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Le groupe du BATAILLON et des SHIFTERS sont fermés pour les OCs, merci de privilégier un autre groupe !
Encore beaucoup de personnages du manga libres !
Pleins de prédéfinis attendent d'être adoptés, n'hésitez pas. ♥
A partir de maintenant, tout personnage métisse se verra refusé pour garder une certaine logique avec la "rareté" de ces personnes, exactement comme les asiatiques. Merci de votre compréhension !

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Killing me softly || Erwin & Levi

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Levi Ackerman
Bataillon d'Exploration •• Caporal-Chef
Lun 10 Juil - 23:32
Killing me softlyWell, I remember
I remember, don't worry
How could I ever forget, it's the first time
the last time we ever met
But I know the reason why you keep your silence up
No, you don't fool me
This hurt doesn't show, but the pain still grows
No stranger to you or me
( In this Moment → In the Air Tonight )
Tu tournes en rond telle une bête sauvage dans ta chambre depuis quelques heures déjà. Faisant les cent pas inlassablement, tu réfléchis au moyen de tuer ce foutu soldat qui t’a mit dos au mur en ne te laissant pas vraiment le choix. Plusieurs fois tu t’es vu en train de le tuer lentement. L’égorger est le moyen le plus rapide pour le supprimer définitivement. Rapide, simple, efficace. Tenter de l’étouffer ne serait pas concluant, parce qu’il pourrait se défendre et t’envoyer bouler avant que tu n’arrives à lui prendre sa vie. C’en est devenu une obsession depuis qu’il t’a forcé la main pour rejoindre ce foutu Bataillon. Farlan et Isabel sont de sortie, tu n’as pas eu envie de les accompagner. Ils savent très bien ce que tu veux faire.

« Ne fais pas quelque chose que tu pourrais regretter. », t’as simplement dit Farlan.

Tch.

Tu tournes les yeux vers la fenêtre en silence, avant de finalement l’ouvrir. La nuit ne va pas tarder à tomber. Tu sais où sont les quartiers d’Erwin. Tu l’attaqueras cette nuit sans faute. Plus question d’hésiter maintenant. C’est ce que tu veux faire depuis le début. C’est ce que tu dois faire depuis le début. Le supprimer. Si ça ne fonctionnait pas cette fois, alors il y aurait cette première expédition pour l’éliminer. Si tu peux y arriver dès ce soir, ça t’épargnerait bien des soucis. Tu t’assis finalement sur le lit, ne parvenant pas à calmer ton impatience grandissante. Un homme vous a approché, tes amis et toi pour te demander un service en échange d’une récompense, prenant un de vos amis blessé comme garantie. Une fois dos au mur. Puis Erwin a débarqué et a également utilisé du chantage. Cette crevure mérite la mort. L’autre vieux riche de merde aussi, mérite de crever. Tu détestes le chantage. Tu détestes ces manières. Dans les deux cas, tu n’avais pas eu d’autre choix que de décider favorablement à ces deux « offres ». Contrarié, ça tu l’étais. Tu as peur pour Farlan et Isabel. Tu refuses qui leur arrive du mal, bien que tu saches pertinemment qu’ils ne risquent rien, qu’ils savent se défendre. Mais les souterrains et l’extérieur sont tellement différents l’un de l’autre qu’il faut se méfier pour un rien.

Tu relèves les yeux pour regarder la petite chambre que Farlan et toi occupez. Impeccable. Rien à redire. Dire que ce con de Falgon t’a pris pour un clochard habitué à la saleté… Lui aussi tu vas lui faire bouffer la poussière. Pire, tu l’aurais fait si Farlan ne s’était pas interposé à ce moment-là. Pour qui ils se prennent, tous ? Parce qu’ils sont de l’extérieur ça y est, ils doivent péter plus haut que leur cul ? Tu détestes profondément cette attitude. Tu t’assois finalement sur le lit du bas en poussant un long soupir. Cette attente est interminable. Tu es en train d’hésiter. Prendre le risque d’attendre la pleine nuit pour aller le tuer, ou alors l’attendre directement dans ses quartiers ? Réfléchis Levi. Quelle est la meilleure solution ? Quel est le meilleur avantage ? Quel est le meilleur moment ? Réfléchis Levi. Tu as déjà été confronté à des situations bien plus compliquées. Une décision. Une seule. Simple. Pas besoin de te prendre la tête longtemps. De ce que tu sais, Erwin est du genre à rester éveiller longtemps. C’est un homme stratégique. Pas besoin de le connaître parfaitement pour le deviner. Tu regardes régulièrement à l’extérieur, voyant la nuit prendre lentement – trop lentement – le dessus sur le jour. Puis tu te lèves avant de sortir de la chambre. Tu n’as pas mit ta veste, tu reste en chemise, les manches retroussées. Ton couteau est dans la poche arrière de ton pantalon.

L’espace d’un instant, tu redevins ce bandit qui pille et qui vole, qui doit rester discret pour atteindre sa cible. L’espace d’un instant, tu redevins ce gamin des souterrains, discret et débrouillard, qui a toujours réussi ses coups avec plus ou moins de difficultés, avec de l’aide ou non. Longeant les murs, prenant garde à ne croiser personne, tu te rendis aux quartiers d’Erwin aussi silencieux qu’une ombre. Tu t’arrêtes à chaque fois que tu entends du bruit, puis tu repars une fois que tu t’assure qu’il n’y a personne. Une fois arrivé à la porte, tu te figes, pour tendre l’oreille et vérifier si tu entends du bruit dans le bureau. Aucun bruit. Peut-être qu’Erwin est à l’intérieur, qu’il est simplement silencieux parce qu’il est seul. C’est plus le moment d’hésiter. Alors tu ouvres la porte, lentement, sans toquer, c’est loin d’être ton genre, toquer par politesse pour s’annoncer. T’en a rien à foutre. Tu passes finalement la moitié du corps entre la porte et l’intérieur de la pièce. Personne. Tu n’attends pas, tu entres et refermes la porte en silence. Si Farlan était là, il te dirait que tu es un imbécile. Très clairement.

« Ne fais pas quelque chose que tu pourrais regretter. »

Tu regrettes déjà tant de choses qu’un peu plus ou un peu moins, qu’est-ce que ça change ? Tu attaques un soldat, qu’est-ce qu’il peut te faire, excepté te faire accuser de traîtrise pour t’éliminer ? Il doit savoir depuis le début que tu ne vas pas obéir docilement, qu’il faut que tu tentes quelque chose. Un coup de poignard dans le dos. Est-ce qu’Erwin se douterait de quelque chose ? Même si tu le détestes, tu ne le prends pas pour un con. Tu sais qu’il en a dans la tête. Un peu trop même. Beaucoup trop. Il est loin d’être naïf. Alors peut-être que tu te trahirais ce soir, mais tu ne peux pas rester sans rien faire. Tu ne peux pas. Blesse avant d’être blessé. Tue avant d’être tué. Finalement tu allas te dissimuler derrière un meuble. Tu as la chance d’être petit et fin, ce qui est extrêmement pratique dans ces cas-là malgré les moqueries sur ta taille, alors pour te planquer entre le mur et le meuble, un jeu d’enfant. Bon, la poussière qui s’accumule à cet endroit par pure flemme de nettoyer dans les petits coins comme ça, c’est dégueulasse. Clairement. Tous tes sens sont en alerte. Tu ignores encore ce que tu lui diras si tu échoues. Bah. Tu verras bien à ce moment-là. Tu ne vas pas échouer. Le sang du blond recouvrira le sol. Ce n’est même pas une alternative, c’est ce qui se passera.

« Ne fais pas quelque chose que tu pourrais regretter. »


La ferme Farlan. Je sais ce que je fais.
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Erwin Smith
Bataillon d'Exploration •• Commandant
Jeu 13 Juil - 4:54
" />) center center; background-size:100%">'' They were all slaves to something. ”

Erwin marchait derrière Keith Shadis. Le commandant était furieux. Le trio avait fait des leurs et aux dernières nouvelles Flagon était hors de lui. Mettre les trois nouvelles recrues dans son équipe était pourtant apparu comme la meilleure solution.
Keith accéléra le pas quand ils tournèrent le couloir, déjà exaspéré par les interminables vociférations d’Erwin Smith. Cela faisait déjà trois heures qu’ils débattaient sur le même sujet et chaque seconde ajoutait à la fureur de Shadis l’impatience. Le blond avait réussi à rattraper son supérieur, c’était mis devant lui, de toute sa grandeur.
Ils étaient presque de la même taille même si le commandant dépassait de quelques centimètres le chef d’escouade.
S’il passait le bureau du chef d’escouade, il savait très bien que Keith en profiterait pour prendre congé : il fallait le retenir.
Erwin le dardait intensément, le dos droit, la tête fière ; il ne céderait pas devant la colère de Shadis, quoi qu’il advienne.
La tête du Bataillon tenta de rester stoïque malgré son sang qui bouillait.
Les yeux trop clairs confrontaient les iris dorées.

