Vanya Strashko
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Mar 18 Juil - 0:42


« Moonlight warmth »

ft. Arunja Khan




L’eau ruisselait entre ses doigts. Il était tard, et encore une fois Vanya allait passer sa nuit à l’extérieur. Un soupir s’échappa de ses lèvres pâles alors qu’il ajustait la lourde cape de toile qui ornait ses épaules.

Il pleuvait des cordes. Au moins les ruelles étaient vides, et il avait pu sans difficulté remonter la route qui menait à son domaine à cheval sans être vu ou remarqué. Une chaleur désagréable l’enveloppait, où une odeur de pluie et de tissu se mélangeaient a sa propre transpiration. Il n’était pas à l’aise. Il n’aimait pas remonter les allées bordées d’arbres imposants, et désormais mal taillés, qui menaient à sa demeure.

Les jardins ne ressemblaient même plus à ce qu’ils avaient été . Luxuriants, resplendissants, ils exprimaient autant de couleurs que les peintures qui ornaient sa demeure autrefois. Ou du moins avaient exprimé. Malgré l’obscurité, il pouvait clairement discerner la nature qui reprenait déjà ses droits. Il serra les rennes de son cheval plus fort au creux de son poing. Les fils de chienne. Ils lui avaient tout pris.

Du haut de la colline, il pouvait voir son duché, ses maisons, ses terres qui s’étendaient jusqu’à la forêt. Toute la puissance des Strashko, qui nourrissaient tant de personnes au sein des murs. Leurs chevaux puissants revendus aux militaires se promenaient librement dans les près qui longeaient une clairière splendide en été. Il avait envie d’arracher la tête si couronnée de ce roi stupide. Pour qui se prenait-il à traiter ainsi ses nobles. Pourquoi ? Pourquoi maintenant. Ils étaient si puissants, le coup n’avait pas été stratégique . Alors. Pourquoi ?

Un bruit de sabots attira son attention. C’était probablement son partenaire de la soirée. Arunja. Un type sorti de derrière les fagots à la dégaine franchement unique. Il l’avait accosté après avoir écouté des rumeurs sur la bande de tire aux flancs à laquelle il appartenait. Enfin . Plus ou moins tire aux flancs. Quoi qu’il en soit il lui fallait une personne ni trop dévote, ni trop ambitieuse, ni trop téméraire.

Celui ci était tout droit sorti du cru des médiocres, des soldats qu’on comptait par dizaines, encore vivants et bientôt morts. Et sans doute là pour survivre à la vie. La survoler. Il l’avait approché lors d’une de ses permissions et lui avait proposé quelque chose de relativement simple de prime abord. Mais surtout incroyablement importante pour lui.

Retourner chez lui. S’introduire à l’intérieur. Le soldat monterait la garde en bas, et lui filerait chercher ce qui lui tenait tant à coeur : ses titres de noblesse. Car personne n’oserait les lui ôter. Il était duc. Avec Vladimir. Et ils avaient aussi leurs compte de petits nobliaux à gouverner, sans oublier les bourgeois qui bénéficiaient de la protection de leur territoire.

Ceci lui revenait de droit. Il fallait simplement qu’il attende une bonne opportunité pour enfoncer les portes de sa maison de maitre en grande pompe et retrouver son influence sur le monde.

Mais pas aujourd’hui, pas sous cette pluie battante et désagréable . Il repoussa sa capuche, il ne semblait y avoir nulle âme alentours. Ses cheveux blonds lui retombèrent aussitôt devant le visage, et le jeune homme les rejeta en cachant difficilement son agacement .

«  Viens faisons le tour les portes des cuisines sont facilement accessibles. » il donna un coup de talons à sa monture et leur fit faire le tour, entre un petit chemin collé à la maison et de hautes haies. Arrivé devant une vieille porte vermoulue et cachée par le lierre, l’adolescent sauta de son cheval pour jouer avec la poignée, et enfin entrer dans les grandes cuisines. Il jeta un oeil là où autrefois il venait courir avec Vladimir dans les jupes des servantes.

