Les souffrances oubliées [PV Soued]

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Arunja Khan
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Mar 11 Juil - 21:12

ft. Arunja Khan

ft. Soued Kallermann

「Enfants des souterrains」

« Fais gaffe, restes concentré, sinon ça va ressembler à rien ! »

Arn aidait son père dans son atelier de poterie. Wasim avait prévu que son gosse reprenne l’atelier. Toutes manières, ce gamin n’avait rien appris d’autre. Et Arn n’avait pas vraiment d’autres ambitions. Puis la poterie, ça occupait pas mal l’enfant qui préférait travailler chez lui. Arn était vraiment timide et peureux. Quand il ne devait pas vendre quoique ce soit au marché, il allait faire de la récupération dans les détritus venant de la surface. Les gens aisés de Sina jetaient tellement tout et n’importe quoi dans les diverses zones d’aeration des souterrains. Pour eux, c’était clairement devenu la poubelle, en même temps, ceux qui vivaient sous-terre étaient considérés comme des rebus de l’humanité. Ces déchets constituaient mine de rien un eldorado pour les habitants de ce trou à rats. Mais Arn était bien trop peureux et donc revenait rarement avec des objets de grande valeur. Mais bon, ça permettait d’arrondir les fins de mois pour la famille.

Pas de sortie de prévue pour le moment, le gosse devait aider son père dans son travail. Sa mère était partie sur les marchés pour vendre leurs productions. Pour Arn c’était pas plus mal, au moins il devait pas aller faire une course. Surtout que depuis quelques temps, le gamin était pris pour cible par un groupe de brutes qui profitaient du fait qu’il soit pas bien gros et surtout que ça soit un étranger. A cause de ça, l’enfant refusait de plus en plus de sortir dehors. Et ça malgré les insistances de ses parents qui tentaient de le rassurer. Une fois les poteries prêtes, Wasim en profita pour les mettre au four. Arn l’aida à porter les poteries.

« Pourquoi, les gens nous détestent ? »

« Les gens ont peur, ils craignent ce qui est différent. »

« Pourquoi on est différents ? »

« Je peux pas l’expliquer. Et si tu commences à prendre pour toi toutes les remarques des gens, tu finiras par en devenir malade. Sois toi-même, vis comme tu l’entends. Tu auras toujours des moqueries. »


Le père d’Arn avait clairement l’expérience depuis des années de ce harcèlement que subissaient les personnes d’origine étrangère. Là où les blancs les plus pauvres galéraient déjà pas mal, pour les gens de couleur, c’était encore pire.

Au sein des Murs, les nobles avaient de la vaisselle haut-de-gamme, les moins aisés de la surface, avaient des plats en métal fabriqués dans la cité industrielle et de la poterie artisanale, mais dans les souterrains, quand on avait pas de la vaisselle de récupération, on se contentait de fabrication artisanale par des potiers utilisant des procédés très archaïques. Pour fabriquer ses poteries, la famille d’Arn devait se contenter d’une argile de mauvaise qualité qui supportait très mal les fortes températures. Ils devaient, de plus faire pas mal de vaisselle, avec un four très archaïque digne d’une société néolithique. Donc ils se contentaient de façonner des récipients grossiers. Ces poteries étaient vendues à bas-prix pour les plus pauvres. D’autant que la majorité des clients de Wasim n’étaient pas vraiment pleins aux as. Et en tant qu’étranger, le potier devait baisser encore plus ses prix pour espérer vendre de la marchandise.

Malheureusement pour le gamin, il allait devoir sortir seul pour faire quelques courses pour la famille. Son père devait rester sur place afin de surveiller le four. Wasim du faire preuve de patience et de conviction afin de convaincre son gamin de sortir. Arn finit par accepter à contrecoeur. Le gamin quitta la maison en direction de l’épicier du coin. Les quartiers les plus pauvres des souterrains étaient très mal desservis en terme de commerces et notamment de nourriture. Arn avait attaché la petite bourse d’argent que son père lui avait donné à la ceinture de son pagne. Le fait que le gosse soit peu vêtu dévoilait son corps amaigri. Le fait qu’il aide son père à la poterie n’aidait pas vraiment à la propreté de l’enfant qui était vraiment crasseux.