Si Shadis tenta de s’échapper à gauche, Erwin faisait un pas à gauche.
La droite était gardée également.
Et même si le commandant tenta de disperser son cadet, il se buta à la tête un peu trop dure d’Erwin qui refusa de bouger autrement que pour lui boucher le chemin.

« -  - Donnez-leur une chance!
- Erwin…
- Donnez-leur une chance!
- Ça suf…


S’il laissait Shadis parlé, il n’arriverait à rien.
Il était trop entêté pour admettre quoi que ce soit.
Erwin devait penser vite.

« - Keith. Donnez-leur un mois, peut-être deux. Flagon a ses défauts, mais c’est un excellent chef d’escouade, il pourra…
- Insubordination, manque de respect envers et ses supérieurs et tout le Bataillon.
- - Ils n’ont jamais eu à faire un entraînement militaire! Donnez-leur une chance… Magnolia a déjà commencé à faire d’excellents progrès! C’est une cavalière hors pair et Church est malin…
»

Pendant un instant, Erwin crut qu’il était allé trop loin. Keith était resté là, à le regarder, les sourcils froncés, l’agacement à sa limite.
Il plaça une main à l’arc de son nez, gratta le cartilage et avec un soupir d’exaspération et de frustration, il lâcha finalement :

«- Huit semaines avant la prochaine expédition.
- - Que… Quoi?
- Tu m’as bien compris. Huit semaines. Pas une de plus.
»

Erwin avait gagné.
Ses yeux s’illuminèrent, brillants, scintillants, comme celui d’un enfant qui vient d’acquérir une permission d’un parent trop sévère.
Il ne put retenir un large sourire de lui échapper avant de reprendre son sérieux et de saluer Keith Shadis comme il se le devait.

« T’es un emmerdeur, Smith.
- Je suppose que vous avez raison, Commandant.
»

Shadis eut presque envie de rire, mais selon l’expression sûre qu’il portait à cet instant, il se retint de justesse.
Rire de l’audace de Smith, c’était un peu trop d’honneur.
Il tapa affectueusement l’épaule du blond pour le mettre au repos avant que ce dernier ne se retire pour la nuit.
Erwin resta là à regarder Shadis déambuler dans le couloir pour rejoindre ses quartiers quelques étages plus haut.
Il s’apprêtait à en faire de même, s’avançant de quelques mètres de la porte de sa propre chambre jusqu’à ce qu’il arrête net…

Sir le sol, un papier traînait sur le sol… Le même papier qu’il insérait entre le gache et le pène dormant à chaque fois qu’il quittait ses appartements.
Il haussa un sourcil…
Il soupira.
Fort.
Quelqu’un était dans sa chambre… Ou quelqu’un y était entré… Pour quel motif?
Étonnamment, il croyait connaître la réponse : trop peu de gens entraient sans laisser de trace derrière eux dans cet endroit…
Cela devait arriver un jour ou l’autre… Simplement, il aurait préféré que ce soit en d’autres temps.
Il tourna la poignée sans attendre avant de pénétrer dans la petite pièce où seul la noirceur complète l’accueillit.
Minutieusement, Erwin referma la porte derrière lui, le dos contre le panneau de bois, les bras croisés, juste avant de s’éclaircir la voix :


« .Je ne suis jamais contre la compagnie, mais j’apprécierais que vous disposiez.»  


Il ne bougea pas.
Bloquant la seule issue possible à cette hauteur, il n’y avait pas de doute : celui qui était entré par infraction dans ses quartiers devrait repasser par-là.

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“Someone who cannot abandon everything
cannot achieve anything.”  
 
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Levi Ackerman
Bataillon d'Exploration •• Caporal-Chef
Jeu 13 Juil - 11:36
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( In this Moment → In the Air Tonight )
Tu entends des pas devant la porte.
Puis la porte qui s’ouvre.
Puis la voix d’Erwin qui retentit, qui semble sans surprise.
Et qui demande à la personne ici de se montrer.
Putain de merde.

Tu retiens un soupir en levant les yeux au ciel. Quel con, te dis-tu en cet instant. Qu’est-ce que tu as oublié pour te trahir aussi rapidement ? Néanmoins tu ne bouges pas. Tu as très bien pu rentrer, et sortir en suivant. C’est une chose tout à fait possible. Pourtant, Erwin ne semble pas bouger. Tu l’estimes à peu près au niveau de la porte. Alors tu restes dans ta cachette improvisée en silence. Ton regard se posa sur la fenêtre non loin de là. Erwin s’imagine certainement que la personne dans sa chambre va vouloir sortir par la porte, comme tout le monde en fait. Sauf que tu n’es pas tout le monde et que la porte n’est pas encore ton moyen de sortie préféré. Tu restes silencieux, sans bouger. Nul doute que l’autre con aussi, va rester immobile, en attendant que cette personne se montre. Se doute-t-il seulement que c’est toi ? La pièce est petite, il ne viendra pas te chercher, tu devras te montrer de ton propre chef. Autant quitter ta « cachette », aisément, pour faire face au blondinet, toujours à la porte, bloquant la sortie de sa masse proche de celle d’une armoire.

Tu ne te montres pas hostile, tu as les mains vide, ton couteau est toujours dans ta poche. Ton misérable petit couteau avec lequel tu as affronté Erwin la première fois et bien lui montrer que tu es clairement dangereux avec une toute petite arme blanche. Même une cuillère devient dangereux si c’est toi qui la manie. Alors tu sais qu’il sait que tu es sans doute armé. Que tu ne viens pas pour une simple visite de courtoisie. Sinon, pourquoi es-tu rentré par effraction ? Enfin par effraction. Tu n’as crocheté aucune serrure. Tu sais ce que c’est à force qu’une effraction et pour toi, actuellement, c’est une simple visite. Ou alors c’est ta mauvaise foi naturelle qui te fait penser ça, ce qui est possible également. Tu penches légèrement la tête en regardant Erwin.


« Comment t’as su aussi rapidement que quelqu’un est rentré ? »

Histoire que je refasse pas la même erreur la prochaine fois.

Tu te demandes même s’il va te répondre. Si tu l’as fait maintenant, une fois, qui dit que tu ne le referas pas plus tard ? Comment tu as pu louper ce détail, quel qu’il soit ? La précipitation sans doute. Alors Erwin est vraiment moins con que ce que tu pensais. Alors il lui serait facile de deviner pourquoi tu es là. C’est un adversaire que tu as affronté qu’une seule fois. C’est le seul qui t’a fait mettre à genoux. Cet affront ne restera pas impuni, c’est ta fierté qui a pris un sacré coup dans les dents. Trois choses te motivent. La première, qu’il t’aie mit à genoux une fois. La deuxième, parce qu’il a usé de chantage, tout comme l’autre enfoiré, pour te « recruter » sans te laisser le choix et par conséquent qu’il t’a mit le dos au mur. La troisième ? Parce que tu dois le tuer, tout simplement. Disons que les deux premières raisons motivent encore plus la troisième.

Y aura pas de prochaine fois.

