entre eux le silence était bavard.
Les mots, c’était pour faire joli. Une coutume qui seyait davantage au Commandant qu’à Erwin.  

Il resta dans sa posture là, sans rien dire, ni faire. Ses pupilles dilatées sous le manque de lumière leurraient son verre plus que son interlocuteur.
Il devinait la position de Levi sans le moindre effort.
Ils avaient leur routine. Sans heure, sans pièce, mais une routine. C’était dans leurs mouvements, dans l’air ; l’entente qu’ils reproduisaient des gestes qu’ils se connaissaient déjà.
Levi avait sans doute repris sa place sur son fauteuil habituel. Il n’y manquait jamais.
L’éclat orangé de la lampe à l’huile donnait un faux-semblant de chaleur au bureau.
Et Erwin resta un long moment sans parler avant de se lever vers la grande armoire vitrée pour en ramener un second verre.
Il le déposa sur la surface de chêne, versa le liquide doré dans le gobelet translucide avant de le glisser devant son Capitaine, sans vraiment se soucier de ce que Levi souhaitait ou non.
Il finit par se reremplir, sans avoir terminer, et pour la première fois depuis quelques minutes, il leva les yeux vers Levi jusqu’à ce que ce dernier en fasse de même.
Il leva son bourbon à son adresse.

« Aux disparus. »

Il n’y avait plus grand-chose à quoi trinquer désormais.
Ils avaient déjà trop perdu. Et ils perdraient, encore.
L’alcool lui donnait un sentiment de contrôle, un sentiment de quiétude; c’était temporaire, mais c’était simplement ce temps dont il avait besoin.
Sa main droite gisait sur l’enveloppe sans qu’il ne puisse s’en empêcher, tapotant ses propres initiales avec un inconfort marqué par le froncement inhabituel de ses sourcils :

« La Brigade a toujours eu des espions dans nos rangs… Sans compter la Garnison malgré nos bons termes avec eux… Commença-t-il d’une voix un peu trop calme pour son énervement. : Nous pouvons désormais ajouter le Culte à la liste officielle. »


Du bout des doigts, il poussa la lettre devant Levi, déjà un peu trop conscient qu’il venait de commettre une erreur en relisant les initiales « E. W. »
Il n’en laissa rien paraître.
Que du calme. Du calme froid. Du calme plat.
Rien n’était plus anormal qu’Erwin Smith en cet instant.
Il eut un rire dénudé de toute émotion avant de remettre sa tête sur le haut de son dossier, balançant en arrière.  

« Wolff. »  


Tch.
Ce bruit ne lui appartenait pas.
C’était Levi qui le faisait d’habitude.
Il se surprit à le répéter sans même s’en rendre compte.
Il n’avait pas envie d’ouvrir cette foutue lettre, mais quoi qu’il advienne, il faudrait bien qu’il le fasse.
Il se pencha vers l’avant, s’accouda directement sur son bureau avant de regarder son interlocuteur avec insistance :

« Lis-la pour moi, Levi.  »  

C’était plus une demande qu’un ordre.
Erwin n’était pas en mesure d’ordonner quoi que ce soit en cet instant.
Et encore moins d'anticiper.
De saisir.
De comprendre.
Pour la première fois depuis longtemps, Erwin était totalement et profondément désemparé.

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Levi Ackerman
Bataillon d'Exploration •• Caporal-Chef
Dim 9 Juil - 18:55
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Tu t’es installé comme si t’étais chez toi actuellement. Assis sans aucune grâce ni aucune gêne dans le fauteuil dans une position qui se veut confortable, les jambes croisées, ton bras appuyé sur le dossier dudit fauteuil tandis que ton regard est braqué vers le blond assit à son bureau. Tu as brisé le silence en premier, il n’en fit rien de plus pour le moment. Tu respectes son silence. Tu te contentes de le regarder, tentant de découvrir ce qui se cache dans sa tête compliquée. Tu sais très bien que tu n’y arriveras pas. Erwin est bien trop complexe. Il pense à tout et à rien en même temps. Tu as beau le connaître depuis des années, il t’est parfois vraiment difficile de voir clair dans son jeu. Comme actuellement. Tu le sentait tendu malgré son calme apparent. Comme s’il était sur le point de s’énerver, mais qu’il n’en fit rien. Observer les gens est devenu une seconde nature chez toi. Observer Erwin est une chose que tu as pris l’habitude de faire. Ses gestes. Ses tics. Ses expressions. Tu as appris à converser en silence avec lui, car tu es exactement pareil au fond. Le silence apporte bien plus d’informations que des paroles.

Tu ne bronches pas lorsqu’Erwin se leva pour aller chercher un autre verre. La pièce, silencieuse, te semble étouffante, comme si une atmosphère pesante régnait en maître malgré la lueur de la lampe à huile du Commandant. Le silence ne te dérange pas. Ce sont les mots à venir qui te dérangeront le plus. Tu laissas le blond te servir un verre, sans le lâcher du regard. Tu attends qu’il parle en premier maintenant. Tu attends de voir ce qu’il va te dire. Tu attends d’entendre les bonnes ou mauvaises nouvelles. Si tu ignorais ce qu’il y a dans la tête de Commandant, tu peux supposer, et tu te doutes aisément que quelque chose cloche. Que quelque chose se trame dans l’ombre. Quoi exactement ? Comment le savoir ? Le silence devenait de plus en plus insoutenable tant tu as envie d’entendre ces choses. Tu n’aimes pas être dans l’ignorance. Tu détestes quand tu ne sais pas une chose. Tu n’as pas cette patience que d’autres ont. Pourtant tu ne brusques pas Erwin. Tu sens qu’il y a quelque chose de grave. C’est uniquement pour ça que tu gardes le silence et que tu le laisses prendre la parole en premier. Il lève son verre en posant finalement les yeux sur toi. Il lève son verre aux disparus. Tu fis de même, mais en gardant le silence.

Tu regardas l’alcool dans ton verre en silence sans le boire. Puis tu finis par avaler le contenu cul-sec en posant tes yeux perçants vers Erwin. Il y avait des choses inhabituelles dans son comportement. Tu l’as noté depuis le début. Voilà pourquoi tu cherches à savoir ce qui se trame dans sa tête. Les tapotements de son doigt sur la table. Ses sourcils trop froncés. Son air fermé, froid, distant. Puis finalement, il parla enfin. Tu l’écoutas en posant le verre, sans bouger de ta place. Tu réfléchis à ses paroles. Tu ne tires aucune conclusion. Tu attends qu’il termine. Tes sourcils ne peuvent se froncer plus que d’habitude, puisque tu gardes un air constamment sévère, ce qui te donne la réputation d’être sans-coeur, sans aucune émotion. Il poussa vers toi une lettre. Il te dit un nom simplement. Wolff. Rien de plus. Ton attention passa entre la lettre et Erwin. Tu le regardas lorsqu’il te dit de la lire. Alors tu ouvris la lettre pour la regarder un instant, et pousser un léger soupir.


« Je suis sûr que vous et vos hommes allez apprécier mon petit cadeau, Erwin Smith. Si vous voulez me trouver, alors vous me reconnaîtrez. »

Tu regardas les lettres. Une écriture soignée, pas précipitée. Une telle écriture peut appartenir à un homme comme à une femme. Tu sortis également deux autres choses de l’enveloppe, et ton mouvement se figea. Tu lèves les yeux vers Erwin en jetant presque les deux écussons ensanglantés de la Brigade sur le bureau. Tu ne dis rien, reposant simplement la lettre à côté des écussons, gardant ton regard braqué vers le papier et les bouts de tissus. Qui que soit, il ou elle en veut clairement à Erwin ou au Bataillon, et veut les faire couler tous ensembles. Au point de les faire accuser d’un meurtre… Ou plutôt de deux, à en juger les deux écussons.  Tu restes pensif, à essayer d’être rationnel. La réponse la plus logique serait la suivante : Il y a tellement de personnes qui n’apprécient pas le Bataillon que n’importe qui aurait pu commettre cet acte pour faire accuser la branche exploratrice de l’armée. Enfin, pas n’importe qui. Car il faut aller les tuer ces enfoirés. Donc s’infiltrer dans leur milieu pour tuer deux membres de la Brigade… Quelque part, tu pouvais saluer cet acte. Deux connards en moins, et le meurtrier a fait ça avec brio. Néanmoins, il vous accusait, donc ça c’est clairement condamnable. Vu la phrase, c’est un homme qui a écrit. Donc un homme qui a sûrement tué les deux soldats.

« Erwin. Qui est Wolff, exactement ? »

Tu le regardas, t’étant penché en avant pour poser tes coudes sur la table, devant ton visage au niveau de ta bouche. Tu restais pensif, perturbé par cette lettre. Tu ressentais toute l’ironie laissée par le tueur dans ces deux phrases. Deux misérables phrases d’une écriture soignée sur un bout de papier jaunit. Tu cherches à avoir les informations dans l’ordre. Qui est Wolff exactement ? Tu veux les détails, pas des bribes d’informations ça et là. Erwin le sait très bien. S’il fallait promettre de ne rien dire, alors tu ne dirais rien, par pure loyauté envers le Commandant. Mais tu veux savoir exactement, pour savoir quoi faire. Tu continueras d’exécuter les ordres d’Erwin s’il te le demandait, même s’il ne te disait rien. Pourtant ça ne t’empêchait pas de vouloir savoir. C’est bien trop important pour te maintenir dans l’ignorance.