Arn se faufilait entre les passants qui le regardaient d’un air mauvais. Pas facile de vivre ici quand on est différent. Surtout que depuis quelques temps, il avait remarqué que ses parents commençaient à avoir des difficultés pour marcher à cause de l’arthrite. Le gamin ignorait si ça allait empirer. Si c’était le cas, c’est lui qui devrait gérer la boutique et nourrir sa famille seul. Et Arn n’était clairement pas prêt à l’assumer. Il n’était pas très débrouillard, c’était qu’un lâche qui avait peur de tout. Son père avait beau lui dire que la peur n’était pas une mauvaise chose, mais l’enfant ne voyait pas du tout en quoi c’était bénéfique. Il ne savait pas se défendre, il n’osait pas sortir, il subissait.

Alors qu’il pensait à ce qu’il devait acheter, Arn n’avait pas fait attention qu’il s’était trompé de chemin et s’était engouffré dans un quartier qui lui était totalement inconnu. Il était totalement perdu, et quand il voulait rebrousser chemin, il s’embrouillait encore plus. L’enfant vit un groupe d’adolescents menaçant et prit la fuite aussitôt. Il zigzagua dans les ruelles tortueuses. Se disant qu’il avait semé ses poursuivants, il s’arrêta épuisé dans une ruelle près de l’arrière boutique d’un bordel. Il s’appuya contre le mur du bâtiment et se recroquevilla sur lui-même tremblant. Il serra son pendentif de trilobite.
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Soued Kallermann
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Ven 21 Juil - 23:28
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Les souffrances oubliés || Arunja Khan

Un taudis.

Soued vivait dans un taudis pour les personnes vivant au grand air, sous terre elle pouvait se vanter d'avoir sa propre chambre. Quatre murs, une porte qui ne ferme pas et une fenêtre auquel il manque une vitre, mais avec vue sur la rue et ses ivrognes. Accoudait à la fenêtre, elle se sentait sale, avec une veille robe sur le dos, elle s'imaginait à des lieux de cette endroit. Son dernier client avait fermé la porte sans même une parole pour elle. Il avait payer, profité du temps qu'il a déboursé et était retourné à sa petite vie tranquille.

Même si tu sais ce qui t'attend dans les souterrains, ce genre de travail à quatorze ans, ça reste toujours un moment terrifiant. La gazelle mis un vieux châle sur ses épaules avant de s'assoire sur une chaise au dossier pété, face à ce qui devait être une ancienne coiffeuse, le miroir auquel il ne restait que quelques morceaux qui lui renvoyaient une partie de son visage. Sur la glace poisseuse, elle votait ses grands yeux rougis après les avoir longuement frottés et remplis de larmes qui perlaient sur ses joues pas toute à fait dégonflé, elle avait encore des traits enfantins. C'était encore qu'une gamine.

Comme d'habitude, elle essuia son visage, essayant de reprendre son calme de penser à autre chose avant l'arrivée du prochain, mais là s'en était trop. Son corps lui faisait mal, elle avait des bleus, et elle se sentait sale. Soued frottait son corps avec le pauvre morceau de savon qu'il lui restait, mais cette désagréable sensation ne la quittait pas. Une fille du bordel entra, pas besoin de frapper ici, l'intimité était pour les riches et elle ne l'était pas. L'autre fille à peine la vingtaine et la peau sur les os elle était si blanche qu'on aurait pu la confondre avec un cadavre, elle entra dans la pièce regarda le matelas à même le sol en grimaçant.

Soued détestait cette blonde de toutes les filles elle était celle qu'elle aurait pu frappé jusqu'à ce que mort s'en suive. Blondie entra sourire au lèvre pendant que la plus jeune hurlait pour qu'elle quitte sa chambre. La brune voulait être seule, mais blondie sourire aux lèvres lui annonça le nom de son prochain client avant de sortir en lui souhaitant bien du plaisir. La métisse était pétrifiée, son coeur battait la chamade. L'homme qu'elle allait recevoir était un monstre, il ne venait pas quémander quelques caresses, il voulait faire mal. Toutes les filles du bordel le redoutaient et la malheureuse qui devait le satifaire s'en sortait rare indemne.