Tu es bien confiant en tes capacités. Trop confiant peut-être. C’est ce qui te coûtera ta chance de tuer Erwin. Ta trop grande confiance en toi. Tu n’es plus dans les souterrains. Cet ennemi n’est pas le même. Plus puissant, plus intelligent. Même la milice fait pitié à côté de lui, et de l’autre blond qui t’a sauté dessus comme un fou. Alors tu te méfies clairement de lui. Après l’avoir regardé de haut en bas, tu juges qu’il n’est pas armé. Est-ce que c’est le style d’Erwin de se balader avec une arme blanche sur lui? Probablement pas, mais tu peux te tromper. Tu ne bouges pas, tu réfléchis. L’attaquer de front est une très mauvaise idée. Il répliquerait avec facilité sans doute. Sauf que tu n’as pas spécialement le choix ni le loisir de l’attaquer autre part que de front. Si tu agis assez rapidement pour le prendre en surprise ? Plus tu réfléchis et plus tu perds tes chances de le surprendre. Déjà que l’effet de surprise est mort, littéralement mort, il va falloir composer avec. Tu ne vas pas te démonter pour autant, c’est pas Erwin qui te fais peur. Ni les représailles. Ni quoique ce soit. Ta seule peur, c’est de perdre Farlan et Isabel. Ca c’est une chose que tu ne te pardonnerais jamais s’il leur arrivait quelque chose par ta faute. Tant pis. Erwin n’a pas prévu que tu te pointes ce soir-là. Il doit connaître tes intentions sûrement, parce qu’elles sont évidentes. T’allais pas faire une partie d’échec avec lui, c’est clair et net.

Tu ne fais pas l’erreur de tourner de nouveau les yeux vers la fenêtre. C’est ta porte de sortie. Erwin va comprendre rapidement, tu le sais. Tu as cette mauvaise impression que tu ne peux rien lui cacher. Qu’il va arriver à deviner tes intentions. A te rendre prévisible, alors que jamais tu l’as été. Imprévisible. C’est ce qui te caractérisait dans les souterrains. Pourquoi avec lui, tu as l’impression que tout ce que tu vas tenter, tu vas l’échouer ? Comme s’il avait un coup d’avance ? Cette dernière pensée acheva de te motiver, et tu t’élanças en avant pour foncer droit sur lui, dégainant ton cran d’arrêt pour porter un simple coup. Vers la gorge. Ton coup est propre, contrôlé, maîtrisé. Pas de mouvement gâché. Pas de mouvement futile qui retarderait l’échéance. Tu frappes. Simplement, sans t’embarrasser de paroles inutiles ou de beaux discours. Tu frappes avec l’espoir de le tuer d’un seul coup, en travers de la gorge. Pourtant, une petite voix au fond de toi te dis très clairement :


Je me suis loupé.
Finalement y aura une prochaine fois.
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Erwin Smith
Bataillon d'Exploration •• Commandant
Ven 14 Juil - 15:31
" />) center center; background-size:100%">'' They were all slaves to something. ”

L'ombre surgit de derrière sa commode.
La noirceur pouvait dissimuler bien des choses, mais la taille, certainement pas. La forme était masculine, droite et svelte. Sa hauteur ne dépassait pas le mètre soixante-dix. Erwin connaissait chaque meuble, chaque distance dans cette pièce : c'était son territoire. Depuis près de sept ans qu'il habitait l'endroit, il pouvait s'y diriger les yeux fermés, pouvait s'orienter en tout temps, en toute heure.
Les premières semaines avaient été dédiées à l'étude de ses quartiers. C'était une manie, une obsession.
Il ne savait pas exactement depuis quand chaque environnement était devenu un milieu hostile, mais il s'efforçait de les apprivoiser, de les faire siens afin d'éviter ce genre de situation.
D’inévitable situation, comme l’aurait dit Shadis. À force de jouer trop fort, on pouvait facilement perdre le contrôle. Prévoir sans prévoir, c’était la seule porte de sortie.
Il resta là, droit, indifférent devant la présence familière.
Il connaissait cette sensation. Sans pouvoir lui donner un nom, un terme, il était de plus en plus affirmatif : il connaissait l'identité de l'intrus.

La voix confirma ses doutes avec certitude : Levi.
Le papier était tombé à l'Extérieur; il en fût secrètement reconnaissant.
Pour une fois, Erwin sentit que la chance était de son bord.
Les motifs qui amenaient Levi dans sa chambre n'étaient pas flous pour le chef d'escouade.
Lobov avait été très transparent dans ses menaces, ce n'était qu'une question de temps avant qu'il envoie quelqu'un.
Un étrange sourire parfuma ses lèvres quand il se rappela à quel point il avait tout fait pour que Levi soit cette personne.
De la seconde où il avait fait sa première sortie dans les souterrains aux mille et une fois où il avait cherché à connaître l’identité de celui qui avait réussi à s’introduire dans les baraques de la Brigade pour y voler trois dispositifs tridimensionnels dans laisser la moindre trace.
C’était un mystère.
Levi.
Un nom de quatre lettres, sans nom de famille, sans prétention.
Les groupes des rues prononçaient son nom avec le dédain des faibles, ceux qui s’agenouillent pour survivre. C’était un respect forcé.
La peur inspirait le respect, mais avec Levi, c’était autre chose : c’était sa force qui faisait de lui un surhomme parmi les siens.
Personne ne restait indifférente et en collectant les informations une à une, Erwin avait réussi à situer approximativement les allées et venues du brigand.

Il avait ébruité le nom et l’effet avait été presque immédiat.
Moins de trois semaines plus tard après plusieurs mois d’observation et de conciliation, Lobov avait engagé trois personnes pour lui ramener sa tête : Levi était le plus remarquable des trois, une force de la nature aux traits complètement hors du commun, comme s’il venait d’un autre univers.
Farlan, un fin stratège s’il pouvait être mis entre de bonnes mains, intelligent, beau parleur.
Finalement, la dernière du trio : Isabel Magnolia, un feu d’artifice. La plus jeune de trois et en regardant dans les grands yeux turquoise toute la vie du monde, il n’avait pu que l’apprécier sur le coup.
Un trio dépareillé, le brun, la rousse et le châtain. Des orphelins, sans doute, des enfants de la rue, mais en les voyant survoler les souterrains, Erwin n’avait jamais vu des gens aussi libres.
Aussi beaux.
Aussi vrais.
Personne ne volait comme eux.
La curiosité était alors devenue admiration, faisait luire ses pupilles d’une étrange envie de pouvoir être comme eux.
Lobov avait dû leur offrir une somme importante pour qu’ils acceptent de se prêter au jeu.
Erwin pouvait leur offrir la surface, l’extérieur.
Quitter les souterrains pour aller à Sina, c’était se barricader une nouvelle fois.

Sans répondre, Erwin ne fit que maintenir sa position : il n’y avait pas de doute, Levi attaquerait.
Comment?
Par élimination, il avait convenu que Levi devait avoir une façon de combattre à lui propre. Sans entraînement, il avait dû apprendre par obligation : il irait pour les artères mortelles. Le cou était l’endroit le plus probable. C’était l’endroit qu’il avait visé la première fois où ils avaient croisé les fers, lui et sa lame, Erwin et son épée. Il était habile.
Un faux pas, un faux mouvement, et Levi aurait sa peau.
Le seul avantage qu’avait Erwin, c’était de connaître les mouvements de son adversaire.

Quand il sentit l’ombre se glisser rapidement vers lui, Erwin sut qu’il avait eu raison de prévoir le coup à la gorge.
Il attendit jusqu’à la dernière seconde pour attraper la main de Levi, coupant leurs paumes en simultané avant de le tirer vers lui pour mieux le maîtriser.
Un coup de genou dans l’estomac à l’approche, il suffisait d’affaiblir l’homme afin de contrôler ses prochains mouvements.
Couper le souffle de Levi voulait dire approximativement cinq secondes.
Il poussa le corps ralenti par le manque d’air avant de le mettre à genou, face contre la base du lit, son bras armé derrière le dos.
La main d’Erwin tenait toujours le couteau, le sang glissant le long de leurs poignets.
Ses deux jambes écartaient celles de Levi, lui rendant impossible de se relever avec les pieds qui creusaient derrière ses jonctions musculaires.
En coinçant Levi entre son corps et le lit, il avait eu la chance de mettre son bras libre en otage contre la paroi de bois.
S’il forçait un peu plus, il pourrait sans doute le lui briser… Mais ce n’était pas l’intention.
Il se pencha un peu plus pour intensifier la pression sur le corps de la recrue.

« Je n’ai aucune envie de te faire mal, Levi.
Lâche. »
Souffla-t-il à quelques centimètres de son cou : assez près pour se faire entendre, trop loin pour que Levi riposte d’un coup de tête.

Il avait été rapide.
Il savait Levi encore plus rapide.
Il ne pouvait qu’espérer que le plus petit des deux entendent raison.
Le tuer maintenant ne lui rapporterait, surtout s’il était repéré.
Erwin ne dirait rien.
Erwin ne disait jamais rien, même quand il savait trop.


