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Ven 7 Juil - 11:58
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Contrairement à certains de mes camarades, je ne rechigne pas vraiment devant une mission. Cela dit, il n’y a pas grand monde au-dessus de moi niveau hiérarchique, excepté Nile, et Mitzi qui est au même niveau que moi. Donc si je choisi quelque chose, c’est parce que j’ai surtout envie de le faire, pas parce qu’on me le demande. Du moins en règle générale. Pour cette fois, c’est complètement différent, il s’agit d’aller dans les souterrains pour mettre en déroute un groupe de contrebandiers plutôt virulents. C’est un problème qui traîne depuis des jours et des jours. On nous rapporte de plus en plus de vols, de meurtres, et personne ne fait rien.

C’est ça qui m’exaspère, qui m’horripile quand je le vois, quand je suis témoin du laxisme des hommes. C’est quelque chose qui m’énerve profondément, parce que je trouve ça honteux que des garçons, des filles, des hommes, des femmes qui se donnent à fond pendant un entraînement ne foutent plus rien alors qu’ils ont largement les capacités de faire quelque chose, de changer beaucoup de choses. C’est quelque chose qui m’énerve autant que cela me fatigue.

Je réfléchis à cette mission tout en nettoyant mon équipement toujours nickel et opérationnel. Je ne suis pas un maniaque mais j’aime savoir mes affaires propres, et prêtes à être utilisées. Après tout un équipement mal soigné fini par porter défaut à l’utilisateur et la mort est souvent ce qui arrive à ceux qui négligent leur matériel. Une mort stupide qui peut être éviter généralement. Après l’équipement tridimensionnel vient mon fusil. Lui aussi il est toujours impeccable et prêt à l’emploi. Je ne le charge jamais à l’avance, un coup est si vite parti et un accident est si vite arrivé. Voilà pourquoi je suis prudent et que je ne permets à personne de toucher à mes affaires. Je range toujours tout, ma maison est toujours reluisante de propreté. Surtout que j’ai mille et une cachette dans cette maison pour ranger toutes mes affaires de valeurs, ou même les armes, pour ne pas qu’un esprit mal intentionné ne me vole mes biens pour ensuite faire le mal. C’est ce que je fais avant de partir en direction des souterrains.

J’ai prévenu que je voulais un homme compétent sur le terrain avec moi. Les soldats à qui j’ai parlé ont dû bien comprendre que je ne veux pas un poltron dans mes jambes, surtout pour une mission où on risque de se faire canarder par les contrebandiers. J’ignore combien ils sont, comment ils sont armés, s’ils sont dangereux. J’y vais parce que je dois le faire, parce que si personne ne le fait, alors ils continueront de se rebeller sous-terre, jusqu’à vouloir quitter cet enfer aux lumières artificielles pour envahir la surface. Même si l’idée de laisser tous ces gens misérables, dans une décharge géante à l’hygiène douteuse, aux problèmes de famine et de santé, on ne pourra pas gérer un soulèvement, surtout de ces gens-là.

Ils pourraient en motiver d’autres, et ainsi de suite. La boucle ne se bouclera que lorsqu’ils auront réussi à aller à la surface. Voilà pourquoi il faut empêcher ça, et rapidement qui plus est. Voilà pourquoi je ne veux pas d’un poltron ou d’un minable avec moi qui ne cessera de me répéter « quand est-ce qu’on rentre ? » alors qu’on est loin d’avoir fini… Voire même, on n’aurait même pas commencé. Je commence à en cerner pas mal de ces petits cons maintenant.

Equipé avec le tridimensionnel, le fusil sur l’épaule, je n’ai pas lésiné sur mes armes pour ne pas être pris au dépourvu et me prendre une balle dans la tête par un homme ou une femme trop agile. Je me dirige vers l’entrée des souterrains en silence. J’y suis déjà allé plusieurs fois pour régler des conflits que personne ne voulait régler, dont personne ne s’intéressait. Je n’aime pas cet endroit, j’ai pitié de ces gens. Ils auraient pu être à ma place comme moi à la leur. C'est pourquoi, en plus de mon équipement, j’ai prit un sac de toile avec de la nourriture, de l’eau claire et potable, pour distribuer. Je le fais à chaque fois. Je fais le bonheur de quelques uns, mais la tristesse d’autre. C’est aussi pour ça que je ne donne jamais deux fois quelque chose à la même personne. Pour ne pas créer de favoritisme.