« Si tu veux que je t’aide, va falloir balancer les infos.  »

Tes yeux se sont plantés dans ceux d’Erwin. Tu ne le lâcherais pas avant qu’il ne te donne ce que tu veux. A moins qu’il trouve quelque chose pour ne pas te le dire.
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Erwin Smith
Bataillon d'Exploration •• Commandant
Mar 11 Juil - 12:48


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« Je suis sûr que vous et vos hommes allez apprécier mon petit cadeau, Erwin Smith. Si vous voulez me trouver, alors vous me reconnaîtrez. »

Erwin resta stoïque.
Et sous le contenu de la lettre, et sous la vision des écussons que Levi venait de jeter devant lui.
Le blanc. Le bleu. Le vert. Le rouge.
Le temps semblait s’être ralenti.
Tout était lointain, des échos d’images et de sons.
La voix de Levi n’était alors qu’un bruissement. La lumière s’embrouillait devant ses iris trop claires.
Il serra ses mains jusqu’à ce que ses jointures blanchissent sous la pression.
Il avait la bouche sèche.
Le cœur lent.
La trachée étroite.
La nuque hérissée.
La chair de poule.
La respiration coupée.
Des sueurs froides.

Lorsque son pouls s’était accéléré.
La pièce s’était mise à tourner
De ses mains recroquevillées, il les déploya sur le bureau de toute leur longueur.  Ses doigts devinrent frileux lorsqu’il toucha les ailes aspergées de vermeille.
Il tentait d’engloutir le semblant d’émotion qui lui échappa malgré sa constance.
Un creux au coin de sa bouche, des rides plus prononcés.
Erwin ressemblait presque à un vieillard à cet instant.
Son visage était encavé par une douleur qu’il n’arrivait plus dissimuler. .
Il effleurait tendrement les ailes des blasons, sans un mot, sans un son.
On avait fait atteinte à ses hommes pour l’atteindre lui.
Et il le savait.
Par les lettres gracieusement lovées sur l’enveloppe et les mots d’un Autre qu’il n’arrivait pas à identifier.
Sa tête voulait éclater.
Il voulait tout éclater.

Vlan.
Erwin s’était levé sans avertissement.
Sa chaise était tombée sur le sol dans le mouvement.
Il n’avait même pas remarqué qu’il avait pris son verre au passage.
Pas remarqué que son bras était parti tout seul.
Clash.
Les éclats de verre percutèrent le mur du piano dans un vacarme qui ne suffisait pas pour le ramener.
Erwin respirait fort, essoufflé comme après une course.
Ses yeux étaient rivés sur le liquide qui dégoulinait jusqu’au sol.
Il resta comme ça un long moment avant de suivre l’alcool.
Son dos contre le surface de pierre et bois, Erwin coula jusqu’au plancher.
Une de ses jambes allongée, l’autre remontée près de son torse.
Son coude reposait sur son genou, son bras balançant dans le vide.
Sa main libre se mit à frotter l’arc de son nez vigoureusement. .
Il ne voyait plus rationnellement.
Il se sentait vide.

« Va te faire foutre, Elsa. »  

Erwin n’était jamais été excessif ou agressif.
Ce changement soudain l’étonna plus que de raison.
il y avait dans l’homme, toujours le garçon...
Mais le garçon qui ne pouvait supporter qu’on s’attaque aux autres pour se rendre à lui.
Il en avait toujours été ainsi…
Le sang sur les écussons était une attaque symbolique autant que personnelle.
Par le moyen d’envoi, en premier lieu…
Puis en blasphémant leur insigne, leur fierté.
Et il n’y avait aucune trace du meurtrier.
Que quelques mots…
Des mots qui le rendait complètement fou.

Sans doute Shadis avait-il flanché comme ça au début.
Des petits détails qui se cumulaient… Des petits riens qui devenaient un tout, qui accaparait l’esprit.
Puis tout recommençait.
Allait-il finir comme lui?
À prendre une retraite forcée parce qu’il deviendrait un danger pour les siens?
À voir disparaître Hanji, Mike, Moblit, Nanaba… Et ensuite, ce serait Levi.
Levi qui les verrait sans doute tomber un à un.
Levi n’avait jamais été comme les autres. Levi survivrait.
Pas Erwin.
Cette certitude qu’il avait fit tomber ses dernières barrières.
La main à son visage tomba sur sa cuisse.
Sa tête tomba contre le mur.
Fatigué.
Erwin Smith était simplement fatigué, comme n’importe quel homme.
N’importe quel homme et ça le rendait pathétique.

« Je dois aller à Mitras. »

Sa voix était cassée comme tout le reste.
Personne n’avait signé pour se faire descendre par un lunatique à l’intérieur des Murs.
Ce n’était pas leur boulot.
Et Erwin savait pertinemment que sa tâche était de protéger le Bataillon et tous ceux qui en faisaient partie.
Il avait lamentablement échoué.
Et avec cette affirmation, il se calma.
Il ne pourrait rien changer.
Pas maintenant.
Pas ici.



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Levi Ackerman
Bataillon d'Exploration •• Caporal-Chef
Mar 11 Juil - 15:03
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Erwin n’a rien dit. Tu l’as vu se lever brusquement au point de faire tomber sa chaise et jeter avec violence son verre contre le mur, qui s’explosa pour répandre le contenu par terre, en plus des éclats de verre un peu partout. La moquette, putain. Tu n’as jamais vu ton Commandant dans cet état. C’est sûrement la première fois qu’il perd son calme comme ça. Au point de s’énerver. Au point de montrer son énervement. Tu as l’impression d’être assis face à un inconnu. C’est quelqu’un que tu ne connais pas. Deux phrases sortirent de la bouche d’Erwin. Deux phrases qui te font te lever pour t’approcher d’Erwin, te soutenant à la table à cause de ton pied. Tu ne t’assis pas à côté de lui ni devant lui. Tu te penches seulement en avant pour attraper le col d’Erwin et lui coller ton poing dans la figure. Il faut qu’il se réveille. Il doit se réveiller, et si tu dois lui remettre les pendules à l’heure, alors tu le ferais. A grands coups de poing dans la gueule.

« C’est bon, t’es calmé ? »

Jamais tu n’as frappé Erwin. Enfin, jamais depuis cette fois où tu as tenté de le tuer. Jamais tu n’as eu besoin de lever la main sur Erwin pour lui remettre les idées en place. Tu ignores qui est cette Elsa Wolff, mais elle a l’air de mettre ton interlocuteur dans tous ses états. Il n’y a pas que les insignes qui le font mettre dans cet état. Il y a autre chose. Erwin est certainement lié à cette Elsa. Si elle a envoyé cette lettre, c’est qu’elle doit avoir un impact tout particulier pour lui. Tu le fixes, avant de le lâcher et tu lâches un soupir avant de te laisser tomber par terre à ton tour, en face de lui.

« T’en sais rien, s’ils sont morts ou non. T’en sais rien Erwin, tu comprends ça ? C’est peut-être du bluff. Destiné à te déstabiliser. T’y as pensé à ça ? »

Fait pas la même connerie que moi. Te précipite pas, prends pas de décision hâtive, ou tu perdras ce qui t’est cher.

Tu te retiens de lui dire. Tu le diras certainement plus tard. Tu n’as pas envie que ce crétin fonce dans le tas par pure provocation de la part de l’ennemi. Tu veux lui faire comprendre que c’est peut-être un piège, quelque chose destiné à le faire aller à Mitras… Pourquoi à Mitras d’ailleurs ? Peu importe. Tu lui demanderas plus tard. Pour le moment tu te contentes de l’observer, ton dos appuyé contre le bureau d’Erwin dans une position très inconfortable. Empêcher ton Commandant de faire des conneries. C’est un truc pour lequel tu as signé depuis des années. Tu l’as toujours empêché de se précipiter. Tu l’as toujours empêché de faire quelque chose qu’il pourrait éventuellement regretter. Tu as toujours veillé sur lui dans l’ombre, tandis qu’il prend les décisions tel le Commandant qu’il est. Ce n’est pas maintenant, sous tes yeux, qu’il allait faire sa première connerie. Tu ne le veux pas. Tu ne lui autorises pas, tout simplement. Voilà pourquoi tu conserves ton calme. Tu conserves toujours ton calme. Si tu es en colère, tu ne le montres pas. Si tu es triste, tu ne le montres pas. Tu ne montres rien. Tu ne montreras rien.

Tu restes assis devant lui sans bouger, tes genoux contre ton torse, tes bras croisés dessus dans une position toujours aussi inconfortable, mais qu’est-ce que le confort dans une situation pareille ? Tu te contentes de le regarder en silence, toujours avec cette attitude qui semble froide et distante. Tu condamnes la précipitation de l’homme en face de toi. Tu condamnes son comportement brusque,et irrationnel. Tu fermes finalement les yeux en soupirant de nouveau, ton expression se radoucit, tu détends petit à petit tes muscles. Tu n’as aucune envie de te battre contre lui. Le coup était amplement mérité, pour son manque de réponse, pour cette précipitation, pour ces cachoteries. Clairement, il te cachait quelque chose. A-t-il ses raisons de le faire ? Certainement. Tu ne lui en veux pas pour ça, il a le droit d’avoir ses secrets. Il a le droit de les garder pour lui, tu ne le forces pas à parler, jamais tu ne lui as forcé la main.