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Levi Ackerman
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Ven 14 Juil - 23:49
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Tu t’en doutais, que ton coup allait foirer. A ce point ? Non, tu ne penses pas. Erwin a anticipé. Tu sens ton poignet dévier de son but premier. Un coup dans le ventre te coupe le souffle. Le coup n’est pas si fort que ça, mais il est bien placé. Tu sentis ta respiration se bloquer, ton corps se pencha en avant. Ton adversaire en profita. Tu te retrouvas à genou à peu près en même temps où tu recommenças à respirer normalement. Tu grinças des dents en tournant la tête vers Erwin. Ton bras avec ton cran d’arrêt est bloqué dans ton dos. Il a aussi bloqué ton autre bras. Il a réussi à t’immobiliser sans effort, ce qui t’énerve. Pas un peu, malheureux, mais énormément. Si tu forces, tu risques de te faire mal. Vraiment mal, et c’est certainement pas le moment de t’handicaper stupidement.

Sa voix. Tu ne la supportes pas. L’entendre aussi près t’agace. Tes mâchoires se crispent quand tu entends ses quelques mots, son souffle sur ton cou. « Ecrase », c’est clairement ce qu’il te demande. Soi-disant il ne veut pas te faire de mal. Tu le fixes du coin de l’oeil. Il est trop loin pour que tu tentes quelque chose. Il a anticipé un éventuel coup de tête. Vraiment pas con. Quelle solution s’offre à toi actuellement ? Tu ne peux pas te relever, Erwin te bloque les jambes et les bras, il maintient une certaine pression pour te dissuader de riposter, de lâcher l’affaire. L’affaire, t’allait pas la lâcher. Certainement pas. Plutôt crever que de t’écraser devant ce type. Ce type qui te met à genou pour la deuxième fois.

Premièrement, te calmer. Ca ne sert à rien de t‘énerver autant. Alors tu lâches un long soupir, un long souffle pour calmer ta respiration qui s’est emballée par la colère, mais également ton coeur qui bat bien trop vite à ton goût. La colère, la haine, l’envie de le tuer, tout ça augmente ton adrénaline, mais dans la position où tu es, tu risques seulement de te faire casser tes deux bras, ce qui n’est pas très malin. Tu es plus malin que ça. Tu es intelligent Levi. Tu peux l’avoir. Tu le sais. Ce que tu ne sais pas, c’est comment agit ce type. C’est ça le problème. C’est ça qui t’emmerde surtout. Tes doigts restent crispés. Ton côté indomptable de merdeux des souterrains te dit de massacrer ce type dès qu’il t’aura lâché. Mais le côté rationnel te dit de te calmer. De continuer à inspirer et expirer doucement, lentement. Tu fermes finalement les yeux en posant ton front contre la base du lit. Ton sang bouillonne dans tes veines. Tu décides de prendre ton mal en patience.


« Tch. »

Lentement, tu relâches la pression sur le couteau pour le lâcher, la lame ayant entaillé ta main comme la sienne, tu as vu comment il a saisi ton poignet au risque de se couper. Tu relâches également tous tes muscles, n’opposant plus aucune résistance au soldat. Ta fierté a pris un sacré coup dans les gencives. Dans les souterrains, tu es connu pour être impitoyable. Tu ne laisses aucune chance à ceux qui t’ont provoqué. Alors pourquoi ? C’est ici et maintenant que tu prends conscience que tout ce que Kenny t’a appris ne te sera pas efficace, surtout si tous ces types ont reçu un entraînement adapté pour devenir soldat. Toi tu t’es exercé dans les souterrains, tu n’as reçu qu’une base qui t’a énormément aidé. Après c’est ton instinct de survie qui tournait à plein régime. Tuer ou être tué. Tu as choisi de tuer. Tu as choisi de te battre. Renoncer ne fait pas parti de ton vocabulaire.

Tout va de travers depuis que ce connard de Lobov vous a approché la première fois. Sans lui, tes amis et toi serez toujours dans les souterrains. Sans lui, tu n’aurais sans doute jamais vu le ciel. Tout s’est rapidement enchaîné depuis sa proposition. Est-ce qu’Erwin est au courant ? T’en sais rien. Tu ne sais rien de lui, tu ne sais rien de tout ce qu’il peut savoir. Ca te frustre. Il doit certainement savoir des choses sur toi, mais toi tu ignores tout de lui. Tu ne sais rien, Levi. Tu n’as pas bougé, tu mets ta frustration et ta colère de côté. Tu te contentes de tourner la tête pour le regarder du coin de l’oeil. Si seulement tu pouvais lui crever les yeux. Tu ne bouges pas, tes muscles sont détendus, tu ne lui opposes plus de résistance. Tu as lâché ton couteau, mais tu as appris à faire de n’importe quoi une arme, aussi ridicule soit l’objet. Tu le fixes, tes yeux brillants d’un éclat mauvais. Un éclat qui signifie clairement : Si seulement je pouvais te tuer.


« Quoiqu’il arrive ce soir, laisse Isabel et Farlan en dehors de ça, connard. C’est entre toi et moi. »

Eux aussi, auraient désapprouvé ce que tu as fait. Tu entends encore Farlan te dire : Fait pas le con. Il devrait savoir à force que tu fais pas ce qu’on te dit. Que tu fais carrément l’opposé. C’est un concept chez toi, emmerder le peuple et faire le contraire de ce qu’on te dit. Insulter les gens aussi c’est un concept. Enfin, tu t’en branles pas mal de ce que les autres pensent de toi. Un petit merdeux, un déchet, un parasite, n’importe quoi. Oui, et alors ? Ca t’empêchera pas de dormir. Si t’es là, c’est à cause dudit connard. Donc autant s’en prendre à lui. Tu sais très bien que ta présence n’est pas souhaitée, tu sais très bien que tous vous voient, Farlan, Isabel et toi, d’un mauvais œil. Qu’ils désapprouvent cette décision. Bah. Et alors ? Tu secoues légèrement la tête. Toi tout ce qui t’importe, c’est qu’Isabel et Farlan ne soient pas impliqués à cause de tes conneries. Tu ignores comment tu réagiras si c’est le cas, tu chercherais sans doute à limiter la casse, mais surtout à les protéger, quitte à s’enfuir de cet endroit de merde.

« C’est bon, lâche-moi, j’ai compris. »

Les mots me manquent pour te dire à quel point j'ai envie de t'arracher les yeux, Smith.

S’il y a bien une chose que tu détestes, c’est bien te retrouver en position d’infériorité, comme actuellement. Il n’y a pas qu’avec un couteau que tu es bon, mais cette fois tu userais de ta vitesse. Au corps à corps tu n’es pas trop mauvais. Vu le gabarit d’Erwin, tu as toute tes chances. Viser des points qu’il ne pourra pas anticiper. Viser là où ça fait mal. En attendant, tu ne montres aucune signe d’hostilité… Du moins physiquement. Verbalement, c’est différent. Ta voix est calme. Trop calme. Pourtant elle suinte d’agressivité. Et le « connard » resplendissant que tu lui as lâché un peu plus tôt confirme bien ton aversion pour cet homme. Tu te demandes même s’il va vraiment te lâcher, ou trouver un moyen de te priver de tes mouvements. Tu te demandes s’il ne va pas envoyer un message à ses supérieurs pour faire arrêter tes amis, histoire de te donner une bonne leçon, histoire de te dissuader de recommencer. Même si quelque part, tu en doutes. Tu ne sais pas pourquoi d’ailleurs. Un sentiment comme ça, sans doute.
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Erwin Smith
Bataillon d'Exploration •• Commandant
Mer 19 Juil - 2:36
" />) center center; background-size:100%">'' They were all slaves to something. ”

Tch.
Le bruit était typique de Levi.
Il était agacé, frustré, humilié.
Et Erwin ne pouvait que ressentir une ombre d’empathie pour sa position.
La lame tomba sur le sol au ramollissement des membres de son otage.
Les quelques décombres de sang entre leurs peaux s’éparpillèrent sur leurs pantalons et les lattes du plancher.
Leurs souffles étaient rapides.
Soutenus par l’orgueil de ne pas lâcher le premier.
Cette sensation désagréable que le moindre mouvement pourrait être fatal.
Levi était peut-être désarmé, mais il n’avait pas baissé sa garde.
Son relâchement était calculé., concentré sur l’espoir qu’Erwin repose la pression sur ses jambes ou son dos par mégarde ou négligence.
Il pourrait se libérer facilement dans le cas échéant.
Le Chef d’Escouade resta dans sa position initiale.
Il gardait son corps le plus détendu possible afin de pouvoir réagir à tout retournement.
Si Levi ne jouait pas dans les règles de l’Art, il ne le ferait pas non plus. Ce serait un combat perdu d’avance. Il suffirait d’un geste plus rapide, plus précis…
Il ne se faisait pas d’illusion sur ses compétences : il était un excellent soldat au corps à corps, mais son adversaire pouvait facilement le surpasser. Il était petit, agile, rapide, et même si l’agilité était la force première du combat du blond, Levi pourrait le couper de court avec sa vitesse…
Et qui sait?
Rien ne lui certifiait qu’il n’avait aucune autre arme sur lui.
Le fouiller, c’était risquer de le voir s’échapper.
Bouger, c’était devenir la proie de l’autre.
Sous sa paume plaquée contre le poignet de Levi, il devinait un battement de cœur qui imitait le sien : Rapide, fort. Parfois, il en venait à ne plus différencier lequel des deux lui appartenait.