En bas, certains m’apprécient pour ce que je fais. J’ai déjà entendu des hommes et des femmes me dire que je ne suis pas le même salopard que la plupart de la Brigade, les rares qui viennent sous-terre. Quelque part, ça me fait plaisir, parce que je suis considéré comme quelqu’un de… Bien ? De généreux ? Je ne sais pas trop. Je fais simplement en sorte de donner ce que j’aurais aimé qu’on me donne si j’avais été dans le même cas.

C’est peut-être ma générosité qui me perdra. Je donne une image à la Brigade, à mes subordonnés. Je dois également donner une image aux gens des souterrains. Je ne dois surtout pas montrer une éventuelle faiblesse, un endroit où m’atteindre, je sais que ce sera fini à partir de ce moment-là. Ainsi, je fais croire que je suis cruel et sans-coeur alors que je suis le premier à m’inquiéter pour toutes ces personnes dans les souterrains. Certains le savent, d’autres non.

Pour certains je suis quelqu’un de bien, pour d’autres je reste un salaud de première. Comment leur en vouloir ? J’ai vraiment tendance à me mettre à la place des gens, mais je ne pourrais jamais deviner leurs pensées, ce qu’ils pensent réellement, à moins que ce soit vraiment flagrant. Je me contente de faire ce qui est juste pour moi. Alors empêcher une éventuelle rébellion de se former, c’est juste pour nous, mais injuste pour tous ceux qui veulent se libérer des souterrains, de l’emprise de la faim, la soif, la maladie. Je ne saurais leur en vouloir, je dois simplement faire mon travail. Je veux faire ce qui est juste, mais parfois je ne peux pas appliquer cette justice, et l’injustice règne toujours. C’est en partie pourquoi je reste un salaud pour la plupart des gens malgré cette envie d’aider les plus démunis. C’est comme ça, et ça ne changera jamais réellement.

Je fixe l’entrée des souterrains en attendant le soldat qui devra m’accompagner. J’ai laissé des instructions claires. Un soldat compétent, bien équipé, et qui est prêt à se battre si nécessaire. A prendre des vies si cela est utile. S’il faut agir, c’est maintenant et ne pas trop tarder. Je soupire. Ce n’est plus de mon âge ce genre de missions… Néanmoins, ce n’est pas comme si on me laissait le choix.
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Joshka Everhart
Brigades Spéciales •• Caporal
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Ven 14 Juil - 20:29
FallHeath & Joshka
Joshka s'était réveillé ce matin là dans l'idée que ce serait une journée comme tant d'autres avant elle. Faire des briefings, gérer les soldats et les envoyer se bouger le cul pour des tâches quotidiennes. Une journée particulièrement pénible et fatigante donc. L'albinos ne comprenait pas pourquoi les Brigades faisaient preuve d'un tel relâchement, pourquoi les nouvelles recrues se donnaient à fond pour accéder au privilège d'être stationné à Sina si c'était pour ne rien y faire. Ils se croyaient à l'abri ici, loin des titans et du danger. Sauf que les événements récents qui avaient eu lieu à Stohess étaient là pour rappeler que ce n'était plus le cas. Plus personne n'était à l'abri d'un danger imminent, ceux qui vivaient ici comme des rois s'en étaient rendus compte à leurs dépend. Et pourtant malgré tout ça, les soldats continuaient de se relâcher, de passer leurs journées à ne rien faire et profiter de leur belle petite vie. Mais Joshka était là pour les bouger un minimum, malgré les regards qui se levaient et les soupirs exaspérés qui se faisaient entendre. Et si ça ne plaisait pas, il devenait un peu plus méchant et dur avec eux, tant pis pour eux. Il faisait son boulot après tout.