« Si tu parles pas, comment tu veux que je t’aide ? »

A moins qu’il ne veuille pas de mon aide. Dans ce cas, pourquoi m’avoir fait lire son papier de merde ?

Tu restes pensif par rapport à cette pensée. Qu’aurait-il fait si tu n’avais pas été là ce soir ? Il serait sans doute parti sans rien dire. A cette pensée, tu fronças les sourcils. Si tu t’avères avoir raison, alors le blondinet a des choses à se reprocher. Des choses pas très belles à dire. Ton esprit est en ébullition. Littéralement. Tu penses à tout, tu supposes bien trop de choses à cause du manque de réponse, d’informations. Peut-être que tu te trompes sur toute la ligne, t’en sais rien. C’est ça le problème. T’en sais rien. Rien de chez rien. Erwin ne semble pas en état d’expliquer quoique ce soit. Hors de question que tu le laisses aller à Mitras dans cet état. Il se ferait avoir comme un bleu par pure précipitation. Ce que tu ne veux pas. Erwin ne doit pas disparaître. C’est la figure du Bataillon. L’homme qui mène ses troupes. L’homme qui veut la victoire de l’Humanité. Alors pourquoi se détourne-t-il de ses propres objectifs à cause d’une lettre ? D’une pauvre petite lettre ? Tu plantas ton regard dans le sien, imperturbable.

« T’iras nulle part. »

Si je dois te frapper encore et encore, je le ferais et tu en es conscient. Toi et moi on sait que c’est pas le moment de se battre. Il y a des choses plus importantes.

« Pas tant que tu seras dans cet état. »

Tu te feras attraper, et tuer. Je ne veux pas recevoir une lettre et annoncer ça aux autres. Je ne veux pas entendre ça si quelqu’un d’autre est averti avant moi.

« Erwin. »

Réfléchis.

« Fais pas la même connerie que moi. Te précipite pas, prends pas de décision hâtive, ou tu perdras ce qui t’est le plus cher. »

Tu soupires. Finalement tu lui as dit. Erwin sait très bien de quoi tu fais allusion.

« Erwin. »

Tu étends ta jambe devant toi, pour ne plus solliciter ton pied qui te fait toujours mal, même en étant immobile, exactement dans la même position que le Commandant Smith. Tu ne le lâches pas du regard.

« Fais pas le con. »

S’il te plait.
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Erwin Smith
Bataillon d'Exploration •• Commandant
Mar 11 Juil - 17:00


) center center; background-size:100%">
'' They were all slaves to something. ”


Les mains sur son col.
Le crochet sur le bas de sa mâchoire.
Le coup avait été puissant. Colossal.
Le coin de sa bouche n’avait pas eu le temps de se détendre quand le poing de Levi le fendit. Ses dents avaient tranché une partie de la chair mollasse à l’impact. Sa tête s’était tournée par faute de ne pouvoir rester droite. Il cligna des yeux plusieurs fois, déglutit. Il regardait le sol, le tapis, les éclats de verre, certains frôlaient sa botte, d’autres brillaient sur les notes du clavier. Le bourbon avait même été aspiré par les quelques feuilles près du banc… Eux aussi, appartenaient à Elsa Wolff.
Pourquoi gardait-il des souvenirs qu’il ne pouvait même plus imaginer correctement
Des souvenirs qu’il avait tenté de parfaire pour se réconforter… Des souvenirs d’enfant.
Ses yeux se remirent à bouger normalement, puis son corps cessa d’être instable.
Pour la première fois dans leur conversation, le regard de brume d’Erwin s’éclaircit.
Comme s’il venait de se rendre compte de la présence de son Capitaine.
Que Levi était bel et bien là, tangible et réel.
Sa main se porta soudainement à son propre cou, longeant la cicatrice qui ne s’effacerait sans doute jamais.
Il avait déjà été dans cette position, des centaines de fois.
Jamais l’inverse.
Celui qui calme, celui qui rassure… Pourquoi avait-il perdu le contrôle.
Il voulait revenir en arrière, se dire que ce genre de pulsions n’arrivaient qu’aux autres.
Et la voix de Levi qui lui confirmait qu’il perdait le Nord… Qu’il ne devrait pas perdre quoi que ce soit dans sa position.

Se raisonner. Calmement. Revenir à soi.
Il tourna son visage sur celui de Levi pour se surprendre à lui rendre son expression, douce, concernée.
Combien de fois s’était-il rejoué la première expédition de l’autre dans son esprit.
Il avait toujours eu un don pour les belles paroles, les beaux discours… Et souvent il n’en croyait pas un mot, mais il croyait ceux de Levi.
Parce que Levi ne mentirait pas.
Parce que Levi ne lui ferait jamais croire autre chose qu’une vérité crue.
Une vérité laide.
La seule vérité sur laquelle il pouvait compter.
Il hocha la tête à plusieurs reprises, la montant et la descendant lentement.
Il l’avait entendu.

« Merci. Souffla-t-il en retenant les excuses qu’il aurait dû lui offrir.

S’excuser ne servirait à rien. Ça n’avait rien à voir avec l’orgueil, c’était simplement une prise de responsabilité.
Levi n’aurait pas dû être témoin de ce genre de spectacle, il le savait. C’était indigne, inapproprié. Tout ce qu’il pouvait faire maintenant… Qu’est-ce que c’était?
Lui offrir des explications?
C’était risqué. Pour Levi, pour lui.
Il repensait en deux blasons trempés dans le sang, à la licorne, aux ailes, aux initiales, au papier jauni.
Si Levi avait raison? Il n’y avait pas de corps… Pas encore, du moins. C’était ce qui l’inquiétait le plus. Il était peut-être sauté aux conclusions, mais une chose était certaine : bientôt, ce bluff deviendrait une réalité pour tout le monde.
Pour le Bataillon, pour la Brigade… Et même si la Garnison n’avait pas été inclus, ce ne serait qu’une question de temps.
Les hommes des Murs craignaient les Titans, mais ils oubliaient la menace des leurs.

Elsa possédait une des fortunes les plus importantes des Murs, l’admiration de la Cour et la protection du Culte. Si elle décidait de se débarrasser de quiconque, elle n’aurait qu’à le demander. Elle avait trop d’influence pour être omise.
Et si elle attaquait, elle irait directement au front.
Sans la connaître par cœur, il ne pouvait en être plus sûr.
Elle s’était bien arrangée pour avoir des espions parmi leurs rangs, elle irait chercher les ressources nécessaires, ferait disparaître les leurs et rapidement, elle serait l’ombre qui n’attendrait que son heure pour s’abattre sur leur tête. Tout ça ne serait qu’un jeu.
Levi avait raison : ce devait être un piège.
D’une main hésitante, il la posa délicatement sur la cheville de l’autre homme.
Il ouvrit la bouche sans qu’un son ne parvienne à en sortir avant soupirer.
Erwin plongea ses yeux d’été dans les iris d’hiver de son bras droit.

« C’est ce qu’ils attendent de moi, Levi…
Je ne peux pas attendre de voir mes hommes tomber un à un. »

Il ajouta une brève pression sur la jambe blessée, sans entretenir le contact.
Ils se retrouvèrent une nouvelle fois dans un silence inconfortable. Reflétant leur position, Erwin resta un long moment à tenter de lire toutes les appréhensions de Levi. Il les devinait.
Ça le fit sourire, un bref et triste sourire.
Juste avant qu’il ne balance sa tête vers l’arrière une nouvelle fois, les yeux sur les ombres du plafond :

« Les Wolff sont les trésoriers du Roi Fritz depuis plusieurs générations. Ils possèdent la plupart des banques dans Sina.. Et toutes les compagnies ou presque leur doivent quelque chose.
Depuis la montée du Culte du Mur, je suppose qu’ils sont considérés comme de grands monarques de la propulsion culturelle et religieuse. Elsa Wolff est une fervente de la royauté et une artiste reconnue pour ce que j’en sache… »

Erwin repassait ses propres informations en revue quand il fronça les sourcils.
Il garda un ton factuel.
Cela devait rester des faits.

« Et je suppose qu’il est important de mentionner qu’il s’agit ma mère. »

Il passa le revers de sa main sur sa bouche avant de regarder son propre sang sur sa peau.
Et il se mit à rire.
À rire sincèrement.
Honnêtement.
Un rire qu’il n’avait pas eu depuis longtemps.
Il pencha la tête, amusé, juste avant de se radoucir une nouvelle fois et de sourire, reconnaissant :

« Et j’espère que tu en as profité pour toutes les autres fois où tu as eu à te retenir »

Qui aurait cru qu’il ne suffisait que de ça pour le ramener à terre...
Levi avait toujours su ce qu’il y avait de mieux pour lui, même dans le pire.
C’était sans doute pour cette raison qu’il ne pouvait pas lui en vouloir.
Faire ce qu’on pensait le mieux pour soi...
Mais avant tout, pour les autres.