Levi brisa le silence le premier.
Isabel. Farlan.
Erwin avait anticipé la requête… Comme il anticipait que Levi n’était pas venu d’un commun accord avec les deux autres.
Ils étaient arrivés à trois… Ils veillaient les uns sur les autres.
Laisser Levi venir seul ici, ce soir, c’était de la folie.
Il avait étudié leur dynamique, la façon qu’ils avaient de parler, de bouger, d’interagir entre eux ; ils était une famille.
Dans les souterrains, ils n’avaient rien d’autres.
C’était eux contre le monde.
Alors quand Erwin avait maîtrisé Levi, il s’était attendu à une intervention de Magnolia et Church..
Mais ce fût l’absence qui le surprit le plus.
L’induction s’était fait naturellement après être venu à la conclusion que s’ils n’étaient pas là, c’était qu’ils n’en savaient rien.
Personne n’avait dû le traiter Levi de la sorte dans les souterrains.
En-bas, il avait du respect, en-haut, il n’était rien.
Dans la position où il était, incapable de bouger ou de se défendre, il n’était pas tout à fait en état de plaider sa cause.
Il était entré dans sa chambre, avait tenté de l’assassiner… En vérité, Erwin pouvait faire ce qu’il voulait à présent.
Levi pourrait paraître devant la cour martiale, se faire exécuter ou emprisonner au mieux pour avoir attaqué une force de l’ordre… Mais mort ou derrière les barreaux, il ne lui était d’aucune utilité.
Il avait besoin de Levi sur le terrain.

Encore une fois, si Lobov avait été capable de conclure un marché avec de fausses promesses et une mielleuse somme, Erwin préférait utiliser une méthode plus drastique, plus franche.
Il n’allait certainement pas hésiter à en user à nouveau si l’opportunité se présentait.
Ce n’était pas une question de savoir si c’était la bonne ou la mauvaise solution : c’était la seule pour que Levi collabore.
Du moins, la seule qui semblait marcher avec lui jusque-là.
Le plus petit des deux tenta une nouvelle fois de se libérer de façon plus passive qu’agressive… Bien que l’un n’allait jamais sans l’autre avec Levi.
Des mots. Un pseudo-repenti que le corps entier de l’autre rejetait.
Ce n’était pas qu’il aimait spécialement cette situation, mais Erwin devait trouver un moyen pour que Levi finisse par l’écouter.
C’était le seul objectif de la mission.
Alors il prit son plus fin sourire, l’étala à longueur de lèvres et, avec le même ton qu’il avait employé le jour de leur recrutement, Erwin prit tout son temps pour expliquer la situation à son interlocuteur, sans le relâcher, ni l’emprisonner davantage.

« Le mieux serait que nous oubliions tous les deux ce qui s’est passé de soir. »

Et en reculant de quelques pas, Erwin lui rendit sa liberté.
Le terme « connard » pouvait très bien lui aller, lui et ses cheveux encore impeccable, ses yeux trop bleus, son uniforme immaculé.
Erwin avait beau être dans la pire situation qui soit, il restait de cette attitude digne et écoeurante, cette façade imperturbable de l’image qu’il forgeait depuis près de deux décennies.
Il devait être en contrôle. Même maintenant.
Il se tenait là, les mains derrière son dos, complètement à la merci de son adversaire, le dardant de haut, peu importe la position de ce dernier.
Erwin était une statue, un monument, une détestable icône qui reflétait un peu trop bien ce qu’on avait bien voulu faire de lui.

« Regardons plutôt cette situation comme un malentendu.
Je suppose que le terme serait approprié… »


Un ton suave, calme.
Presque désintéressé de son propre discours.
Le chef d’escouade prit une grande inspiration, puis, tour à tour, regarda les seules issues de la pièce.
Le mieux, c’était de lui laisser la chance de partir…
Une fois.
Juste une fois.

« La fenêtre ou la porte. »

Peu importe ce qui adviendrait d’Erwin Smith.
S’il mourait ce soir, le Bataillon trouverait Levi.
Mais avant, ils traqueraient ce qui lui était le plus cher : Isabel Magnolia, Farlan Church.
Il semblait parfois oublier que s’ils n’étaient pas considérés comme des otages, ils pouvaient être traités comme tels.
Jusqu’à preuve du contraire, ils seraient épargnés.
Et pour la cause, Erwin rajouta, stoïque et entendu :


« Ils doivent être déjà sur le point de rentrer… Tu devrais les rejoindre. »

Il savait que l’opération de Levi était le produit d’un seul homme.
Pas plus.


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Levi Ackerman
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Jeu 20 Juil - 0:49
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Il n’a pas bougé. Tu crispes les mâchoires, te demandant s’il va te lâcher à un moment ou à un autre. La patience n’est pas ton fort. Tu as coupé des doigts pour bien moins que ça. Tu sens que ton coeur est prêt à s’échapper de ta poitrine à tout moment tant la colère est grande au fond de toi. Pourtant, tu te forces à rester le plus calme, le plus détendu à l’extérieur… Le plus « vulnérable ». Tu sais qu’Erwin ne te fais pas confiance. Que tu es prêt à lui sauter à la gorge une nouvelle fois. Tu préfères attendre, garder le silence, garder les yeux clos. Attendre ce qu’il s’apprête à te dire. Tu comptes les secondes dans ta tête. Ca t’aide à penser à autre chose. Il ne te lâche toujours pas. Tu as toujours les yeux fermés. Puis sa voix retentit, de nouveau. Sa voix qui te crispe tant elle t’horripile.

Oublier ce qu’il s’est passé ce soir.

Cette manière de parler. Tu as juste envie de lui coller tes quatorze phalanges de ta main droite dans les gencives. C’est exactement la même quand il t’a mit dos au mur, qu’il t’a forcé à accepter avec du chantage. Tu entends son sourire dans sa voix. Puis tu sens la pression se relâcher. Il s’est écarté. Il a reculé. Tu rouvres les yeux en restant quelques secondes comme ça, sans bouger, avant de te redresser lentement et tourner les yeux vers lui. La haine peut aisément se lire dans tes yeux. La haine contre ces connards de l’extérieur.

En bas, tu rêvais d’aller à la surface. Maintenant que tu y es, tu te rends compte que c’est un gigantesque traquenard et qu’il n’y a que la menace, le chantage qui fonctionne. En bas, on s’en branle des paroles. On agit. Pas de chantage, où tu te fais défoncer par tout un groupe. Pas de chantage, sinon tu n’es pas certain de rentrer chez toi vivant. Faire gaffe à qui on parle. Ne faire confiance à personne, seulement à une poignée de personnes, et encore. Les personnes de confiance à tes yeux se résument à Farlan et Isabel. C’est tout. Pas un de plus, pas un de moins. Voilà pourquoi tu ne veux pas les impliquer dans cette histoire. Tu te tournes lentement vers lui pour le fixer.


Un malentendu.
Le terme approprié.