Ce matin n'allait pas manquer à la règle non plus. Une fois son uniforme toujours impeccable revêtu et ses longs cheveux blancs attachés, Joshka allait rejoindre ses quelques hommes pour leur assigner les tâches de la journée. Seulement en cours de route, un soldat vint le trouver avec un ordre de mission venant de ses supérieurs. Il était assigné à une mission dans les souterrains avec le capitaine Heath Baskerville. Il avait déjà entendu son nom, bien qu'il ne l'ait jamais fréquenté. De ce qu'il avait pu entendre, l'albinos savait qu'il s'agissait d'un homme sérieux, mais n'en savait pas beaucoup plus à son sujet. Apparemment, il cherchait quelqu'un de sérieux pour cette mission ce qui voulait dire que c'était une affaire sacrément sérieuse.

Il faut dire que les souterrains n'étaient pas réputés pour être sûrs et fréquentables. Toute la misère de l'humanité se retrouvait là-bas, alors qu'à la surface les gens vivaient dans l'opulence. C'était ironique dans un sens, de voir tout ces malheureux obligés de rester dans un endroit insalubre à peine éclairé alors que des rues pavées et propres les surplombaient. Beaucoup tentaient de fuir cet Enfer situé sous terre pour rejoindre la surface mais la plupart se faisaient arrêter avant d'avoir pu y arriver. L'albinos trouvait ça désolant de ne pas leur fournir un peu d'aide, ne serait-ce que médicale ou sanitaire. Ca ne tiendrait qu'à lui il les aiderait clandestinement, mais il ne connaissait que trop peu la ville souterraine pour pouvoir prétendre à y aller sans se faire canarder, sans compter que l'emblème des Brigades était très mal vu en bas notamment par les gangs et les criminels qui s'y terraient.

Après avoir reçu l'ordre de mission, Joshka abandonna son itinéraire premier pour se rendre à l'armurerie, afin de récupérer l'équipement nécessaire à cette mission. Il procéda donc à quelques vérifications sur son équipement tridimensionnel histoire d'éviter des problèmes quand il serait sous terre puis il vérifia l'état de son fusil avant de le porter dans son dos, sangle lui barrant le torse. Il s'éclipsa ensuite, afin de rejoindre le point de rendez-vous avec le capitaine. Au moins le quotidien allait changer un peu, il n'aurait pas à pousser de coups de gueule constants envers une bande de jeunes incapables qui se feraient limite dessus si on leur demandait de tirer au fusil.

Il ne fallut pas longtemps au caporal pour trouver l'endroit qu'on lui avait indiqué plus tôt. Et il n'aurait pas pu se tromper non plus puisqu'un homme arborant l'uniforme des Brigades attendait là, lui aussi armé. Joshka s'approcha donc et s'arrêta à quelques pas de l'officier qu'il devinait être Heath.

"Capitaine Baskerville?"

L'albinos se mit ensuite au garde à vous et le salua, l'air toujours aussi sérieux et impassible qu'à l'accoutumée.

"Jje suis le caporal Joshka Everhart. On m'a assigné à une mission sous votre commandement."

Il était formel et très posé. Comme d'habitude, il respectait ses supérieurs et ne se montrait pas sûr de lui ni impoli. A vrai dire même avec les pires raclures des haut-gradés il tâchait de se contenir un minimum, jusqu'au jour où ça partirait trop loin. En tout cas en observant le capitaine en attendant une réaction de sa part, il était sûre d'une chose; c'était quelqu'un qui avait dû en voir des choses, et pas des plus agréables.

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Mar 18 Juil - 13:32
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Je n’ai pas dû attendre bien longtemps avant qu’un des soldats de la Brigade me rejoigne. Quand j’entends mon nom, je relève la tête et pose mon regard clair sur l’individu qui vient d’arriver. D’une taille moyenne, les cheveux blancs et longs, le regard tout aussi clair que le mien et d’une couleur bleue… Quand je le regarde, j’ai l’impression de voir une frêle demoiselle, délicate, qui n’a rien à faire là. Pourtant c’est bel et bien un homme. Il se présenta comme étant Joshka Everhart, se mettant au garde-à-vous. J’hoche la tête positivement.

« Repos. »

Je lui souris légèrement en l’observant, les bras croisés.