Il traversa à grands pas et ouvrit les portes qui menaient à un immense couloir carrelé de noir et de blanc. Les fenêtres s’élançaient sur plusieurs mètres pour laisser se déverser la lumière spectrale de la lune, qui dansait aussitôt sur les nombreux miroirs accrochés au mur qu’ils longeaient. Ca et là de nombreuses armures et armes décoraient l’endroit serti de bleu et d’argent, couleurs du duché.

«  Allons-y, tu auras ta récompense dès que j’aurais récupéré mes … papiers dans le cabinet … du maître de maison » murmura t il
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Arunja Khan
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Mar 18 Juil - 13:04

ft. Arunja Khan

ft. Vanya Strashko

「Moonlight Warmth」

Et une journée de permission gâchée ! Un gamin des recrues l’avait accosté pour un appel pour une mission. Pour le plus grand bonheur d’Arn qui malgré les protestations, du fait qu’il était en permission et qu’il en avait assez peu et surtout il avait pas que ça à faire. Surtout pour aller chercher de la paperasse. Velke et lui avaient juste envie de rentrer, mais bon, ils étaient lancés donc bon. Il avait rendez-vous dans une ancienne maison de noble au sein de Rose. L’homme n’avait vraiment pas envie d’aller faire cette mission, d’autant plus qu’il était tard, il faisait sombre et il pleuvait des cordes. En plus, cet endroit serait hanté d’après les habitants du coin. Pour se protéger de la pluie battante, l’homme avait mit sa cape usée qui peinait à le protéger. Il était en civil et pour lui c’était se balader seulement avec un pantalon en loques  et pieds nus. Petit, il avait pris l’habitude de se trimballer toujours très mal habillé, gamin, il avait souvent juste un pagne fait avec des tissus de récupération. En même temps, il avait toujours appris que pour des métiers salissants, les vêtements, valait mieux pas en avoir des beaux et coûteux.

Au fur et à mesure que la mule avançait, le domaine se faisait de plus en plus imposant. Et surtout plus glauque, les jardins abandonnés ne donnaient pas vraiment envie, sauf à la mule qui prenait plaisir à arracher quelques branches un peu trop proches de sa bouche. Bien pratique ces bestioles pour débroussailler. Ici, la nature reprenait clairement ses droits. Il vit ce qui devait être à l’époque des buissons taillés en chevaux qui n’étaient plus que des trucs difformes qui auraient sans problèmes leur place dans des nouvelles horrifiques qui étaient publiées dans les journaux, surtout les feuilles de choux à bas prix, celles qui passent plus leur temps à raconter les potins liés aux nobles et au gratin de l’armée que de donner des nouvelles vraiment intéressantes.

Arn vit enfin son commanditaire, un fils de noble déchu qui voulait chercher de la paperasse dans cette vielle grande maison. D’ailleurs bien plus grande que celle du riche médecin du bled où le soldat bossait. Avec un peu chances, la déco serait tout aussi glauque avec des animaux morts empaillés partout et des tableaux flippants. Déjà les jardins avec leurs buissons taillés difformes et les statues d’angelots boudinés ressemblant plus à des Titans ailés on avait déjà un avant-goût de ce à quoi on allait s’attendre. Et cette maison avait ses chances d’être plus flippante que celle du médecin qui était déjà une pointure en la matière avec tous ses animaux crevés. Arn avait encore un mauvais souvenir de cet écureuil difforme mal empaillé.

«  Viens faisons le tour les portes des cuisines sont facilement accessibles. »

La recrue talonna son cheval et Arn suivit le gamin de riche non sans avoir eu à talonner plusieurs fois sa mule pour qu’elle avance car cette dernière avait trouvé un carré d’herbe particulièrement appétissant pour elle. Ils firent le tour pour passer par derrière laissant à Arn plus le temps de contempler cette déco qui pourrait clairement servir pour des pièces de théâtre horrifique. Mais malheureusement, seuls les nobles pouvaient accéder à ce genre de divertissement. Arn n’avait jamais vu de pièce de théâtre de sa vie.