Tu aurais ri jaune, si tu savais rire, même en te forçant. Au lieu de ça, tu te contentes de rester à la même place, sans bouger. Ton esprit travaille. Tu sais ce que tu vas faire. Tu ne prends pas son invitation à partir. La fenêtre ou la porte ? Le choix est vite fait. Pourtant, tu restes là, silencieux, immobile, campé sur tes jambes, le visage fermé. L’avantage, il est difficile de savoir ce que tu penses réellement. Si tu vas capituler, et t’en aller gentiment sans faire d’histoire, ou si tu vas rester, pour retenter ta chance. On t’a appris à ne pas te laisser faire. On t’a enseigné toutes les bases. C’est à toi de t’en servir. Sers-toi de ta tête.

Tu tiques à la dernière phrase d’Erwin. Ou veut-il en venir ? Tu sens comme une menace derrière. Tu sens qu’il pourrait leur arriver quelque chose si tu ne laisses pas Erwin ici et maintenant. Un homme censé et réfléchi serait parti. Sauf que tu n’es pas cet homme censé et réfléchi. Tu es un homme menacé à chaque seconde, un seul faut pas et tu peux te faire emprisonner. Tu peux te faire tuer. Tes amis avec. Tu penches alors la tête en braquant ton regard dans le sien. Tu n’es pas celui qui baissera les yeux. Erwin non plus, n’est pas de ce genre-là. Ni lui, ni toi ne cédera face à l’autre.


« J’ai presque cru que tu t’inquiétais pour moi. »

Tu n’as toujours pas bougé. Tes bras tombent de chaque côté de ton corps, tes doigts sont relâchés. Aucun signe évident que tu te crispes. Tu sembles détendu. Tu sembles prêt pour attaquer. Tu vas montrer à Erwin ce qu’il en coûte, de te menacer. Tu vas montrer à Erwin que t’en as bien plus dans les tripes que n’importe qui à la surface. Tu vas montrer à Erwin qu’il vaut mieux pas te prendre pour un con.

« Tu te crois supérieur parce que t’as le pouvoir de nous faire arrêter si on dérape ? Tu te crois supérieur parce que t’as usé du chantage pour que je rejoigne ton Bataillon de merde ? »

Lentement, tu te penches pour reprendre ton cran d’arrêt, encore plein de sang. Autant le sien que le tien. Alors tu l’essuies, avec un air de dégoût. Finalement tu poses les yeux sur Erwin, avant de lancer d’un geste violent et précis ta lame. Sans perdre une seule seconde, tu t’élances sur lui. Il va dévier le couteau, pas toi. Le couteau fera plus de dégâts que toi. Tu en profites pour lui rentrer dedans comme un bélier pour le faire chuter en arrière, sur le dos. Tu lui donnes un brusque coup de poing dans la cage thoracique avant d’appuyer fermement, presque douloureusement ton genou dessus, t’appuyant de tout ton poids pour lui faire mal. Erwin n’a pas eu envie de te blesser, tu ne t’embarrasseras pas de ces états d’âme. Tu dois le tuer. Même si ce n’est pas maintenant, tu lui prouves qu’il ne doit pas te sous-estimer.

Penché vers lui, tu lui bloques les bras sur le plancher avec force. Ton autre jambe te sert simplement d’appui, toujours sur le plancher, pour bien basculer ton poids sur la cage thoracique du blond. Ses jambes restent libres, tu les surveilles du coin de l’oeil. Tu n’es pas assez grand pour bloquer tous ses mouvements. Tu l’es bien assez pour lui coller ton genou dans le torse et t’y maintenir sans effort. Il arrivera sans doute à se dégager, mais tu veux lui faire ressentir ce que ça fait, de s’en prendre à un Ackerman. Que t’es désavantagé, mais que tu ne céderas jamais face à quelqu’un d’autre.


« Si tu veux que je parte, dans ce cas tu vas devoir m’y forcer. »

Tes yeux clairs lancent clairement des éclairs. La haine brille dans ton regard. Ton coeur bat encore trop vite. Il te fait mal, à tambouriner de la sorte. Tu n’arrives pas à te calmer. Tu ne supportes pas le chantage. Tu ne supportes pas la manière dont les autres soldats te regardent, regardent tes amis. Tu ne supportes pas cette vision de l’extérieur.

C’est pour ça, que tu t’es autant battu ? C’est pour ça que tu as pillé, volé, jusqu’à tuer pour survivre ? Pour être prisonnier ? Encore plus que si tu étais encore dans les souterrains ? Tout ça te donne envie de vomir. Tu te fais du mal à penser à tout ça. Ca ne te déconcentre pas pour autant de ton objectif initial, à savoir tuer le blond. Tu ne bouges pas, tu attends ce qu’il va faire.


« Qu’est-ce que tu vas me servir comme menace ou chantage, cette fois ? »

Tu t’attends clairement à l’un, ou à l’autre. Comme il s’y attend, tu ne vas sûrement pas le tuer ce soir. Tu n’y arriveras pas, et tu en es pleinement conscient. A part l’étrangler, tu manques un peu d’imagination, et ton cran d’arrêt est trop loin maintenant pour que tu le récupères et que tu lui tranches la gorge. Même en étant rapide, c’est lui qui s’échappera de ton emprise. Tu ne lui laisseras pas cette occasion, tu ne lui faciliteras pas la tâche.
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Erwin Smith
Bataillon d'Exploration •• Commandant
Hier à 18:09
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Un œil pour un œil.
Levi avait été forgé par la rengaine.
Il était né dans un monde où la seule échappatoire, c’était de faire payer les autres pour sa propre douleur. Établir un respect pour devenir intouchable, pour se sentir en possession de ses moyens et ceux des autres.
Lorsqu’on ne possède rien, la fierté est ce qu’on peut encore défendre.
Sa fierté, sa parole, sa personne… Et encore. Les souterrains n’étaient pas reconnus pour sa clémence : ils prenaient tout ce que l’homme avait à offrir.
Un corps devenait alors une source de survivance.
Soit en le couchant sous terre ou sur un matelas ; c’était le résultat qui importait.
Les dépouiller de tout, de leur famille, de leurs biens, de leurs besoins, de leurs désirs.
Mais la fierté, personne ne pouvait la leur enlever.
Quitte à se faire jeter à genoux, se faire entraîner à la surface, se faire dresser comme une animal…
À endurer tout ça pour quoi, au final? Une surface qui ne ressemblait sans doute à rien de ce qu’il avait pu imaginer, connaître et comprendre jusqu’alors…
Erwin ne pouvait pas deviner les motifs réels qui l’avaient conduit à accepter le marché de Lobov… L’avait-il seulement accepté pour lui?
Le jeu en valait-il la chandelle?
Levi n’obtiendrait jamais une vengeance satisfaisante dans un monde comme le leur.

Erwin resta immobile lorsqu’il vit Levi se relever et lui faire volte-face.
La haine devait porter son nom.
Ses traits, d’aussi impassibles puissent-ils être, n’étaient qu’un témoignage violent de toute la fureur que son corps tentait de contenir.
Une guerre froide… C’était ce qu’il y avait entre eux.
Le brun faisait sans doute des efforts colossaux pour être invisible à sa colère, mais pour Erwin, il n’y avait aucune colère aussi dangereuse que la colère blanche.
Celle qui n’est palpable que dans l’air, sans trace physique.
Levi se pencha. Se releva. Le cran d’arrêt.
Erwin a sans doute fait une erreur en laissant l’arme à sa portée… Et pourtant, il n’en est aucunement déstabilisé.
Il est calme, presque indifférent. Dans quelques secondes, Levi va se jeter sur lui.
Il le sait. Ce ne pouvait qu’être une éventualité.
Son corps mima la posture de son adversaire par réflexe, mais déjà, avant même qu’il n’est plus prévoir plus loin, Levi s’engagea.

Il vit le couteau en premier.
Se tassa à droite.
Les pupilles hagardes lorsqu’il sentit la lame écorchée une partie de sa mâchoire.
Puis l’arme retomber au sol.
Le bruit étourdissant des pas sur le plancher.
Il tenta de se repositionner.
De se remettre en garde.
Erwin n’eut le temps que regarder son propre corps se faire écraser par l’assaut.
Le poing s’abattait fermement un peu trop bas.
Le plexus solaire.
Le souffle coupé.
Un haut-le-cœur sous la pression.
L’œsophage bloqué.
La vue brouillée.
Étendu sur le dos, il ne fit que sentir Levi s’appuyer sur lui davantage.
Remontant ses bras de chaque côté de sa tête.
Son sternum craqua sous l’impact.
Respirer.
Il devait respirer.