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Levi Ackerman
Bataillon d'Exploration •• Caporal-Chef
Mer 12 Juil - 1:06
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Le coup a dû lui remettre les idées en place. Tu l’as vu tourner la tête sous l’impact du coup. Tu n’y es pas allé avec le dos de la cuillère, bien au contraire. Plus c’est puissant, plus il y a de chances qu’il revienne parmi les vivants. Tu te contentes de hocher la tête lorsqu’il souffla un simple « merci ». Tu n’attends rien d’autre. Tu n’attends pas d’excuses. Tu ne veux rien de tout ça. Tu n’as pas envie d’entendre quelque chose de ce genre. Un soupir. C’est une scène inédite. Tu n’as jamais vu Erwin dans cet état. Erwin n’a jamais montré autre chose qu’un homme sûr de lui, qui motive ses troupes à grands discours convaincants, qui veille sur ses hommes. Alors le voir dans un état de faiblesse évident, cela te fait bizarre. Pourtant, ce n’est pas une raison pour en profiter, pour le prendre de haut, pour enfoncer le clou, pour l’enfoncer plus bas que terre.

Ton rôle, c’est de le soutenir, de le relever quand il tombe. C’est ce que tu fais, ce que tu feras toujours. Jusqu’à ce que tu disparaisses, ou ce qu’il disparaisse. Quitte à choisir, tu préfères partir avant lui.

Erwin ne dit rien. Tu attends qu’il prenne la parole. Qu’il réagisse à ce que tu lui as dit. Ce que tu obtins de lui ? Un simple soupir. L’ombre d’un sourire manqua d’étirer tes lèvres. Quel crétin celui-là. Pourtant, il prit la parole un instant plus tard. Tu gardes ton regard planté dans le sien. Tu l’écoutes en silence sans l’interrompre. Tu ne repousses pas cette main qui te serre doucement la cheville. Tu penches la tête en le regardant. Puis tu fermes les yeux en écoutant Erwin, te concentrant uniquement sur sa voix. Puis tu les rouvres, pour les poser sur la fenêtre ouverte.


« Je sais. Mais tomber stupidement n’est pas une solution pour autant. »

Le silence retombe. Tu ne le brises pas. Pas cette fois. C’est à Erwin de faire le premier pas cette fois-ci. Tu ne tardes pas à avoir ces explications que tu attends déjà depuis un moment. Au risque de te répéter deux fois. La troisième, ce fut le poing dans le visage. Alors ainsi, Wolff est une famille influente au sein des murs, très influente. Trop peut-être ? Elsa Wolff. Tu as sûrement dû entendre son nom une fois, ou deux, mais sans plus, au détour d’une conversation. Bah, tu n’y as jamais vraiment prêté attention. Pour toi, c’est une banale riche, certes pas mal influente pour autant. Enfin. Jusqu’à ce qu’Erwin te dise que c’est sa mère. Tu le regardes de travers. Voilà autre chose. Voilà la raison pour laquelle le Commandant a perdu tous ses moyens. Alors tu hoches la tête. Que dire de plus ? C’est la vie, c’est comme ça, alors pas besoin de tergiverser mille ans pour une conclusion qui est toute faite. Tu gardes le silence. Tu observes Erwin éclater de rire. Un rire franc. Tu ne l’as pas vu rire comme ça depuis… Non, il n’a jamais rit comme ça. Tu t’en souviendrais si c’était le cas. Alors tu t’autorisas un sourire. Un faible sourire.

« Tu l’as pas volé celle-là. »

Tu décides de te lever. Ta jambe te lance, ta cheville te rappelle que tu ne dois pas vraiment forcer, sinon jamais tu ne guériras au final. Alors tu te tiens au bureau pour t’aider à tenir debout, et t'approches de la fenêtre pour laisser l’air frais envahir tes poumons et surtout profiter un instant de la fraîcheur de cette soirée de fin d'été. Tu prends une grande bouffée d’air. Tu as besoin de sentir cet air. A chaque fois que tu te retrouves dans une pièce fermée, à l’atmosphère étouffante, ça te rappelle les souterrains et l’air saturé que vous aviez pour respirer. Une chance inouïe que tu n’aies pas un problème aux poumons ou une maladie de merde, qui a emporté ta mère. Puis tu t’accoudes à un meuble pour regarder Erwin, tes deux mains appuyés sur le rebord, tandis que ton dos repose sur la paroi de bois. Tu as perdu ton sourire, pour retrouver le même visage que d’habitude. Neutre, impassible, inaccessible.

« Qu’est-ce que tu veux que je fasse, concrètement ? »

Je suis prêt à t’aider, tu le sais. T’as même pas à me demander.

Tu ne vas pas le laisser aller tout seul à Mitras, surtout s’il y allait vraiment. Tu ne vas pas le laisser faire sans lui donner un coup de main, sans l’aider, que tu sois avec lui ou non. Il sait aussi que ce n’est pas négociable, et que tu ne vas pas lâcher l’affaire même s’il te le demandait. Tu ne veux pas qu’il t’écarte, et il le sait très bien. Tu ne sais rien de Wolff. Tu ne sais rien de cette « mère », ce sont deux choses que tu as appris il y a quelques minutes. Tu ignorais même jusque-là que la mère d’Erwin était encore en vie. C’est donc clairement une salope puisqu’elle menace son fils. Enfin, semble de mèche avec celui qui fout la merde, puisque l’écriture sur l’enveloppe n’est pas la même que sur la lettre. Pour toi, ça sent le piège à plein nez. Il y a un problème. Quelque chose qui cloche. Tu ne saurais dire quoi dans l’état actuel des choses. Néanmoins, un détail te chiffonne.

« Je te demanderais pas de me raconter ta vie. Mais vu qu’elle semble te menacer indirectement, qu’est-ce qu’elle te veut cette garce ? »

La lettre s’adresse à Erwin. Pas à quelqu’un d’autre. Pas à tout le Bataillon. Uniquement à Erwin. Tu croises les bras en tournant la tête pour fixer un point du mur devant toi en silence, perdu de nouveau dans tes pensées. Ca pue la merde cette histoire, et celui qui va se faire pigeonner c’est Erwin. Erwin et tout le Bataillon qui en payera la conséquence. Une autre pensée te traverse l’esprit, et tu reposes les yeux sur lui une nouvelle fois, sans bouger de ton meuble.

« Quoi qu’il arrive Erwin, sache que rien n’est de ta faute. »

Que t’aie fait un truc de grave dans ton passé, on s’en branle. Y a que le présent qui compte. Personne te tiendra rigueur si ça tourne mal. Tu le sais Erwin. J'ai pas besoin de te le rappeler. Mais t'es troublé, et quand t'es troublé, je dois te rappeler ces choses.

Tant de mots que tu n’as pas besoin de dire à voix haute parce qu’il te connaît, et qu’il sait comment tu raisonnes. Il sait que tu es là pour lui, et que tu es prêt à lui dire les choses si jamais il semble les avoir oublié.
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Erwin Smith
Bataillon d'Exploration •• Commandant
Jeu 13 Juil - 12:08


) center center; background-size:100%">
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Qu’est-ce que ce qu’il devait faire?
Qu’est-ce qu’il voulait faire?
Dans les deux cas, la réponse lui échappait complètement. Logiquement, Erwin ne pouvait s’empêcher de croire qu’il devait se jeter dans la gueule du loup. Il était remplaçable. Il ne le dirait pas à coup sûr, mais il le savait. Sans qu’il n’ait encore nommé de successeur, le candidat s’était présenté de lui-même depuis plusieurs années déjà : Hanji Zoe. Tant que la situation ne se prêterait pas à sa nomination, il n’en toucherait pas un seul mot. Hanji devait encore apprendre à gérer ses impulsions, mais plus que quiconque, elle était capable de regarder le monde en spectatrice, l’analyser, le comprendre. Elle serait brillante.
Le bref sourire d’Erwin chavira.
Il noua ses mains, son pouce gauche caressant son droit, comme pour se rassurer.
Ce qu’il devait faire, c’était faire, c’était de se rendre à Mitras seul.
Ce qu’il voulait faire, c’était… Il ne le savait plus.
Avec le temps, ses désirs étaient devenus confus. La lisière entre devoirs et envies pâlissait, et au final… Il ne restait plus grand-chose de ce qu’Erwin voulait faire.

C’était un piège.
Clairement et simplement.
C’était une évidence.
Il ne pouvait ignorer la menace et il ne pouvait pas non plus laisser ses hommes gérer cette situation d’eux-mêmes. Demain, sans faute. Demain, il annoncerait aux troupes l’état de la situation. En attendant, il devait penser à la moindre des peines.
Il ne demanderait pas à ce qu’on l’accompagne, il ne pouvait pas garantir sa sécurité.
En même temps, il ne pouvait garantir qu’il arriverait quoi que ce soit.
Levi pourrait toujours connaître sa position, mais il ne risquerait pas de le mêler à tout ça plus qu’il ne l’était.
Erwin se racla la gorge avant de lever la tête afin de regarder son interlocuteur :

« J’ai besoin que tu me laisses y aller, Levi. » Débuta-t-il avant de marquer une pause. Il esquissa un sourire, puis, en penchant la tête, comme s’il voulait demander une faveur, il ajouta : « Et que tu ne parles à personne de ce qui s’est dit ce soit.  »

En s’éloignant des Wolff, Erwin avait sans menti sur plusieurs papiers officiels durant son existence.
Bien qu’Elsa ne l’ait jamais reconnu comme sien, restait-il que mentir au gouvernement, c’était de la fraude. Taire l’affaire était la plus sage décision qu’il pouvait faire à cet instant.
Zackly l’avait sauvé à plusieurs reprises, mais qui sait combien de temps cette alliance durerait-elle?