D'un bond elle se leva, jeta sa robe et son châle pour mettre un pantalon à bretelles brun et une vieille chemise bleue foncée bien usée. Il fallait qu'elle se dépêche, elle devait fuir, prendre ses jambes à son cou pour fuir cet homme de la brigade qui avait demandé ses prestations. La casquette vissée sur sa tête elle y rangea ses cheveux, tout le monde la prendrait pour un garçon, le temps qu'ils se rendent compte de la supercherie elle serait loin.

Tête baissée, elle avançait dans le bordel, passant devant le comptoir vide. Habituellement le boss s'y trouvait pour ramasser l'argent avant de laisser entrer qui que ce soit. Les règles étaient strictes ici tu paies ou tu pars, même pour demander une rue ou une information anodine il fallait d'abord passer à la caisse. Mais là personne. C'était sa chance, l'avenir lui tendait les bras elle n'avait qu'à y foncer.

Elle sortit par la porte de derrière à l'abris des regards. L'air extérieur ne lui avait jamais paru aussi agréable à cet instant. Et à peine avait-elle mis un pied dehors prête à courir elle se pris les pieds dans un sac.

- Fait chier !

Elle se releva en pestant. Comme si elle avait du temps à perdre, elle epousta ses vêtements en mettant correctement sa casquette. L'objet de sa chute était un gamin recroquevillé, si elle ne l'avait pas un pris le temps d'observer l'objet de sa chute, elle aurait sûrement mis un bon coup de pied sur ce qu'elle pensait être un vieux sac.

- Qu'est ce que tu fous là ?! T'es au courant que le boss va te faire payer pour chouiner là.

Soued ne savait pourquoi elle renseignait ce gamin, il lui inspirait de la pitié et pas mal de dégoût avec son accoutrement. Il avait l'air en bien plus en mauvais état qu'elle. La brune esquissa un petit sourire en voyant la bourse, il était peut-être plus fortuné qu'elle au bout du compte. D'un geste elle lui arracha sa bourse, et reprit sa course.

- Et mes conseils non plus !

Et puis s'il la rattrape il pourra peut-être récupérer sa bourse, pas totalement vidée.
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Arunja Khan
Garnison •• Soldat | Maître-chien
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Ven 28 Juil - 21:10

ft. Arunja Khan

ft. Soued Kallermann

「Enfants des souterrains」

« Fait chier ! »

Quelqu’un rentra dans Arn et le tira de ses pensées. Une personne avait buté dedans apparemment par erreur. Mais le gamin avait vraiment du mal à faire la différence entre une véritable maladresse et un coup volontaire de la part de haineux qui se défoulaient sur ce qui était différent.

« Qu'est ce que tu fous là ?! T'es au courant que le boss va te faire payer pour chouiner là. »

Il jeta un œil timide à cet interlocuteur aussi étranger pour lui que ce quartier. Le gosse devait visiblement dégager d’ici, mais après, il devait aller où ?! Il était totalement perdu, il se demandait si ses parents étaient partis à sa recherche. De plus, il ne savait pas depuis combien de temps il était ici. Puis l’enfant senti sa bourse se décrocher de sa ceinture comme si on l’arrachait. Et c’est effectivement ce qu’il se passait, l’inconnu lui avait pris sa bourse.

« Et mes conseils non plus ! »

Ce fut la dernière phrase qu’il entendit de cette mystérieuse personne avant qu’elle disparaisse. Dans cette bourse, il y avait les économies d’au moins une semaine de travail de tous les membres de sa famille. Cet argent, ils l’avaient gagné à la sueur de leur front. De peur des réactions de ses parents, l’enfant se lança à la poursuite du voleur. Il savait que c’était déjà perdu d’avance malgré tout. Il ne connaissait pas ce quartier et n’était pas vraiment un bon sprinter.