Ses yeux cherchaient ceux de Levi. Il toussa plusieurs fois. Une toux creuse, douloureuse qui le crispa malgré lui, augmentant la douleur concentrée sur le milieu de son corps. Ses jambes étaient peut-être libre, mais il était trop sonné pour se débattre. Cette force. C’était la première fois qu’Erwin la remarquait. Il tentait de garder la tête froide, les idées claires. S’il perd le contrôle de la situation, il sera sans doute mort dans la prochaine heure.
Ses poumons râlaient à chaque inspiration : il n’avait rien de brisé, mais le mal n’en était pas moindre.
Il tentait de garder le focus.
Levi. Il devait écouter Levi…
Se concentrer sur sa voix.
Suivre son souffle.
S’il réussissait à se stabiliser, il pourrait s’en sortir.
Jusque-là, il devait gagner du temps.

« R… Ri…. Rien… Du tout. » Tenta-t-il de prononcer sous le choc.

Menace, chantage…
Des mots qui sonnaient si durs sur une bouche si fine.
Il ne savait pas exactement pourquoi cette pensée traversa son esprit.
Couché sur le dos, comme ça, étrangement… Il se serait plus inconfortable dans la proximité meurtrière de Levi.
La noirceur ne lui permettait que voir des traits sommaires qu’il tentait vainement de se figurer dans sa tête.
Pense, Erwin, pense…
À n’importe quoi, mais pense.
Ce fût à son tour de ramollir son corps, de se détendre.
Dans sa position, il ne pouvait pas se montrer résistant.
Ça ne ferait que mettre Levi davantage hors de lui.
Ce n’était d’ailleurs qu’une question de temps avant qu’il ne reçoive un autre coup si jamais il ne répondait pas exactement ce que l’autre voulait entendre.

Erwin avala sa salive.
Fonça les sourcils en tentant de relever la tête près de celle de Levi.
Presque front à front.
Dans les ombres, il ressemblait presque à corbeau perché sur sa proie.
Les mèches sombres obscurcissant ses yeux gris, des yeux d’orage.

« Je n’ai rien à servir. » Répéta-t-il dans une demie-voix.

Son souffle redevenait régulier.
Ses épaules le tiraient.
Son cou le faisait souffrir.
Son thorax menaçait de rompre sous le genou du brun…
Sa bouche était si sèche qu’il était incapable d’avaler proprement.
Mais il devait continuer de parler.
Parler, c’était distraire Levi.
Parler, c’était le convaincre.

« Rien du tout… » Dit-il une nouvelle fois avant de continuer d’un ton presque chaleureux, trop doux pour la situation : « Tout le monde ici se bat pour une raison… Tu n’es pas différent des autres. Church, Magnolia non plus. »
Erwin laissa sa tête retomber sur les lattes du plancher. Paisible.
C’était un étrange sentiment que de se rendre de la sorte.
Il avait dit à Levi qu’il ne lui ferait pas de mal.
Il tiendrait sa promesse…
Jusqu’à preuve du contraire, c’était seulement ses mots contre les siens.

« Tu as fait un choix… Que ce soit ce que tu avais escompté ou non. La Brigade aurait fini par te trouver un jour ou l’autre. » Il respira un peu trop fort, sifflant sous la douleur. Il ferma les yeux avant de continuer : « Tu peux soit me tuer ce soir, soit me laisser vivre. Je ne t’implorerai pas… Mais laisse-moi te dire ce qui se passera dans un cas ou dans l’autre. »

Il sentait ses poumons tremblés sous le poids et l’effort.
Inspirer, expirer.

« Sans doute serais-je trouvé au matin. Par Keith Shadis, peut-être… Ou Mike Zachrias… Et sans même que tu aies eu le temps de faire quoi que ce soit, tu seras le premier suspect. Ce n’est un secret pour personne que tu préfèrerais me voir au bout d’une corde plus que quiconque… Dans ce cas-ci, la Brigade et le Bataillon se mettront à tes trousses, mais pas seulement toi : Farlan et Isabel également. Vous serez considérés comme complices. Les gens d’en-haut se moquent bien des gens des souterrains… Et vous finirez en cellule si vous avez de la chance… Mais la Brigade ne laissera pas tes crimes impunis… Ni ceux des gens à qui tu tiens le plus. Ce qui nous amène à la toute première proposition que je t’ai faite : trahir l’armée est punissable sévèrement. Je doute que les licornes vous traitent pour le mieux… »

Et lentement, Erwin rouvrit ses yeux.
Ses paupières se rabaissaient de temps en temps avec lenteur.
Il était trop calme pour ce genre de situation.
Trop profondément confortable.

« Tu as accepté de joindre le Bataillon, que tu le veuilles ou non… Je ne peux rien te promettre, rien de garantir… Mais je peux t’offrir l’extérieur…Sans Mur. Il tourna doucement ses poignets, cherchant désespérément à sentir à nouveau le bout ses doigts qui refroidissaient à force de manquer de sang : As-tu déjà entendu des déserts de glace? Des forêts plus denses et immenses que tous les Murs ressemblés? Des aurores boréales? Des océans salés… »

Il aurait pu se dégager, maintenant.
Mais il n’en fit rien.
Il avait repris ses esprits, repris ses moyens… Mais Erwin continuait de darder Levi, sans réserve.
Il y avait une lueur de tristesse dans ses iris azurés.
Et il prononça la phrase qu’il n’avait jamais admis à quiconque, malgré ses beaux discours :

« La liberté a un prix, Levi. Même s’ils veulent nous faire croire que le contraire. »

Tout avait toujours eu un prix.
Et personne ne pouvait comprendre cette logique autant qu’un rescapé des bas-fonds.
Vivre ou mourir.
Rester ou partir.
C’était Levi qui déciderait.



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Ce qui te frustre le plus, c’est qu’Erwin semble te connaître bien plus que toi tu ne le connais. Avant de le rencontrer, tu n’aurais jamais pu deviner son nom – cela dit tu t’en fous – ou même savoir qu’il existe. Pourtant, lors de votre rencontre, il t’a demandé ton nom, malgré le fait qu’il sache pour tous ces crimes que tu as pu commettre. Du simple vol à des règlements de comptes. C’est ça qui te frustre le plus. Il sait des choses sur toi, à croire qu’il te connaît mieux que toi-même. Tu peux déceler un peu la manière de penser de ce type en le regardant. Sans plus.

Personne dans les souterrains n’a de lien avec l’extérieur, sauf ceux qui se baladent librement. Les pouilleux comme toi n’ont que faire de l’existence de toutes ces sortes de gens à la surface. Il n’y a que ça que tu regrettes. Tu sais très bien que savoir est une forme de pouvoir. Quand tu sais quelque chose, ça te place au-dessus d’autres personnes. Tu sais te servir d’un équipement tridimensionnel à la perfection alors que tu as appris par toi-même. Donc tu es supérieur à tous ceux qui ne savent pas l’utiliser. Tu te méfies des paroles d’Erwin. Tu ne lui fais pas confiance. A tes yeux, Erwin n’est qu’un serpent qui use de sa parole comme d’un venin. D’abord ces mots s’insinuent en toi, et tu y réfléchis, réfléchis, réfléchis, au point de ne penser qu’à ça, au point de te focaliser sur une seule et unique chose.

Tu pensais sans doute qu’Erwin allait éviter ton attaque. Pourtant, ce ne fut pas le cas. L’impact, violent, pour toi, qu’il aie mal te remplis de satisfaction. Une satisfaction malsaine, parce que tu frappes, tu fais mal à cet homme, de le sentir impuissant, c’est une sensation que tu n’as jamais éprouvée, puisque jamais tu ne t’es retrouvé dans cette situation. Lobov aussi, tu as eu envie de lui arracher les globes oculaires lorsqu’il a usé du chantage, emportant avec lui l’un de vos amis pour le soigner, trahissant le terme « otage » pour que tu acceptes sa proposition. C’est toi qui décide. Farlan et Isabel donnent leurs avis, mais c’est toi qui prend la décision finale. Des décisions parfois dures. Des décisions que tu es sans doute destiné à regretter plus tard.