La question de Levi le prit de court.
Qu’est-ce que Elsa voulait… ?
Il se le demandait en boucle depuis les dernières minutes, mais il n’était arrivé à aucune conclusion. Si Elsa voulait quelque chose, elle n’avait pas à se mettre de mèche avec qui que ce soit pour le faire…Alors pourquoi cette lettre, tous ces efforts pour quoi, au fond? Du chantage?
Non, c’était plus gros que du chantage.
Erwin se releva lentement, les jambes engourdies.
Il  fit quelques pas vers son bureau avant de reprendre l’enveloppe et de tracer les initiales.
E. W.
Ce pouvait être lui. Ce pouvait être elle… Et juste à y penser, il sentit sa gorge se serrer.
De toute sa vie, Erwin n’avait pas eu peur de grand-chose, mais Elsa Wolff était ce peu de chose qui le déstabilisait complètement, qui ruinait toute la façade qu’il avait mis des années à construire et qui faisait de son empire, un château de cartes.
Il suffisait d’un rien.
D’un souffle… Et elle pourrait anéantir quiconque.

À droite de Levi, il plaça ses deux paumes sur le meuble à son tour.
Les sourcils froncés, les lèvres pincées.
Erwin cherchait désespérément une réponse à lui donner, mais il se rendit bien vite compte qu’il était au même point que lui.
Rien n’était clair.

« Je… Je ne sais pas… »  Dit-il hésitant, sans pour autant regarder l’homme à ses côtés : « Ce pourrait être pour n’importe quoi… Je veux dire, cela doit faire vingt-trois ans qu’elle ne m’adresse la parole que lorsque nécessaire… Pas que je m’en plaigne, mais j’aurais préféré que notre relation en reste là. »

Puis Levi lâcha la seule chose qu’il n’avait pas envie d’entendre cette nuit.
Ce n’était pas sa faute.
Dans d’autres circonstances, peut-être.
Mais vraisemblablement, cette fois, il n’y avait aucun doute à ce sujet : ce qui arriverait dépendrait entièrement de lui. De sa responsabilité.
C’était une attaque et d’Elsa Wolff et d’un tiers parti.
C’était une attaque personnelle avec des dommages collatéraux pour mieux atteindre la cible.
Une stratégie de base, selon Erwin, mais une stratégie qui fonctionnerait d’une manière ou d’une autre considérant dans l’état où il se trouvait en ce moment.

« Levi… ? »

Il venait de tourner ses yeux vers lui, sans pourtant bouger sa tête. Il avait besoin de s’assurer de quelque chose, de se rassurer de quelque chose.
Ses iris aux coins de ses orbites, Il ouvrit puis referma la bouche à maintes reprises avant d’hocher négativement la tête de gauche à droite.
Ça ne valait pas le coup.

« Laisse tomber. »

Il passa une nouvelle fois sa main dans ses cheveux, l’air de la nuit s’immisçant dans la pièce pour remplacer l’étouffement de la situation par une brise froide, mais agréable.
Il laissa retomber l’enveloppe avant de contourner le meuble et de se laisser tomber face la première sur un des trois sofas qu’il entretenait pour les réunions.
Trop grands, ses pieds pendaient dans le vide, au même titre qu’un de ses bras.
L’autre lui faisait office d’oreiller, sa joue aplatie par sa main.

« Selon toi, qui a écrit la lettre? Petit joueur ou grand joueur?»

Demander l’avis de Levi semblait la meilleure des solutions.
Écriture conforme, papier classique et donc aucun moyen de retracer qui l’avait vendu, aucune étampe d’impression…
Il avait besoin d’idées de quelqu’un qui le ferait sortir un peu de sa tête.
Levi avait connu des tonnes de gens dans les souterrains, c’était un atout non négligeable dans cette situation précise…




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Jeu 13 Juil - 14:12
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« A ta guise. »

Simple réponse à ce qu’il t’a dit. Les deux phrases qu’il a dites. Tu le laisseras aller à Mitras seul, tu ne diras rien de ce qu’il s’est dit entre lui et toi. A qui le dire de toute façon ? Hanji ? Mike ? Nanaba ? Autant ne pas les impliquer dans une affaire qui, clairement, vous dépasse, Erwin et toi. Visiblement, lui-même ne sait pas où il en est. Cette lettre le trouble. Elle le trouble bien trop. La lettre. Et cette Elsa Wolff. Tu ne bouges pas quand Erwin te rejoint sur ce pauvre meuble où vous vous appuyez tous les deux. Tu l’écoutes, comme à chaque fois qu’il parle. Sauf en ce moment. Que dire de plus ? Tu le regardes, tandis que lui garde les yeux rivés droit devant lui. Il ne sait pas. Le reste de son discours suinte d’incertitude. Il ne sait pas. Si lui ne sait pas, comment les autres peuvent savoir ? Comment tu peux l’aider ? Tu n’en as aucune idée, il n’est pas revenu sur tes paroles. Les évite-t-il délibérément ? Tu l’ignores. Mais ce petit jeu commence à t’agacer lentement. Tu es prêt à le fracasser s’il s’obstine à garder cette attitude. Enfin, tu dis ça, mais si un jour tu te retrouvais face à Kenny, tu ignores bien comment tu vas réagir. S’il faut, un jour, tu seras dans le même cas qu’Erwin.

Tu tournes la tête vers lui quand il prononce ton nom. Il te regarde du coin de l’oeil. Puis il secoue la tête.


Laisse tomber.

« Quoi, laisse tomber ? »

Qu’est-ce que tu lui as dit qui aurait pu lui déplaire ? Pas tes questions concernant Elsa. Pas non plus le fait que tu l’aies traité de garce. Enfin tu ne penses pas. Quoique ? Ca aurait pu. Cela dit, t’en à rien à foutre. C’est une garce. Et encore, y a d’autres termes bien plus appropriés pour la définir. Tandis qu’il va s’affaler sur l’un des sofas, tu t’en retournes près de la fenêtre et t’asseoir sur le rebord pour profiter de l’air frais. Ca fait du bien. Ca te permet de garder la tête froide. Ton regard est braqué dans la direction d’Erwin qui a pris ses aises. Il a bien raison, ce sont ses quartiers. Tu te demandes bien s’il va cracher le morceau, ou s’il va persister dans son « laisse tomber »  platonique.

« Sans doute grand joueur. Faut des couilles pour menacer directement le Commandant du Bataillon, envoyer ces blasons et faire passer le tout par Wolff. »

Tu le regardes, avant de changer de sens et t’installer vers l’extérieur, tes jambes balançant dans le vide, t’appuyant contre le cadre de la fenêtre, dos à Erwin. Tu lèves les yeux vers le ciel. Ce dernier est dégagé, et la lune est bien haute. Tu la regardes un instant, tes yeux se perdant dans cette merveilleuse immensité. Aucun nuage ne vient perturber ce spectacle que tu apprécies énormément. Regarder le ciel, observer les étoiles, c’est quelque chose que tu appréciais faire depuis que tu es sorti des souterrains. Jamais tu n’as eu l’occasion de le faire pendant des années, où tu as regardé le plafond de roche au-dessus de ta tête, la lumière ne pouvant filtrer. Voilà pourquoi tu es capable de rester silencieux, immobile, à observer les étoiles. Tu laisses ta tête reposer contre le cadre en fermant les yeux.

« C’est peut-être du bluff, destiné à te déstabiliser. Une vulgaire mise en scène. Comme ça peut être vrai. Ce sang est peut-être le sang d’un de nos compagnons. Ou l’un de ces connards de la Brigade. Ils ont beau être cons, la vie est précieuse. »

La vie est bien trop précieuse. Ressaisis-toi Erwin. Tu vas droit dans le mur si tu ignores les choses, toi qui est toujours sûr de toi.

Tu ne bouges pas. Tu ne dis rien de plus. Tu te retiens de le dire. Pourquoi faire ? Erwin semble fermé ce soir. Tu n’as pas envie de parler dans le vide. Tu n’as pas envie qu’il ignore tes questions. Tu n’as pas envie d’entendre encore « Laisse tomber », sans aucune autre explication. Tu es las de toute cette situation. Entre ton pied qui ne veut toujours pas guérir, qui te lance dans toute la jambe et qui t’handicape, entre cette Annie Leonhart dont on ne peut rien tirer après tout le mal que le Bataillon s’est donné pour la choper, entre cette histoire maintenant et Erwin qui vacille parce qu’il est troublé et qu’il ne sait rien. Rien de rien. Pire qu’avancer dans le noir le plus total, comme un aveugle. Tu ne tournes pas la tête vers lui, tu as rouvert les yeux pour les poser sur la Lune. Les étoiles. Tenter de ne penser à rien. Rien d’autre que de te perdre dans ce monde où tu ne pourras jamais aller. Le ciel semble offrir tellement de liberté, tandis que l’humain doit rester au sol à souffrir et trimer toute sa vie jusqu’à la mort, avec une moyenne de vie bien basse. Cette vie pue la merde, et puera la merde tant que tu seras vivant. Une fois mort, tu pourras retrouver tous ceux qui te sont chers.