« J’ai entendu parler de toi, Everhart. On dit que tu es un Caporal sévère, qui met ton pied au derrière des poltrons qui nous servent de soldat. »

On dit, on dit, est-ce la vérité ? J’ai appris qu’il ne faut pas se fier aux apparences. Alors que Everhart se montre un poil plus violent que laisse deviner son physique gracieux, cela ne m’étonnerait pas. La différence entre lui et moi m’amuse. Lui il a encore une peau claire, pas de défauts visibles sur le visage… On dirait presque un gamin tout droit sorti des jupes de sa mère, pourtant je sais que ce n’est pas le cas. A contrario, mon visage est une carte de la douleur avec les balafres que je possède. Ah, le bon vieux temps où j’avais un visage sans aucune marque, avec qu’une seule envie, rejoindre le Bataillon pour fracasser du titan. Une époque lointaine, révolue, qui n’existe plus à mes yeux. Je reprends mon fusil que j’ai posé à l’entrée, puis mon sac en lui faisant signe de me suivre.

« Es-tu déjà allé dans les souterrains, Joshka ? »

Je commence à descendre tranquillement, lui jetant un coup d’oeil par-dessus mon épaule. Je me montre familier avec lui, comme je me montre familier avec tout le monde. Lui par contre, il n’a pas la tête à appeler un supérieur par son prénom et le tutoyer bien tranquillement comme deux amis. Même si je lui demandais, j’imagine qu’il ne le ferait pas. Cette pensée me fait doucement sourire. Je ne préfère même pas lui proposer. On verra comment se présentent les choses, si on s’en sort victorieux ou, au contraire, si ça devient rapidement la merde et qu’on est dans la merde. Puis je repose mon regard devant moi. Les souterrains. Je ne les aime pas. Je les exècre. Je ne suis pas d’accord avec ça. Tous ces gens qui crèvent de faim… Eh bien ils sont toujours là. C’est ça le problème. Il y en a qui meurent, d’autres qui naissent, et la population des souterrains de faiblit pas, bien au contraire. Un problème assez embêtant, je le conçois. Pourtant, chaque mois, je m’y rends pour y distribuer de la nourriture à ceux que je n’ai pas vu le mois précédent. Quand la boucle est bouclée, je recommence. Cela dure depuis des années.

« On se rend au plus bas niveau. Là où tout est permis. Là où tu peux te faire choper dans une ruelle pour te faire battre à mort. Là où le vice est présent parmi les plus ‘fous’. La plupart des gens ne disent rien, et te regardent passer parce que tu es de la Brigade… D’autres n’en n’ont rien à foutre et sont prêts à en découdre alors que tu ne leur à rien fait. »

Je ne cherche pas à lui faire peur ou à l’inquiéter. Après tout, il connaît les risques. Il sait dans quoi il met les pieds, à quels risques il s’expose. Je sens, au contraire, que ce gamin a des ressources plutôt inattendues et que je risque d’être vraiment surpris. Je suis toujours surpris quand un soldat de la Brigade se montre utile. Je peux me le permettre de le dire maintenant, bien qu’au début, ça a été dur, même pour moi. J’ai juste très vite compris qu’il n’y a que les efforts qui payent et je me suis bougé le cul. Sinon jamais je ne serai là où j’en suis aujourd’hui. Je continue de descendre, je sais que le gamin albinos me suit. Je souris légèrement, en lui jetant de nouveau un coup d’oeil par-dessus mon épaule.

« Notre but aujourd’hui est de faire cesser les activités d’une bande de criminels qui narguent nos hommes depuis quelques temps en les faisant tourner en rond. »

Une bande d’hommes, peut-être une dizaine à ce qu’on m’a dit, même si j’en doute, parce que je ne me fie pas aux informations que l’on me donne maintenant, je vérifie moi-même. Cependant cette fois, on m’a plus pressé qu’autre chose pour qu’on se débarrasse d’eux une bonne fois pour toute. Après tout les excès de zèle doivent être punis, sinon les quelques courageux suivront l’exemple, et on se retrouvera avec une révolte sur les bras. Une chose que, personnellement, je ne veux pas. Difficile à gérer, dangereuse… On n’a pas besoin de ça. Pas maintenant. Alors autant faire cesser toutes activités illégales et maintenir l’ordre avant que l’on soit submergé. Je reste soucieux sur ce détail. Une manifestation est si vite arrivée… Enfin, nous n’en sommes pas encore là.