Arn tentait de retrouver le voleur parmi la foule. Il s’était retrouvé coincé dans un marché et donc il y avait beaucoup de monde. C’était comme chercher une aiguille dans un botte de foin, c’était très compliqué. Il avait une image assez vague du voleur. Il savait cependant qu’il portait au moins une chemise bleue délavée, mais quelque chose l’avait fait tiquer, il avait la peau sombre comme lui. C’était bien la première fois qu’Arn voyait une personne de couleur étrangère à sa famille. Ici, il y avait très peu de personnes étrangères, et leur rareté faisait qu’elles étaient le plus souvent des cibles de la pauvreté et de la discrimination. On peut pas taper sur les riches et les Titans bien trop puissants, donc on tape sur des personnes vulnérables. Arn ne comptait plus le nombre de fois où sa famille avait retrouvé son atelier saccagé avec des poteries volées ou cassées.

L’enfant vit que certains marchands étaient en train de ranger leurs produits ce qui signifiait que la journée touchait à sa fin. Arn ignorait dans quel quartier, sa mère avait été vendre les poteries et les trouvailles du gosse dans les poubelles. Il fit donc le tour des exposants afin de voir s’il ne retrouvait pas sa mère, mais elle n’avait visiblement pas fait ce marché. De toutes manières, le peu de fois qu’Arn avait accompagné sur le marché, ça n’avait jamais été dans ce quartier. Il avait l’impression que la poursuite du voleur l’avait encore plus égaré. Alors qu’il allait de nouveau abandonner, il vit de nouveau une silhouette familière. Une chemise bleue … et surtout la peau sombre. Le gamin allait reprendre sa poursuite quand il entendit une voix qu’il reconnaitrait entre milles. Il se détourna du voleur tout en gardant un œil dessus et alla en direction de cette voix. Puis il vit son père qui semblait le chercher.

« Où tu t’étais encore fourré ?! Je t’ai cherché tout l’aprem ! »

L’homme fronça les sourcils quand il vit que la bourse avait disparue. Arn baissa la tête honteux. Puis quand son père lui demanda ce qu’il s’était passé le gamin lui expliqua que c’était un voleur qui lui avait piqué et il tira son père vers l’endroit où il avait aperçu le voleur pour la dernière fois. Mais il ne le vit pas. Alors qu’ils allaient retourner à la maison, Arn l’aperçu de nouveau. Il l’indiqua à Wasim qui se mit à sa poursuite mais il fut arrêté par un homme particulièrement remonté. Arn se cacha derrière son père à la vue de la carrure du nouvel arrivant. Un type costaud aux cheveux courts au ton pâle presque rosé au vu du fait qu’il soit remonté. Il demanda au potier s’il n’avait pas vu une de ses filles qui avait disparu alors qu’elle devait satisfaire un de ses clients qui était qui plus est des Brigades Spéciales.

« Je suis désolé, je ne l’ai pas vu ! »

« Tu pouvais pas la rater, elle a la peau sombre un peu comme toi ! »

Arn ne savait pas où se mettre dans cette altercation entre ces deux hommes. Puis surtout il avait peur pour son père. Le potier était assez maigre et pas vraiment taillé pour le combat, et pourtant il tenait bon, Arn voyait cependant qu’il était nerveux et qu’il était prêt à fuir si ça tournait au vinaigre. Voyant que parler au potier n’avançait à rien, le balourd parti. Le fait que le balourd ait mentionné une fille à la peau mâte rappela à Arn le mystérieux voleur. Des gens à la peau sombre, il n’y en avait pas centaines donc le gamin avait immédiatement pensé au voleur, du moins, c’était plutôt une voleuse. Puis elle semblait connaitre le bordel. Donc la fille disparue et la voleuse étaient sûrement la même personne.

Quand le type fut suffisamment éloigné, Arn interpela son père.

« Papa ! La fille, c’est la voleuse ! »

« Laisse là ! »

« Pourquoi ?! »

« Si elle a fui, elle devait souffrir, puis je vais pas la dénoncer à ces râclures des Brigades, crois moi, ces lâches préfèrent taper sur des faibles plutôt que de s’attaquer aux sous-merdes qui osent faire souffrir des enfants. Je suis sûre que cette fille n’était qu’une gamine ! Vol ou pas, elle mérite pas ça ! Personne ne mérite de souffrir gratuitement. Même si j'avais su que c'était elle quand le type me l'avait demandé, je ne l'aurais pas dit. »

« Tu as pas peur qu’ils te fassent du mal ?! »

« Ils sont peut-être fort, mais ce sont des lâches et ils sont loin d’être malins. Il y a pleins de manières de se battre. Rien que rester en vie et exister est une manière de se battre. »

Arn admirait son père, c’étai clairement un type bien. Il avait une certaine sagesse et une grande sympathie. La haine autour de lui ne l’avait pas forcément rendu agressif ou dépressif. Au contraire, il avait décidé de continuer à vivre, pour lui, c’était une manière de se battre et une forme de courage.