Erwin risque très certainement de défaillir un jour ou l’autre, peut-être plus tôt qu’on ne le pense… Surtout avec une attitude comme celle qu’il a en ce moment. Il est démoralisé. Il ne sait pas. Il sème le doute dans les esprits. Il sème le doute dans ton esprit. Que dire de plus ? Rien. Est-ce qu’il t’écoutera ? Tu n’en sais rien. Tu n’as pas envie de parler dans le vide. Tu n’es pas d’humeur à ça. Un long soupir s’échappe de tes lèvres, sans rien ajouter de plus. Tu baisses les yeux pour regarder ce qu’il se passe en bas. Si tu te laisses tomber, tu risquerais juste de te faire mal aux jambes, ce qui ne serait pas une nouveauté. Dire que tu aurais pu sauter et te rattraper sans mal, sans cette foutue blessure. A force de t’appuyer dessus, tu m’étonnes qu’elle ne guérisse pas. Tu n’allais quand même pas rester sans bouger tout de même jusqu’à ce que ça ne te fasse plus mal ? Voilà pourquoi les blessures mettent du temps à guérir. Personne ne respecte le temps de convalescence, et ce pied n’est pas assez important pour te clouer au lit, ou le cul vissé sur un fauteuil en attendant que le temps passe. Tu ne jettes aucun regard derrière. Tu sais qu’Erwin est toujours affalé dans le sofa. Aujourd’hui plus que jamais, tu te sens emprisonné, sans espoir de redevenir un jour libre.
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Erwin Smith
Bataillon d'Exploration •• Commandant
Ven 14 Juil - 17:33


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Une chose et son contraire.
S’il s’agissait d’une apparence, celui qui avait tout orchestré avait dû tirer des ficelles avec des hauts placés. Pour un petit joueur, c’était trop d’efforts inutiles. L’idée qu’Elsa ait pu être celle qui avait tout mis en œuvre lui semblait absurde. Elle n’avait jamais été aussi insistante pour lui faire parvenir ses lettres.
La possibilité qu’il ait pu s’agir d’une entité externe était plus probable. Personne ne pouvait aller et venir aussi facilement dans les Murs : il fallait être une ombre, quelqu’un de l’arrière-scène.
C’était l’hypothèse la plus probable jusque-là : une alliance entre plusieurs personnes, peut-être une organisation dirigée par une seule et même personne.
L’attaque personnelle ne pourrait être alors qu’une fausse piste, comme l’avait dit Levi. Dans ce cas-ci, les deux blasons ne seraient que des avertissements.
Qui. Pourquoi. Comment.
Erwin releva un peu la tête pour regarder Levi en contre nuit, les contours d’opale qui inondaient sa veste sombre.
On n’avait pas pu s’introduire par la fenêtre sans avoir été repéré d’une façon ou d’une autre. Par les gardes, par les recrues, par les soldats.
Il fronça les sourcils en se relevant tranquillement, passant d’allonger à assis.
Quelqu’un était venu ici par la porte d’entrée.
Cette personne ne pouvait être que de l’intérieur.
C’était la seule conclusion qu’il pouvait avoir pour le moment… Et sa tête était sur le point d’éclater.

Erwin se leva, il devait noter toutes les options possibles pour pénétrer dans la pièce, tous les gens impliqués jusque-là, les épargnés…
La Garnison n’était pas parmi eux.
Ce pouvait être un indice.
Il revint s’asseoir sur son bureau et pendant de longues minutes, il se mit à écrire. Tout. Absolument tout ce qui pouvait lui passer par la tête. Pour faire une annonce, il fallait qu’il se vide la tête, qu’il voit l’ensemble, le concret. Il avait été trop émotif jusque-là… Il tira le verre vide que Levi avait laissé de l’autre côté du meuble et se le remplit deux à trois fois avant de relire les sept pages de notes qu’il avait prises, certaines pertinentes d’autre non.
Demain, il en reparlerait demain.
Levi avait raison : ils ne pourraient rien arranger ce soir, pas maintenant, en tout cas.
Un peu nonchalant, Erwin tourna sa chaise pour mettre ses pieds juste à côté de Levi, ses pieds dans le vide.
Il se mit à regarder dans le firmament à son tour en jetant de temps en temps un regard amusé à son compagnon. Il oubliait parfois la fascination de Levi devant les grands espaces.
Avoir été enfermé tout sa vie le laissait sans doute émerveillé de ce que lui-même n’arrivait plus à contempler.
Le monde était vaste… Et Levi lui rappelait ces détails. Combien la liberté était précieuse.
Sans un mot. En silence.
Le calme.
Le vrai calme.
C’était la toute première fois en trois jours que cela arrivait.
La plénitude du rien.
Erwin se pencha en avant, ramenant ses jambes dans la pièce avant de s’accouder.
Il se mit à observer le terrain, la cour, les baraques. Tout semblait tellement réel en ce moment.
Jaëger, Leonhart, Wolff, la Brigade, le Bataillon, les années d’entraînement, les dizaines d’Expéditions, les morts, les survivants… Ils étaient des souvenirs, du réconfort, des regrets, des peines, parfois ce peu de choses qui vous faisait rire, sourire.

« Levi? » Reprit-il calmement, plus clair, plus saoul, sans doute : « Ça te dit que je te montre quelque chose ? »
Et sans attendre de réponse concrète, Erwin s’était déjà levé vers le banc du piano, ses bottes craquant le verre répandu sur le sol.
Il le ramasserait plus tard. Demain, sans doute, mais cette nuit, il avait envie d’autre chose.
Il ouvrit le siège de cuir avant de récupérer plusieurs piles d’enveloppes. Une soixantaine tout au plus.
Il refit chemin inverse et les déposa sur les cuisses de Levi.
Elles étaient toutes adressées à « E.W. »
Certaines jaunies, certaines sans doute mieux conservées, mais une chose était commune chez chacune d’elle : elles étaient encore scellées.
Erwin n’en avait jamais ouvert une seule.
Elles étaient intactes.

« Cette nuit, jamais aucune lettre ne m’avait été livrée de cette façon… D’ordinaire, elles me sont données à Sina… Mais cette nuit, quelqu’un est entré ici et l’a déposé sur le piano. Quelqu’un qui connaît Elsa. Sans ça… Il n’aura pas choisi cet endroit. » Commença-t-il avec un peu plus de verve avant de radoucir son ton, et de soupirer : « Et je pense que si tu n’avais pas été là… Je n’aurais jamais été capable de l’ouvrir… Elle avec. »

Erwin et cette drôle de tendresse.
Un peu trop sentimental pour le Commandant.
Il ne parlait que rarement ainsi. C’était un ton dénaturé… Et pourtant sincère.
Il avait simplement laissé les lettres sur les cuisses de Levi quand il s’était levé, caressant la nuque de l’autre au passage avant de lui saisir gentiment l’épaule :

« Mais il y a quelque chose de très beau dans l’abomination d’Elsa… Tu veux entendre? »

Erwin se doutait que son second n’avait pas hobbie, ou plutôt n’avait pas eu le loisir d’en posséder un.
La pauvreté avait certaines balises, créait différentes cultures que celles des gens d’en-haut.
Ce n’était pas grand-chose, juste un moyen de s’amuser autrement qu’en s’entraînant.
Et c’était une simple offre que Levi avait tout droit de refuser.
Sans doute Erwin était-il un peu trop atteint par les évènements pour montrer une quelconque retenue.
Il avait passé du bureau à son piano, les pas tranquilles avant de regarder les feuilles de musique encore imbibées d’alcool. L’encre avait coulé un peu, mais les notes étaient encore visibles.
Il mit sa main droite par habitude et il eut un sourire innocent, enfantin.
Erwin n’avait plus trente-cinq ans, mais sept, devant le piano du salon de la rue Karanese.



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Levi Ackerman
Bataillon d'Exploration •• Caporal-Chef
Sam 15 Juil - 13:51
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Le silence règne dans la pièce. Tu ne dis plus rien, tu profites de cet instant sans qu’aucun ne parle, profitant du calme présent. Tu entends du mouvement. Erwin qui se lève sans doute de son sofa. Sa présence s’approche, il va à son bureau. Tu n’as pas besoin de regarder pour savoir. Tu entends le stylo gratter le papier, ce qui t’as fait savoir. A défaut de tes yeux, tu te sers toujours de tes autres sens. Jamais être handicapé par l’absence d’un de ces derniers. Tu n’as rien à dire de plus, alors tu te tais. Que dire de plus justement ? Le silence s’avère complice. Celui qui le briserait, ce serait Erwin, pas toi. Ton regard est perdu dans le ciel. Tu l’admires. Tu l’adores. A chaque fois que tu peux, à chaque fois que tu en as l’occasion, tu te perds dans cette immensité. Tu ne cesses d’aimer cette activité. Tu es capable de passer des heures à observer les étoiles. A essayer de comprendre si ça signifie quelque chose. A rêver, une chose que tu fais éveiller puisque tu ne dors quasi jamais. A quoi bon dormir ? Tu n’as besoin que très peu d’heures de sommeil. Enfin ça c’est ce que tu crois. A chaque fois que tu fermes les yeux, tu revois tous ces morts causés par les titans. C’est ce qui te fatigue plus qu’autre chose, alors tu préfères perdre ton esprit dans l’immensité bleutée du ciel.