Ils s’arrêtèrent devant une porte rongée par le lierre. Le gamin ouvrit la porte et entra suivit d’Arn  et Velke. C’était bien la première fois qu’Arn rentrait dans une telle demeure. Déjà les cuisines étaient spacieuses et tout ce qu’il y avait dedans valait bien plus que la solde du jeune soldat, rien qu’une casserole. Arn retira sa cape qu’il posa sur le dossier d’une chaise poussiéreuse. Velke s’ébroua en éclaboussant son maître déjà trempé jusqu’aux os. L’homme passa devant de la vaisselle poussiéreuse. Les plats étaient en faience de qualité, si Wasim, son père voyait ça. Lui avec son four, il ne pouvait faire que des plats grossiers avec des méthodes très primitives. En même temps, la misère forçait les gens à remettre au goût du jour des technologies primaires. L’homme était bien tenté de piquer deux ou trois casserolles, couverts ou assiettes pour les revendre. Avec ça, il pourrait gagner bien plus que sa solde.

Le gamin les amena sur un grand couloir qui ressemblait pas mal à une salle de torture. Il y avait des tas d’armes aux formes fantaisistes et des armures avec leurs armes qu’on pourrait s’attendre à voir bouger comme dans les nouvelles horrifiques. Le couloir était éclairé naturellement par la lumière nocturne entrant par les grande fenêtres et reflétée par les nombreux miroirs accompagnant les diverses armures et armes.

«  Allons-y, tu auras ta récompense dès que j’aurais récupéré mes … papiers dans le cabinet … du maître de maison »

Arn écouta sans vraiment écouter le gamin, bien trop concentré sur cette avalanche de trucs effrayants. Il avançait doucement avec Velke dans ses talons. Il sursauta en passant devant un miroir en ayant cru voir une présence, mais ce n’était que son reflet défiguré par les fissures du vieux miroir fracturé. Il était aussi aux aguets au moindre petit bruit et sursautait quasiment à chaque fois.

« Euh … t’es sûr qu’on est vraiment seuls, cet endroit est peut-être hanté … »

Velke voulu sentir une armure, mais il la fit bouger et celle-ci s’effondra et la hache qu’elle tenait manqua de peu la queue du chien qui se sauva en couinant. L’armure avait fait un raffut monstre en tombant qui avait résonné dans tout le couloir. Rassurant tout ça ! Arn n’osa pas remettre l’armure en place, c’était plus compliqué qu’un puzzle tout ça. D’ailleurs comment ça tenait toutes ces pièces ?! Le soldat comprenait pas vraiment comment fonctionnait un tel accoutrement. Puis surtout ça devait pas être du tout pratique pour se déplacer avec ce bazar. Arn sentait que la nuit serait longue, très longue.

Les riches avaient toujours eu des goûts étranges. Entre les armures, les armes et les animaux crevés, on croirait des gros psychopathes qui ont des goûts prononcés pour tuer des êtres vivants tant que c’est pas une plante ou un Titan. Le soldat jugeait que sa déco était certes rudimentaire, mais au moins c’était pas aussi glauque, c’était juste des caricatures humoristiques des journaux et des images érotiques de jolies filles. Pourquoi les nobles ne mettent pas ce genre de truc ?! Surtout que des peintres peuvent faire de magnifiques peintures de jolies filles ou de beaux mecs pour faire plaisir à ces dames ou à des homosexuels.

« Eh, vous les riches, vous avez des soucis avec les armes et les bestioles crevées. Entre le cabinet du toubib de mon village qui aime les animaux morts et ici on a pleins d’armes pour tuer des gens. Vous aimez autant la mort que ça ?! »
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Vanya Strashko
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Mar 18 Juil - 17:13


« Moonlight Warmth »

ft. Arunja Khan




Pourquoi avait-il fallu que ce péon ramène toute son animalerie? Ca, s’était une question qui resterait à jamais sans réponse. Sans oublier que sa mule - une mule - avait passé la moitié du trajet à dévorer les mauvaises herbes. Bien sur, Vanya n’avait pas osé faire le moindre commentaire, il n’était pas en position d’en faire le moindre de sa position.