Une fois tout en bas, j’ouvre mon sac et je m’en vais accomplir mon rituel en silence, allant jusqu’aux maisons de certaines personnes pour leur donner un peu de nourriture. Joshka devra me suivre, nul doute qu’il doit se demander ce que je fais. Pourtant je ne dis rien, je continue mon tour qui doit durer… Une bonne heure en fait. Le sourire que font les personnes que j’aide réchauffe mon coeur de pierre. Comment leur en vouloir ? Ils n’ont jamais rien eu, le peu qu’ils ont, soit on leur prend, soit ils n’en n’ont pas assez, ce qui est normal.


« Que Dieu vous bénisse, Frey... », me dit une jeune femme lorsque je lui laisse le reste du contenu du sac de toile, ainsi que le sac.

Je lui souris doucement, en lui ébouriffant les cheveux d’un air paternel. Les yeux de cette gamine brillent de reconnaissance. Elle m’apprécie pour ce que je fais, comme tous ceux que j’aide depuis des années. Pourtant je ne fais pas l’unanimité, et j’ai eu des problèmes en venant quelques fois ici. Enfin, tout cela est du passé maintenant, et aujourd’hui je ne suis pas seul. Certes, je sais que ça ne veut rien dire et qu’on peut se retrouver tous les deux dans la merde jusqu’au cou, mais au moins, c’est deux personnes compétentes, bien équipées, et en alertes. J’hoche la tête dans la direction de la gamine, avant de m’éloigner de la maison pour m’en retourner vers Joshka et poser les yeux sur lui.


« Tu vois, à la surface comme sous terre, on me considère comme un connard, pourtant j’arrive à rendre heureux quelques personnes à chaque fois que je viens ici, et le sourire reconnaissant d’une personne qui n’a rien fait bien plus plaisir qu’une quelconque notoriété. C’est bien plus gratifiant de donner ici plutôt qu’à la surface. »

Je lui fais signe de me suivre pour nous rendre jusqu’à une autre ruelle. Je n’hésite pas une seconde, jusqu’à une maison abandonnée. J’ouvre la porte avant de tousser. Cela a soulevé un nuage de poussière. Je laisse Joshka fermer la porte, avant de poser mon fusil sur la table et de tourner les yeux vers lui. Ca va être le temps du débriefing, juste avant d’aller attaquer. Ici on bénéficie d’une quelconque intimité. Je pose mon œil sur lui en appuyant mes mains sur la table.

« As-tu des questions ? »

Autant commencer par-là, répondre à ses questions puis lui expliquer comment je compte procéder, échanger nos idées pour être bien plus efficace… Pour ensuite agir en conséquences.
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Joshka Everhart
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Mer 2 Aoû - 17:05
FallHeath & Joshka
Joshka arrêta son salut aux paroles de son supérieur. Néanmoins, il restait bien droit et toujours impassible tandis qu'il écoutait le capitaine borgne. Apparemment l'albinos était connu pour sa sévérité dans le coin. Non pas que ça l'étonnait, mais il trouvait ça limite désolant d'être connu pour quelque chose qui devrait être normal au sein des Brigades. La discipline, l'ordre, ce qu'ils devaient incarner auprès de la population et de la noblesse au final. Et pourtant l'image que l'on gardait d'eux était la plupart du temps celle d'une bande de privilégiés qui profitaient d'être loin des Titans pour se la couler douce, ou de corrompus à la solde des plus influents.

"Je ne fais que mon travail monsieur. Ca devrait être comme ça tout le temps."

Joshka restait humble. Il n'aimait pas se montrer prétentieux de ce qu'il accomplissait en tant que soldat, même la montée en grade n'était pas son but premier. Ca lui était même arrivé de refuser une gradation parce que ça ne l'intéressait pas. Lui tant qu'il pouvait faire son boulot ça lui allait très bien, il n'en demandait pas plus. Même si certaines personnes lui tapaient sur le système au sein des Brigades.