Quelque chose te ramène sur Terre. Un mouvement. Erwin prend ses aises, il est proche de toi. Tu ne dis rien, tu ne l’envoies pas chier, tu ne le vires pas, tu le laisses faire tout simplement. Tu ne tournes pas les yeux vers lui, mais sa présence a toujours tendance à te remettre les pieds sur terre. Puis sa voix t’enlève définitivement de tes pensées, et tu lui jettes finalement un coup d’oeil. Sa voix est calme. Tout contraste avec son attitude d’il y a quelques minutes. Tu as entendu le liquide couler dans le verre. Une fois. Deux fois. Trois fois. Erwin doit commencer à ressentir les effets de l’alcool. A la limite de l’ivresse. Tu lèves les yeux au ciel. Se bourrer la gueule n’est pas la meilleure solution. Néanmoins c’est la bonne solution pour oublier, l’espace d’un instant, l’horrible réalité qui nous entoure.

Il n’a pas attendu ta réponse à sa question. Qu’est-ce qu’il veut te montrer ? Tu te tournes quand tu entends le verre craquer sous ses pieds, et tu changes de position. Alors tu t’assois de manière à ce que ton dos repose sur l’encadrement de la fenêtre, ta jambe blessée étendue sur le rebord, tandis que l’autre balance dans le vide. Tu observes Erwin se diriger vers le piano de la pièce, puis revenir vers toi. Suite à quoi, il te les posa sur les jambes, et tu haussas un sourcil. Qu’est-ce qu’il veut que tu en fasses ?

Tu posas de nouveau tes iris clairs sur lui, en l’écoutant parler. Il s’emballe un peu avec ses explications. Cependant, tu comprends ce qu’il veut dire, où il veut en venir exactement. Que répondre à ça ? Rien. Tu n’avais rien de plus à lui dire. Ensuite son ton se radoucit. Si tu n’avais pas été là ce soir, il n’aurait jamais ouvert l’enveloppe. Il n’aurait jamais su la menace qui pèse désormais sur toutes les têtes du Bataillon. Il n’aurait jamais su que tout le Bataillon est dans la merde, et pas que lui. Il n’aurait jamais su toutes ces choses. Si lui ne savait pas, comment espérer prévenir les autres ? Comment espérer les protéger ? Toutes ces choses, tu les gardes pour toi. T’as pas envie de l’accabler avec ces remarques, qu’il se braque pour se fermer.

T’as pas envie de passer une mauvaise soirée, encore plus maintenant que tu sais de quoi il s’agit. Que ce n’est pas qu’une simple menace laissée là par le gamin du coin qui se croit plus fort que le monde. C’est une menace, une réelle menace, qui est prête à exploser à tout moment. Tu n’as pas peur. Ce n’est pas de ça que tu as peur. La peur, c’est sortir affronter les titans, voir ses amis mourir un par un, sans pouvoir les aider. La peur, c’est de perdre ses compagnons. Tes compagnons.

Un contact. Sa main sur ta nuque, avant qu’il ne s’éloigne. Tu hausses un sourcil. C’est être bourré qui le rend un peu affectueux ? Voire même tendre ? Tu te contentes de hausser les épaules en le regardant s’installer à son piano après t’avoir demandé si tu veux entendre quelque chose de beau dans l’abomination de l’autre garce. Tu prends toutes les lettres avant de les lancer en tas sur le bureau. Il ne s’agirait pas d’en perdre une avec un coup de vent. Surtout si Erwin ne sait pas ce que ces lettres contiennent. Tu ne regarderais pas, parce que ce ne sont pas tes affaires. Le Commandant a partagé bien des choses avec toi ce soir, mais tu ne vas pas t’immiscer un peu plus dans sa vie personnelle. Tu en sais bien assez maintenant. Tu ne lui demandes pas plus. Savoir uniquement le minimum. Ce qui cloche. Le reste, « futile », tu le laisses t’en parler s’il veut. Alors tu lui adresses un regard amusé tandis qu’il s’installe à son piano.


« Tu vas arriver à faire la différence entre les touches avec ce que tu t’es enfilé comme verre ? »

Le piano. Tu aimais ce son. Parfois en te promenant, tu peux entendre le son que fait cet instrument imposant, et tu t’arrêtes pour écouter. Dans les souterrains, c’est quelque chose qui n’existe pas, ou alors pour les plus riches. Et encore. Ce sont de vieilles pièces, abimées par le temps, à la limite de la casse. A la limite de la casse. C’est ce qui résume les souterrains. Tout est à cette limite. Si t’es blessé, si t’es malade, t’as une chance sur cent de t’en sortir. Ta mère est morte de maladie. Tu t’estimes chanceux d’avoir survécu, même si parfois tu aurais préféré rejoindre cette mère qui t’a laissé derrière elle après une longue vie de souffrance. Tu n’es pas fier de cette mère, de cette famille dont tu ignores tout, de ce père inexistant, probablement mort, qui n’a sûrement jamais su que tu existais, mais tu sais très bien d’où tu viens, et chaque jour tu t’en rappelles. Comment oublier ? Tu as beau être à la surface depuis presque dix ans, ce n’est toujours pas suffisant pour te faire oublier cet enfer.

« Merci de m’avoir fait confiance ce soir, Erwin. »

Tu n’ajoutes rien de plus quant à ça, et tu le regardes un instant en fermant les yeux. Ton silence quant à sa question de savoir si tu veux écouter une mélodie en dit long. Après tout, on dit bien : Qui ne dit mot consent. L’espace d’un instant, tu as envie d’oublier que tu es un soldat du Bataillon. L’espace d’un instant, tu as juste envie d’être simplement un homme, sans te prendre la tête pour autre chose. L’espace d’un instant, tu as envie de tout oublier.
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Erwin Smith
Bataillon d'Exploration •• Commandant
Mer 19 Juil - 14:06


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Lorsque Erwin s’était assis au piano, il s’était senti jeté vingt-cinq ans en arrière.
Vingt-cinq à tout oublier et une nuit pour tout déconstruire.
Ces souvenirs fragiles qui le retenaient encore en arrière alors qu’il devrait courir en avant.
Ce serait les titans qu’il devait craindre, pas Elsa Wolff.
Et pourtant, l’Extérieur était un Enfer qui valait le coup… Dix fois. Cent fois. Mille fois le coup.
Ses doigts frileux plongèrent sur les notes blanches et noires, caressant plusieurs accords au hasard.
Les octaves sautant de son pouce à son petit doigt sans un effort.
C’était si étrange de se voir grandir, de le remarquer dans le seul objet duquel il aurait dû se débarrasser depuis longtemps.
En automate, ses mains se placèrent, d’abord un peu fausses, gauches, rouillées par des années d’abstinence d’une mélodie qu’il connaissait par cœur et qu’il avait joué en boucle à Mitras.
L’une des premières pièces d’Elsa.
Celle qu’elle avait emprisonnée à Karanese.


La sensation de la présence de Levi remodelait les quelques lambeaux du passé qui pendaient dans la pièce.
Elsa avait l’habitude de rester derrière quand il jouait.
Silencieuse, les bras croisés.
Comme si elle attendait que quelque chose surgisse du garçon de dix ans.
L’ombre d’une mélodie ou d’un mélodrame.
Il eut ce vague sourire, celui qui était discret autant que distrait.
Un sourire réel.
Un sourire triste.
Il y avait eu du beau en Elsa et à quelque part, ça le rendant malade de l’admettre, ne serait-ce qu’un peu.
Ses yeux se rivèrent sur les feuilles écrites à la main. Certaines croches étaient biffées, d’autres épousaient leurs congénères sur le fa ou sol.
Et au lorsqu’il fût certain de ses notes, de ses variantes, Erwin se mit à jouer.
Sous le supervision d’un auditeur sans doute moins critique que ne l’aurait été Elsa.
Plus calme.
Rassurant.
Ça n’avait rien à voir une performance, c’était une confession, une sonate après le lever de la lune ou la brise du soir qui ramenait des parfums salés de nulle part.

Lorsque Levi le remercia de lui faire confiance, Erwin se contenta de sourire à son clavier.
Et s’il n’avait pas compris jusqu’alors l’incertitude de son subalterne, peut-être réussissait-il à l’assimiler à ce moment précis.
Pourtant, à bien y repenser et sans même en douter, le Commandant n’avait pas choisi Levi pour son bras droit pour des raisons purement professionnelles.
Levi était un soldat hors pair, certes. Sans trop doué pour son propre bien.
C’était d’ailleurs ce qui l’avait conduit dans la Survey Corps.
Sans ses habiletés, il serait peut-être encore dans les souterrains, Isabel et Farlan à ses côtés, quelque part dans quelconque demeure à veiller à des heures qui ne verraient jamais de lumière.
Mais avant tout, c’était la confiance aveugle d’Erwin pour Levi qui l’avait conduit à le choisir, lui et pas un autre.
Si l’ancien brigand avait pu le haïr à une certaine époque, le soldat n’avait jamais ressenti d’animosité à son égard.
C’était sans doute par empathie qu’il avait toujours défendu la place de l’autre.
Levi était juste… différente du reste.
Levi ne lui racontait pas… Ce qu’il voulait entendre.
Et c’était parfois ce dont il avait le plus besoin.
Toujours penser vous enlise trop souvent dans la paranoïa ou la désillusion.
Levi ne le laissait pas aller là.
Ne le laisser aller nulle part où il risquerait de se faire briser davantage.
Ce n’était sans doute même pas volontaire…
Mais Erwin en était plus que reconnaissant.
Personne ne prenait soin de loin comme Levi.
Personne … Ne le connaissait comme Levi.