Néanmoins, le blond était persuadé que le métisse, ou basané, ou moins pâle que lui, allait user de sa patience. Heureusement pour eux deux, il avait appris à endurer bien plus qu’un chien malodorant et un grand dadais halluciné. Du moins, c’est ce qu’il pensait jusqu’à ce qu’un bruit tonitruant ne le fasse bondir. Vanya manqua de percuter l’un des chandeliers à pied qui décorait le couloir et se retourna brutalement pour voir l’armure de son grand père en pièces, au sol. Il retint un commentaire particulièrement dégradant en remarquant que le brun semblait tétanisé. L’endroit lui faisait peur. Lui leva les yeux vers le plafond peint de scènes bucoliques et repensa aux soirées où, baigné de lumière, ce couloir semblait un écrin doré et chaleureux. Aujourd’hui ce n’était pas vraiment le cas. Tout était bleuté, un peu froid, couvert de poussière .

«  Quoi ? Hanté ? Tu plaisantes personne n’est jamais mort ici si ce n’est une armée de rats et de souris. Et encore. Le petit peuple s’imagine vite des choses. » Sa voix traînante transpirait l’exaspération.

Il le guida jusqu’au hall d’entrée. Là, un escalier de marbre s’embranchait en deux courbes qui remontaient jusqu’à une mezzanine faisait le tour de l’immense pièce. La maison de maître était séparée en trois parties : l’aile droite, le centre qui se prolongeait vers les jardins arrières et donnait sur un patio intérieur fleuri où une fontaine glougloutait, et l’aile gauche. Ils étaient entrés par l’aile gauche, où l’on pouvait également trouver les quartiers des domestiques. Ils étaient donc face à la porte d’entrée, imposante et résolument fermée. Là où Vladimir s’était écroulé dans son propre sang. Il frissonna et regarda au sol, personne n’avait jamais pris la peine de nettoyer la tâche désormais noirâtre au pied des escaliers.

«  Nous n’avons pas de ..bestioles crevées ici. Quant aux armes elles sont plus symboliques qu’autre chose. Ce sont nos armoiries, mais tu ne dois pas nécessairement connaître. De toutes façons pour être totalement sincère ça ne sert pas à grand chose si ce n’est montrer qui a la plus grosse à ceux qui sont sous notre égide. » Il enjamba la flaque de sang séché en serrant les dents et commença à monter les marches recouvertes d’un tapis autrefois bleu noir. «  Et la mort ? S’il y a bien une chose qui fait que toi et moi sommes les mêmes c’est ça. Je mourrais tout comme toi au moment venu. Nous avons beau nous goinfrer des meilleurs mets, avoir les meilleurs médecins, nous reposer à notre guise nous finirons avec les vers tous ensembles. Un petit rappel aide parfois à apprécier de vivre au-dessus de la masse. » Il continua de monter, approcha des portes encore ouvertes du jour où on avait délogé ses parents. Ils entrèrent dans une bibliothèque sur la droite, où le sol était couvert de tapis aux motifs alambiqués. Une cheminée vide avait autrefois réchauffé les lecteurs les plus assidus. Quelques objets de curiosité traînaient ici ou là. Il se dirigea vers la porte du cabinet de son père, dissimulée dans le mur. En tirant une poignée du bois, il essaya d’ouvrir, bien entendu sans succès. Il fallait une clef, et Vanya se souvenait qu’elle était cachée dans la même salle. Mais où .

«  Bien . Il va falloir fouiller la pièce, je ne sais plus où mon père cachait sa clef. » Il avisait les colonnes de livres, les outils d’astronomie et les coffres ouvragés qui trônaient sur les buffets en bois sombre qui ornaient les murs en soupirant. Il n’était pas ravi que quelqu’un d’autre que lui où sa famille ne tripote leurs affaires, mais l’heure n’était plus aux commodités.

Plusieurs instruments de musiques trônaient également ici ou là. Le blond ne put s’empêcher, comme hypnotisé, d’approcher son ancien violon. Il se souvenait avoir appris en compagnie de Vladimir. Qui était meilleur qui lui à cet instrument, il devait bien se l’avouer. Ses doigts fins passèrent sur les cordes et il considéra un instant l’objet , perdu dans ses pensées les plus profondes.