Tu es du genre à vivre à fond, comme si tu allais mourir le jour suivant. Toujours. Depuis que Kenny t’as dit de te battre. Depuis qu’il t’a appris à te battre. Depuis qu’il t’a laissé. Ta poigne se resserre à cette pensée, avant que la voix d’Erwin ne te ramène à la réalité. Ce qu’il te dit, ça sonne creux à tes oreilles. Tu le vois serrer les dents parce qu’il a mal. Le souffle court, douloureux à cause de la pression de ton genou. Tu ne desserres pas ta prise. Tout ton être a besoin d’exprimer cette haine, cette rage que tu contiens depuis tout ce temps au fond de toi, que tu n’as jamais pu évacuer.

Pas différent de Farlan ou Isabel, hein ? Tu viens du même endroit qu’eux, vous vous êtes battus ensemble pour vivre, pour survivre, pour pouvoir manger tous les jours même si ce n’était jamais vraiment à votre faim. Tu te retins de lui coller un violent coup de tête. L’occasion s’est présentée, pourtant tu n’as pas bougé.


J’ai fait un choix.

Tu lâches finalement les poignets d’Erwin, retirant son genou de son torse pour qu’il puisse de nouveau respirer convenablement, pour l’attraper par le col avec un geste brusque, les pupilles rétrécies de colère.

« Tu te fous de moi, c’est ça ? Dans tous les cas on était dans la merde ! Dans tous les cas, on allait se retrouver face aux autorités ! Ca serait jamais arrivé si t’étais pas venu foutre la merde avec tes propositions de merde ! »

Peut-être bien que ça ne serait jamais arrivé. A contrario, ça aurait très bien pu vous tomber dessus. Enfin, avec les poltrons de la Brigade que vous semiez facilement, tu en doutes sincèrement. Enfin, Farlan, Isabel et toi n'auriez pas pu passer toute votre misérable et putain de vie à semer la Brigade ou une quelconque autorité, pour récolter de l'argent et aller en haut. Tout ce que tu entends d’Erwin, c’est que tu n’as pas eu le choix. Que l’issu restait la même. Répondre de tes crimes, te faire enfermer ou tuer dans le pire des cas. En allant dans le Bataillon, tu contournes ainsi cette issu, mais est-ce vraiment mieux, au final ? Te sentir aussi prisonnier que si tu étais encore dans les souterrains ? Tu le rejettes avec force avant de te redresser pour t’éloigner de lui, ramassant au passage ton arme pour la remettre dans ta poche. Tu es bien trop agité pour sortir d’ici. Si tu sors maintenant et que tu croises quelqu’un, tu risques de le battre à mort. Tu ne respectes rien, tu ne respectes personne. Tu n’as pas envie de respecter ces types qui vous traitent comme de la merde. Tu n’as pas envie de respecter ce type qui t’a fait sortir.

Ses paroles…

Ont-elles un but ? Te calmer ? Parce que c’est tout le contraire qui arrive. Tu t’es mis à faire les cent pas, réfléchissant à ce que t’as dit le blond, une main sur ta bouche. Tu as la nausée. Tu n’arrives pas à te calmer. Plus les secondes passent, et plus tu sens cette colère dévorante t’envahir sans que tu ne puisses rien faire d’autre. Pourquoi tu ne l’as pas tué ? Tu n’en sais rien. Tu en avais pourtant l’occasion.

Il y a une chose dont tu es certain. Tu te refuses de montrer un quelconque signe de faiblesse face à Erwin. Quitte à ce que tout te consume de l’intérieur petit à petit. Tu as envie de vomir. Alors tu t’arrêtes en fermant les yeux un instant, pour respirer lentement, profondément, avant de laisser retomber ton bras mollement le long de ton corps, la tête baissée sur le plancher. Tes doigts sont relâchés, comme si tu n’avais plus aucune force.


« Ca existe pas, tout ce dont tu parles ! Ca existe pas ! Tout ce qui existe, cette putain de réalité à l’extérieur, c’est les titans. Tout le monde parle de ça. Personne parle de tes conneries ! »

Tu as haussé la voix. Toi qui est réputé pour ne pas perdre ton sang froid, toute la colère accumulée depuis quelque temps y est pour beaucoup également. Rien de ce qu’il t’a dit n’a réussi à t’apaiser. Rien dans cet échange ne t’aura fait changer d’avis. Rien. Tu t’approches avec lenteur de la fenêtre, posant ensuite ton front contre la surface froide du verre en fermant les yeux. Même si tu as envie de pleurer, tu ne pleures pas. Même si tu as envie de hurler, tu ne hurles pas. Voilà pourquoi tu ne peux pas évacuer tous ces sentiments, tous ces ressentis que tu cumules au fond de toi. Ca te fatigue. Ton esprit n’est pas inébranlable. Tu te contentes d’ignorer tout ça et de les entasser dans un coin jusqu’à ce que tu ne puisses plus, jusqu’à ce que tu exploser.

Tu ignores la présence d’Erwin. La dernière phrase est peut-être la goutte qui fait déborder le vase. Alors d’un geste peu réfléchi, avec toute la puissance que tu peux posséder, tu donnes un violent coup de poing dans la vitre. Tellement puissant qu’elle se brise sous l’impact. Des verres se plantent dans ta main, le sang coule rapidement mais tu te fiches bien de la douleur.  Elle n’est rien par rapport à ce que tu ressens. Tu peux bien t’endommager les tendons, rendre ta main inutilisable, c’est tout ce que tu as trouvé pour ne pas coller ce poing dans la mâchoire du blond encore et encore, pour entendre les os de son visage se briser sous ta main.

Il a raison sur un point, même si ça t’emmerde de l’admettre. Si tu le tues, tu es clairement le premier à être soupçonné, voire accusé. Alors vaut mieux attendre, avec un autre plan. Quand tes amis et toi irez sur le terrain des titans. Facile de prétendre à un accident, vu tout ce que les soldats racontent. Là tu auras ta chance. Là tu auras cette chance de le tuer, et d’accomplir ta mission. Cette mission qui t’a été confié… Avec la promesse de vivre dehors, sans aucun souci. L’impression de t’être fait piéger. Tu le sais. Tu as pourtant accepté. Tu tournes les yeux vers Erwin, sans bouger de ta position, ta main blessée est retombée, et le sang goutte lentement sur le sol. Tu ne la bouges pas, la douleur ne tardera pas à arriver, tu le sais.


« Tu crois que je le sais pas, ça ? J’étais prisonnier en bas. Je suis prisonnier en haut. Pas besoin d’être enchaîné pour ça. »

J’ai payé pour être libre. Je suis doublement enchaîné. Lobov, Smith. La liberté n’existe pas. Elle n’existera jamais.

Tu lèves ta main à la hauteur de tes yeux pour la regarder, avant que tu ne vacilles pour tomber sur le sol, assis dans les débris de verre, appuyant ton dos contre le mur, l’esprit embrumé. Ta colère ne t’a pas quitté. Elle s’est absentée, momentanément. Elle a laissé la place à la lassitude. En bas, tu pouvais faire ce que tu voulais. La loi du plus fort est la seule loi qui règne vraiment. Si t’es fort, tu vis. Si t’es faible, tu crèves, ou tu attends de crever. Tu as attendu de crever, jusqu’à ce que quelqu’un te tende la main et te fasse devenir celui que tu es aujourd’hui.

Un soupir. Las. S’échappant de tes lèvres pincées.

Tu détestes celui que tu es. Pour les mauvais choix que tu as fait, alors que tu n’as fait que survivre.
Tu détestes celui que tu es. Pour avoir accepté les marchés de deux hommes qui t’ont menacé.

Avoir le choix dans ce monde est un luxe que tout le monde ne peut pas avoir. Clairement, tu ne l'as pas, car si tu décides de tuer Erwin un soir, dans ses propres quartiers, si tu décides de t'enfuir avec Farlan et Isabel... Tu seras forcément dans la merde. Tu relèves la tête, l'appuyant contre le mur pour fixer le plafond. Encore un toit... Maintenant que tu réalises, que tu as à peu près retrouvé ton calme, ne serait-ce que momentanément, tu te rends compte que tu étouffes dans cette pièce. Heureusement que la vitre est brisée, faisant rentrer l'air frais de cette étrange nuit. Tu te sens comme cet ange, dans cette histoire... Celui qui s'est brûlé les ailes après s'être trop approché du Soleil, qui s'écrase, rempli de désillusion, avec pour seule compagnie la douleur.
© 2981 12289 0

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That bastard… Once I get the chance,
I’ll kill him straight away.
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