Il suivit ensuite Heath, qui s'engouffrait dans la bouche obscure et béante qui menait sous terre. Rien que cette entrée n'était pas des plus engageante et ne laissait rien présager de bon quant à ce qu'ils allaient voir plus bas. Et l'albinos lui semblait être au premier abord de ceux qui n'avaient rien à faire dans des endroits aussi sombres et malfamés. Pourtant, il était bien la dernière personne à avoir peur de se rendre dans les souterrains, preuve en est puisqu'il avait accepté cette mission en duo avec le capitaine Baskerville. Alors qu'ils descendaient des marches de pierre négligées et bancales, le borgne demanda au caporal s'il s'était déjà rendu dans les souterrains. Il hocha la tête pour répondre par l'affirmative.

"Une ou deux fois, oui. Je ne suis pas allé bien loin dedans cela dit."

Une ou deux fois qui avaient suffit à faire comprendre à l'albinos que c'était la misère qui régnait là bas. Les gens étaient vêtus de haillons et regardaient avec méfiance les soldats passer lorsqu'il y avait des patrouilles et des contrôles. Les enfants couraient pieds nus dans des rues sales, peu salubres, éclairées artificiellement et tout le monde semblait se regarder en chiens de faïence. La seule impression qu'il restait de cet endroit à Joshka, c'était que la vie y était totalement absente, même si certains devaient rêver de liberté et de sentir les rayons de soleil sur leur peau. Peu avaient la chance de sortir de cet enfer malheureusement.

Heath lui expliqua ensuite les risques d'une mission dans cet endroit, qu'il n'était pas étonnant de se faire acculer pour se faire tabasser voir pire. Il était vrai que l'emblème de la Brigade n'était pas quelque chose de bien vu ici bas, puisque ça rimait avec la noblesse et les richesses de la surface, qu'ils étaient là au nom du roi qui les gardait enfermés sous terre pour empêcher une surpopulation au sein des murs. Normal que la rancoeur soit présente chez eux, sans compter le nombre de criminels qui devaient attendre leur heure au milieu de toute cette misère. Le capitaine ajouta ensuite qu'ils étaient là aujourd'hui pour arrêter des bandits qui narguaient les soldats. Ca c'était ce qu'on lui avait globalement dit le matin même lorsqu'on était venu le chercher. Joshka hocha de nouveau la tête.

"Bien reçu."

Il n'était pas très loquace l'albinos. En fait, il l'était rarement et avait un peu de mal à aller vers les autres, même s'il avait du répondant quand on l'emmerdait ou que quelque chose ne lui allait pas. Disons qu'il avait toujours préféré être seul, avec le moins de personnes possibles pour l'entourer, quelque chose qu'il avait probablement hérité de son enfance quand les autres gamins ne cessaient de se moquer de lui parce qu'il avait l'air plus féminin que sa propre soeur. Maintenant ce cap était passé depuis bien longtemps, et il distribuait des droites au premier qui osait faire ce genre de remarques. Mais malgré tout, il ne désirait pas avoir trop d'amis proches, surtout au sein des Brigades puisqu'on ne savait jamais réellement les intentions de certaines personnes. La plupart de ses contacts, qui sont une majeure partie des camarades de promotion, Joshka ne communiquait avec eux que par lettres parce qu'ils étaient membres de corps d'armée différents du sien.

L'albinos continua de suivre Heath jusqu'à ce qu'ils atteignent finalement les rues mal éclairées des souterrains. Restant silencieux, il observa avec étonnement son supérieur aller faire une distribution de victuailles aux pauvres âmes qui vivaient dans le coin. Il n'aurait pas pensé à vrai dire qu'il serait enclin à faire preuve d'autant de générosité. Mais comme toujours, il ne fallait pas se fier aux apparences, et voir ces personnes sans le sou trouver un peu de bonheur dans le peu qu'on venait leur offrir réchauffait le coeur étrangement. Il y avait peu de personnes pour le faire puisque la race humaine était assez égoïste de nature. Joshka lui aurait probablement fait comme Heath s'il connaissait un peu mieux les souterrains. Et peut être le ferait-il un jour pour de vrai.