« Si tu retrouves la gamine, dis lui qu’elle peut garder une partie de l’argent, ça sera une manière pour elle d’avoir un nouveau départ. »


L’homme envoya le gosse retrouver la voleuse. Arn regarda à travers les rues pour retrouver la voleuse. Cela allait-être compliqué vu qu’elle avait probablement profité de l’altercation entre les deux hommes pour fuir. Elle devait déjà-être loin. Le gamin tenta de l’appeler au cas où.

« Hé ! Tu es où ?! C’est pas grave pour le vol, on te dénoncera pas aux Brigades Spéciales ni aux méchants qui font mal aux enfants! »

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Soued Kallermann
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Dim 17 Sep - 21:23
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Les souffrances oubliés || Arunja Khan

La survie.

Il n'y avait plus que ça qui comptait. Au diable le bonheur, l'espoir ou les rêves, Soued voulait juste vivre une journée de plus. Un instant arraché à son bourreau, elle avait vu ce gamin et sa bourse comme un signe du destin lui hurlant de foncer, l'accueillant à bras ouvert pour lui donner un nouveau départ. Alors elle courait, sans regarder si le gamin l'avait suivit ou pas, bousculant des passants dans le marché. Quand elle se retourna. Personne. Elle déambula sereinement entre les passants un sourire triomphant.

Une victoire de courte durée quand elle reconnue la silhouette de son bourreau. Le gardien du bordel, il n'était pas le bras droit du boss, juste son fidèle larbin qui espérait monter en grade quand un de ses supérieurs craqueraient sa pipe. La gamine se figea, espérant passer inaperçu au sein de la foule mouvante. Eh bien non. L'homme l'avait interpellé en l'insultant et elle se remit à cavaler en bousculant ceux qui se mettait sur son passage. Elle tourna à une rue et se jeta au sol pour se caché sous un tas de détritus et de planche contre un mur.

Son cœur battait la chamade, L'odeur de sa planque lui retournait l'estomac, les mains contre sa bouche elle recherchait à voir le larbin du boss. Il avait interpellé un homme pas très épais, mais bronzé et elle reconnu le gamin qu'elle avait dépouillé plus tôt. Fait chier ! S'ils se mettaient tous les trois contre elle, elle finirait face contre terre un balle pour l'expier de ses crimes. A cet simple idée elle frissonna, malgré cette vie de misère, elle ne voulait pas mourir.

De là où elle était, la brunette ne pouvait rien entendre de ce qui se disait. Le larbin les laissa, le gamin et l'adulte bronzé échangèrent quelques mots et le plus vieux partis. Le mioche semblait cherchait quelque chose, ou quelqu'un, ça se trouve ils s'étaient séparé pour la retrouvé. Connards ! Un sentiment de haine et de peur l'envahissaient. Et quand le gamin passa devant sa cachette, elle bondit comme un diable qui sort de sa boite, attrapant le gamin par ce qui servait de col à son pagne et le plaquant à un mur .


-- Hé ! Tu es où ?! C’est pas grave pour le vol, on te dénoncera pas aux Brigades Spéciales ni aux méchants qui font mal aux enfants!
- Hein ?


Elle puait. Son pantalon déjà bien usé était maintenant troué, elle ressemblait à la majorité des gamins des souterrains, de petits épouvantails délabré, et très maigre. Mais celui en face d'elle l'était tout autant, ils étaient dans le même bourbier. Elle regarda le gamin dans les yeux. Il avait l'air inoffensif, et plutôt sincère. Mais ici bas c'était chacun pour sa peau et tout les moyens étaient bon pour servir ses intérêts.


- T'es qui au juste morveux?


Soued ne le lâchait pas, il l'intriguait ce gamin et sa manière de pensée. Mais il fallait lui mettre les points sur les "i".