C’était une drôle de conclusion qui le fit ricaner alors que ses doigts devenaient de plus en plus actifs sur le piano.
Il ne tourna pas la tête, se contenta de rester concentrer sur la musique, sur les notes qu’il ne ratait plus depuis longtemps.
La pratique.
Des heures et des heures de pratique.
Elsa avait bien veillé à ce qu’aucune de ses pièces n’échappent à Erwin.
C’était, il lui semblait, le seul bon souvenir qu’ils aient jamais partagé.
La musique, c’était la paix.
Une trêve.
C’était un peu ce qu’il s’accordait à cet instant, reposant ses paumes sur les dernières notes de la Nocturne d’Elsa.
Ses mains glissèrent momentanément sur ses cuisses avant qu’il ne se retourne pour sourire doucement à Levi :

« Tu veux essayer? » Dit-il en se tassant déjà vers la droite du banc, laissant un espace assez grands pour que Levi soit à l’aise de s’y poser.

L’espace.
C’était quelque chose qu’Erwin avait appris à gérer avec Levi.
Erwin avait appris à garder certaines distances tandis que Levi avait appris à se rapprocher.
C’était une drôle de dynamique.
En même temps, leurs grands contrastes les forçaient à s’habituer au comportement de l’autre.
Ce qui surprenait le Blond, c’était surtout que tout se faisait naturellement entre eux.
Ce n’était pas inconfortable… Et ils n’avaient pas à fournir un effort quelconque.
C’était le temps passer ensemble qui avait fait d’eux ce qu’ils étaient devenus.

Doucement, si Levi se montrait hésitant, il prit le temps de le laisser y penser, sans déroger son regard de son Capitaine.
Puis, d’un ton entre amusement et bienveillance, il ajouta :

« Ça me ferait plaisir de t’apprendre.  »

Ses yeux brillaient d’une étrange excitation à présent.
Patiemment, il resta dans sa position, torse à demi-tour, jambe sous le piano, mains sur les cuisses.
Mais derrière ce calme, il y avait une fébrilité palpable.
Erwin était parfois un véritable gamin…
Et c’était dans ces moments où il se permettait d’être encore sensible, qu’il se sentait véritablement vivant.


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Levi Ackerman
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Tu restes silencieux, les yeux fermés, tu n’as pas bougé. Puis tandis que les premières notes s’élèvent, tu te lèves pour retourner sur le sofa et t’y allonger, les jambes étendues, un bras sur tes yeux en silence. Tu préfères écouter en silence les notes qui continuent de défiler à tes oreilles. Tu ignorais jusque-là qu’Erwin était si bon pianiste. Il ne peut pas te voir. Alors tu souris.

Un sourire paisible, un sourire apaisé. Pour la première fois depuis longtemps. Tu gardes le silence, tu parviens enfin à chasser toutes ces pensées, toutes ces idées que tu as sans cesse en tête. En te focalisant uniquement sur la mélodie, tu parviens à oublier le reste et ça te fait un bien fou. Dire qu’il y a quelques années, tu as voulu le tuer… Et aujourd’hui vous voilà dans la même pièce, dans cette étrange complicité, l’un écoutant l’autre jouer du piano.

Tu ne le vois pas, mais tu l’entends ricaner. Pour quelles raisons ? Sans doute lui aussi a l’esprit apaisé, l’espace d’un instant. Le piano doit être une sorte de défouloir pour lui. Quelque chose qui lui permet de s’évader. Toi, c’est regarder le ciel, la nuit en particulier, ton moment préféré de la journée sans doute. Tu te sens vraiment bien, détendu… Tu sais que cela ne va pas durer, et rien que d’avoir cette pensée, ton sourire se fane lentement, pour retrouver ce visage stoïque, ton visage habituel. Puis, lentement, petit à peu, la mélodie se termina et tu te redressas sur le canapé pour tourner les yeux vers le blond. Ce dernier a son regard braqué sur toi. Tu hausses un sourcil lorsqu’il te propose d’essayer. Alors tu soupire.


« Je sais pas jouer, et je doute avoir la patience pour ça. »

Ce qui te surprends toujours chez Erwin, c’est sa patience avec toi. Toujours. Il a toujours été patient, et c’est ce qui t’impressionnes le plus chez lui à vrai dire. Ca t’étonne, ça te surprend, ça t’impressionne. Tu te doutes qu’il va te dire que ça lui ferait plaisir de t’apprendre, et tu lèves les yeux au ciel. Têtu, il l’est autant que toi. Tu restes tout de même plus borné que lui, ça il faut se l’avouer.

Pourtant il s’est décalé pour te laisser une place. Alors finalement tu te lèves pour boitiller jusqu’au banc et s’installer à la place qu’Erwin te laisse. Tu regardes un instant les touches blanches et noires du piano, avant de poser les yeux sur le blond à côté de toi. C’est rare quand il y a une proximité entre vous. Il y a toujours une distance. Cette distance est rompue pour jouer au piano, pour qu’il t’apprenne. Il est prêt à t’apprendre. Il te l’a dit. Ca lui fait plaisir… Sans doute plaisir de partager ça avec quelqu’un pour une fois. Au fond de toi, ça te fais plaisir.


« Très bien alors… Comment tu comptes m’apprendre ? Je sais pas lire les partitions. »

Le piano, ça ne s’apprend pas en une nuit. Ca ne doit pas être compliqué mais il faut avoir un sens  du rythme, une âme sensible, d’artiste. Ce que tu n’as clairement pas. Toi tu es un rustre, lui a eu une éducation bien plus raffinée, même si sa mère est une garce. Tu n’as pas eu d’éducation. Kenny ne t’a pas éduqué. Il t’a conditionné au combat et à la survie. Quand tu es monté à la surface, tu ne savais ni lire ni écrire…

Et c’est Erwin qui, armé de patience, t’a appris ce que tu ignorais à ce moment-là. Avec sa patience. Quand tu y penses et repenses, c’est Erwin qui t’a appris presque tout ce que tu sais sur le monde extérieur, avec tes propres expériences, tes propres idées… Au final, il a toujours été là d’une manière ou d’une autre, au début ce n’était qu’un parasite, maintenant c’est sûrement la personne avec laquelle tu es le plus proche. Tu lui jettes un œil, l’oeil amusé en voyant les siens, brillants, comme un gamin.


« T’es vraiment un connard, Erwin. »

Cette fois, ce n’est pas « connard » au sens insultant du terme. Non, ce terme veut clairement dire qu’Erwin a toujours été là. Dans les moments durs, comme dans les moments plus légers. Il t’a appris à calmer tes pulsions, à moins réagir au quart de tour comme tu faisais preuve dans les souterrains. Tu lui dois beaucoup de choses, voilà pourquoi tu veilles autant sur lui maintenant.

C’est un peu comme le remercier pour tout ce qu’il a fait pour toi. Pas en lui disant un quelconque « merci » ou une connerie niaise du genre, mais en étant toujours là pour lui, dans les moments où ça va, comme dans les moments où c’est réellement la merde. Comme maintenant. Alors même si au début, c’était extrêmement difficile pour toi d’accepter cette idée, au final, tu ne regrettes rien, bien au contraire. Même si l’heure n’est pas aux réjouissances, tu te sens bien, et paisible. Ce qui ne t’est pas arrivé depuis longtemps.

Ce soir-là, il n’est qu’Erwin, et tu n’es que Levi.
Un pianiste et un néophyte.
Loin de toutes ces conneries de hiérarchie.
Il n’est plus ton commandant, tu n’es plus son subordonné.
Seulement deux hommes, deux amis de longue date, qui profitent d’une soirée à boire un peu, et à découvrir certaines choses qu’ils ne savent pas l’un sur l’autre.
Une soirée où ils sont seulement eux-mêmes, où ils ne doivent pas montrer la face grave du commandant et du caporal-chef.

Ce soir-là, tu n’es plus le soldat le plus fort de l’Humanité.
Ce soir-là, il n’est plus ce stratège reconnu, apprécié mais également détesté.
Loin de tout, loin des soucis, dans une quiétude réellement apaisante. Lui comme toi, vous en aviez besoin. Erwin a bien failli craquer. Il aurait sans doute craqué seul. Alors heureusement que tu as été là ce soir-là, pour veiller sur lui. C’est sans doute ta plus grande satisfaction de la soirée, de la nuit. Maintenant, tu n’attends que le moment où il va t’apprendre à jouer… Ou du moins commencer à vouloir t’apprendre.

Si ça fait comme la fois où il a voulu t’apprendre à lire et que tu l’as menacé de lui faire bouffer la reliure s’il continuait à t’emmerder… Sa tête allait rapidement terminer contre les touches dans un son absolument désagréable. Enfin, tu es quand même prêt à faire des efforts, même si tu préfères entendre Erwin jouer, plutôt que de tenter d’aligner trois notes justes. Ça promet.
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That bastard… Once I get the chance,
I’ll kill him straight away.
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