Pendant l'heure qui suivit l'albinos suivit donc son supérieur qui faisait de la distribution de bien aux maisons environnantes. Parfois lorsque Joshka sentait des regards d'enfants posés sur lui, il leur souriait le plus aimablement possible bien que certains allaient immédiatement se cacher quand ils sentaient l'attention portée sur eux. La dernière personne, une petite fille, reçut le sac du capitaine en plus de ce qui restait à l'intérieur. Puis l'homme revint vers lui et lui expliqua à quel point c'était plus gratifiant de donner ici plutôt qu'aux riches, peu importe qu'on soit mal vu dans les deux cas. En fait, Joshka avait du mal à imaginer Heath être un quelconque connard comme il disait si bien, puisque lui aussi ne faisait que son boulot dans le coin.

"Je suis bien d'accord avec vous. Certains là-haut mériteraient de venir croupir ici, pas comme tout ces malheureux qui n'ont rien demandé à personne."

Il entreprit ensuite de suivre le borgne jusqu'à une maison abandonnée et poussiéreuse. Après avoir vérifié furtivement que personne ne les avait remarqués, Joshka ferma la porte derrière eux et alla déposer son fusil contre le mur, mais de façon à l'avoir à portée si les choses tournaient mal. Heath demanda ensuite s'il avait des questions. Il hocha la tête affirmativement et planta son regard azuré dans l'oeil unique de son interlocuteur.

"J'en ai quelques unes, effectivement."

A vrai dire dans sa tête les questions étaient bien nombreuses puisque son âme de stratège essayait déjà d'établir un plan d'attaque.

"On a une idée du nombres de personnes impliquées dans cette affaire? Et un périmètre précis à fouiller pour les trouver? Ou alors allons-nous devoir enquêter discrètement avant de passer à l'action pour être le plus efficace possible?"

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Mer 30 Aoû - 21:34
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Je suis plutôt satisfait que Joshka partage mon point de vue, et ça me fait sourire qu’il dise également que beaucoup à l’extérieur mériteraient de crever en bas, à la place de tous ces miséreux qui n’ont rien demandé. Je m’installe sur la chaise poussiéreuse et douteuse, à croire qu’elle ne supportera pas mon poids. Pourtant elle tient bon, même si elle fait un bruit épouvantable. A en faire grincer des dents. Il soutient mon regard alors qu’il me pose toutes ses questions. J’y réfléchis une à une avant de lui donner ma réponse.

« Ils sont à peu près une dizaine éparpillés dans tout le quartier Ouest. Donc c’est un périmètre assez large. Leur lieu de rencontre c’est un espèce d’entrepôt, mais à deux on ne risque pas de faire grand-chose, surtout s’ils sont en supériorité numérique. »

Je marque une pause avant de pivoter la tête vers la fenêtre crasseuse. Au moins personne ne pourra nous espionner tant la vitre est couverte de crasse. L’odeur qui va avec ferait fuir les morts. Pas étonnant qu’il n’y ait jamais personne ici, mais c’est le seul endroit à peu près sûr et sécuritaire pour moi ici. A chaque fois que je dois me rendre dans les souterrains, je viens dans cette maison et j’ai à peu près la paix.

« C’est seulement de la reconnaissance. On localise avec précision leur entrepôt et on revient avec des renforts. »

Je me lève pour prendre mon fusil et le poser contre le mur avant d’aller tout de même observer par la fenêtre. J’ai toujours cette sale impression qu’on nous observe malgré tout, car si de dehors on n’y voit pas grand-chose, l’inverse est complètement vrai également. Je pousse un soupir avant de me tourner vers Joshka.

« Ces salauds doivent être au courant de notre présence. Peut-être pas qu’on les recherche, mais au moins ils savent qu’on est là. Tout se sait ici en règle générale. Alors il va falloir être prudent. »

Un mouvement attire de nouveau mon attention. Un bruit. Une pierre qu’on lance. Un carreau qui se brise. Je me crispe. De la pure provocation. Est-ce qu’ils ont entendu, ceux qui ont fait ça ? Je commence à avoir des doutes, mais céder à cette provocation n’est pas le genre de la maison. Je me contente de sourire, avant de tourner les yeux vers Joshka. Un sourire où brille le sadisme. Ils veulent tester la Brigade, ils veulent confirmer le fait que tous les soldats sont des incompétents, des poltrons de bas étages… Malheureusement ils vont se tromper sur notre compte.