- Si tu m'as menti je te tue.


La gamine avait vu des gens mourir: de maladie, dans une bagarre ou juste comme ça, on les trouvait devant la porte et ils s'étaient laissé mourir devant le bordel. Mais Soue, elle, n'avait tué personne, et c'était pas l'envie qui manquait juste la capacité ou le courage, ce mioche serait peut-être le premier ? Bien qu'elle préférait ne pas à devoir le faire, mais c'était la lois du plus fort qui primait ici.
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Arunja Khan
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Ven 22 Sep - 14:46

ft. Arunja Khan

ft. Soued Kallermann

「Enfants des souterrains」

Arn eut à peine le temps de regarder autour de lui qu’on l’attrapa par la ceinture de son pagne et il fut plaqué contre un mur. Le gamin était effrayé, mais il reconnu la jeune fille qui avait pu fuir. Elle semblait toute aussi surprise que le gosse ait pu la retrouver. S’étant caché dans les ordures, elle sentait très mauvais, mais c’était pas vraiment perturbant pour Arn qui devait parfois aller dans les ordures pour trouver des objets à revendre.
La jeune fille regarda le gosse dans les yeux.

« T'es qui au juste morveux? »

L’enfant n’osa rien dire. Il était pétrifié d’effroi. Elle ne le lâcha pas pour autant. Arn se demandait ce qu’elle allait lui faire.

« Si tu m'as menti je te tue. »


Voilà ce qui mettait en garde l’enfant qui eut un sursaut. Elle était très méfiante et son comportement lui rappelait les petite brutes qui le terrorisait quand il sortait. Sauf que c’était un fille et les gamins avaient tendance à dire que les filles c’est faible, mais là c’était pas le cas. En disant qui il était, peut-être qu’elle le lâcherait une bonne fois pour toutes.

« Je … je m’appelle … Arunja ... »

L’enfant aurait aimé que son père soit là cette fois. Mais l’homme était sûrement déjà rentré à l’atelier. Il allait-être l’heure de manger et l’enfant voulait juste rentrer chez lui. Et son père avait sauvé cette fille et elle devait se montrer reconnaissante.

« Mon père ne … ne veut pas te … donner … au méchant monsieur … Il lui … a donné une … mauvaise information … »

A l’heure qu’il est, l’homme devait-être à l’autre bout de la ville grâce à ce que Wasim avait donné comme information. Le potier avait cherché à rendre le type confus avec des informations très vagues. Puis de toutes façons, il ne risquait pas de retrouver l’atelier du potier car il était dans un autre quartier contrôlé par un gang rival de celui à qui appartenait le bordel. Les gangs avaient des territoires bien définis et généralement ils n’appréciaient pas qu’un rival squatte.

« Chez … moi … le méchant peut pas venir … les brutes de ce quartier aiment pas celles de mon quartier … »

Arn espérait qu’avec tout ça, elle le lâche enfin. Il commença à s’agiter mais pas bien longtemps de peur de casser la ceinture de son pagne ce qui ferait qu’il serait totalement nu. Le gamin se mit à prier pour qu’on l’aide et cela finit par arriver quand il entendit la voix de son père qui ne voyait sûrement pas dans quelle position était son fils.

« Arn t’as fini avec la fille ? ! J’ai pris du pain, on doit rentrer à la maison avant que le gros lard revienne si on veut pas d’ennuis ! »

Son père avait raison, il valait mieux qu’ils filent avant que le gros se rende-compte qu’on l’avait roulé. C’était assez rare, mais certains avaient compris que la coopération pouvait-être aussi un atout pour survivre et qu’on pouvait y gagner bien plus sur le long-terme. Les plus pauvres, comme la famille d’Arn l’avait bien compris. La mère d’Arn était parfois un peu sceptique sur l’altruisme de son mari, et le gosse l’était aussi, mais au final, Wasim s’en tirait toujours. Enfin, c’est ce qu’Arn pensait vu qu’il ne voyait pas tout les dessous. Et là s’ils ne partaient pas, le gros risquait de ne pas seulement faire du mal à la fille, mais Arn et son père risquaient d’y passer.
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