« Tire dans le tas Joshka. Vise les jambes. Les tuer serait bien trop aimable. Tous ceux qui te semblent suspect. »

Je réfléchis en fermant mon œil, et en passant ma main dessus pour réfléchir, essayant de me souvenir de certains détails. Je l’ai lu dans le rapport, c’est un détail pas mal important. Leur manière de s’habiller. La manière de les reconnaître surtout.

« Un bandana. »

Ma paupière se soulève et mon œil bleu se pose de nouveau sur le jeune albinos.

« Tu reconnaîtras ces types parce qu’ils portent des bandanas. Leur marque de fabrique. »

Je vais reprendre mon fusil pour vérifier qu’il est opérationnel, et surtout le charger pour qu’il soit prêt à tirer. Je ne compte pas montrer une certaine pitié à leur égard, sachant très bien qu’ils sont capables de créer des embuscades pour pouvoir nous faire la peau. Si jamais l’un de nous se fait attraper, cela deviendra bien plus délicat, et surtout très emmerdant pour la suite. Régulièrement, je tourne la tête vers le carreau cassé. Il n’y a personne. Je m’attends vraiment à tout instant de voir quelqu’un débarquer et foncer dans le tas à travers la fenêtre. Il n’en est rien, et quelque part c’est plutôt rassurant. Ca nous laisse le temps de peaufiner les détails avec Joshka.

« Tu as un plan ? »

Outre le fait que Joshka est un excellent soldat, connu pour son intransigeance principalement, je sais qu’il est plus stratège que le genre foncer dans le tas. Je me fie à son jugement, j’ai besoin de connaître son avis pour pouvoir s’organiser. Si l’on se rend à l’étage, ça laisse le loisir à nos opposants d’investir le rez-de-chaussée, ce que je ne veux pas. Tant pis pour la discrétion et l’effet de surprise, le tout est de localiser l’entrepôt et repartir pour que l’on puisse débarquer et démanteler ce groupe. On est clairement les dommages collatéraux avec Joshka pour le moment. Nous ne sommes que deux sur cette opération, les souterrains étant clairement le repaire des brigands, c’est difficile pour nous de rester discret et de passer inaperçu très longtemps. C’est déjà une bonne chose qu’on aie pu atteindre la maison sans accroc.

Même si un détail me chiffonne. Ils ont peut-être attendu pour nous montrer qu’ils sont là. Les fils de chiens. Ils sont bien plus intelligents qu’on peut le penser, ils pensent à tout ou presque. On doit être aussi prévoyant qu’eux, tout en tachant de rester imprévisible. C’est plutôt une mission délicate, où l’erreur doit être bannie dès le début. Une faute et tout tombe à l’eau. Une faute et c’est foutu pour nous.


« A ton avis, qu’est-ce qu’on fait si l’un de nous se fait attraper ? »

C’est vraiment la pire des éventualités, mais il faut tout passer en revue. Même si c’est vraiment la dernière chose que l’on veut, il faut le prévoir, pour savoir quoi faire. Bien qu’on sache tous les deux que le fossé est grand entre les propos et les agissements, voilà pourquoi il ne faut pas non plus tout prévoir de A à Z. Juste une ligne. Après on avise selon la situation. Ca reste beaucoup d’improvisation tout de même, surtout en territoire hostile.

Je manque de sursauter quand de nouveaux bruits se font entendre. Cette fois ce n’est pas un caillou mais bien plusieurs qui sont lancés sur la maison, sur les pauvres murs décrépis de l’extérieur. Je secoue la tête en tournant la tête vers le carreau brisé, pour voir des gamins. Un sourire ironique étire mes lèvres tandis que je prends mon fusil de manière à tirer, visant dans le trou de la fenêtre, pour tirer. Un unique coup. Les enfants crient, et se dispersent rapidement. Ils ont compris qu’ils n’ont pas à faire à des petits soldats du dimanche.


« Je pense que les hostilités sont lancées maintenant. »

Des gamins que les racailles payent pour nous mettre des bâtons dans les roues, pensant certainement qu’on ne touchera pas des gamins. Leur montrer qu’on est prêt à tirer dans le tas, gamin, femme, femme enceinte, fillette, ça n’a aucune importance, tout le monde est traité pareil. Ils vont comprendre ce que c’est, que de provoquer les mauvaises personnes de la Brigade.
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