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Arunja Khan
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Mer 19 Juil - 13:49

ft. Arunja Khan

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「Moonlight Warmth」

«  Nous n’avons pas de …bestioles crevées ici. Quant aux armes elles sont plus symboliques qu’autre chose. Ce sont nos armoiries, mais tu ne dois pas nécessairement connaître. De toutes façons pour être totalement sincère ça ne sert pas à grand chose si ce n’est montrer qui a la plus grosse à ceux qui sont sous notre égide. »

Bon c’est déjà un bon truc, Arn aimait bien les animaux et ne supportait pas qu’on les tue par pur plaisir, pour se nourrir, ok, mais pas pour s’amuser. Et les armes, selon lui c’est surtout symbolique, de la déco, mais bon pour un pécore comme Arn, il fallait des explications, il ne pouvait pas forcément le deviner comme ça.

Le noble enjamba un vieux tapis avec du sang séché que Velke s’empressa de renifler. La recrue disait qu’il n’y avait jamais eu de mort ici, mais bon ce sang n’était sûrement pas celui d’un rat à moins de l’avoir passé au rouleau-compresseur. Arn eut des nausées rien qu’à y penser.

«  Et la mort ? S’il y a bien une chose qui fait que toi et moi sommes les mêmes c’est ça. Je mourrais tout comme toi au moment venu. Nous avons beau nous goinfrer des meilleurs mets, avoir les meilleurs médecins, nous reposer à notre guise nous finirons avec les vers tous ensembles. Un petit rappel aide parfois à apprécier de vivre au-dessus de la masse. »


Vu comme ça, c’est pas idiot, mais bon ça restait encore un peu trop perché pour Arn. Et surtout, pour des gens comme Arn, la mort était omniprésente et donc, les gens cherchaient à l’oublier.

« Là où j’ai grandit, la mort était omniprésente, ne m’en veut pas si je cherche à l’oublier un peu … »

Arn suivit Vanya dans des escaliers en direction d’une nouvelle pièce. Ils déboulèrent sur la bibliothèque. Des tas de livres entassés, Arn n’en avait jamais eu autant. Le soldat attrapa un bouquin par curiosité, il feuilleta rapidement, un roman d’amour, dans le sens romantique bien sûr, rien de bien intéressant. Il se demandait si il y avait des bouquins érotiques ou d’humour, ainsi que des nouvelles horrifiques ou policières. Décidément, c’était vraiment un autre monde. Le jeune soldat avait du mal à accepter que certains puissent se goinfrer alors qu’on dit à tous qu’il faut se serrer la ceinture. Il avait bien vu à Utopia le gaspillage outrancier de nourriture, surtout de la viande. Et quand il était gosse, en faisant les décharges de ce qui venait de surface, c’était un véritable El Dorado qui n’avait pas tardé à être exploité par les gens des souterrains. En même temps, les riches jetaient absolument tout et n’importe quoi. Il vit une cheminée imposante, pratique pour se réchauffer.

Le jeune noble arriva devant une porte et tenta de l’ouvrir avant d’abandonner. Arn avait bien compris qu’il y avait une clé afin d’ouvrir cette porte.

«  Bien . Il va falloir fouiller la pièce, je ne sais plus où mon père cachait sa clef. »

Ok, fallait chercher et Vanya n’avait pas tardé à fouillé la pièce. Le soldat mit également la main à la patte. Arn se dirigea vers une bibliothèque pour commencer à chercher. Il retira les bouquins un à un et les empila afin de voir si la clé était caché entre deux livres ou en dessous. D’ailleurs au vu des noms sur les ouvrages, ça sentait les trucs barbants et trop long pour Arn qui était habitué aux nouvelles horrifiques ou encore les romans policiers publiés sous forme de feuilletons dans les journaux à bas prix. C’était les rares trucs intéressants avec les jeux et les dessins satiriques dans ce genre de feuille de chou que le soldat et ses collègues achetaient collectivement pour se le partager ensemble vu le prix de ce genre de chose. Ne trouvant rien, Arn remit les bouquins sur l’étagère. Il jeta un coup d’œil sur la recrue qui s’était stoppée devant divers instruments de musique. Il s’approchait d’un violon. Arn était plus intéressé par le piano bien plus imposant et travaillé que le vieux truc qu’il y avait à l’auberge. Souvent, un pianiste mettait un fond musical dans la taverne une musique dynamique tandis que les clients étaient occupés à jouer aux cartes, boire ou regarder des spectacles. Bizarrement, lors de ces soirées spectacles, surtout avec les jolies filles, il y avait pas mal de monde, majoritairement des hommes, et surtout, il y avait moins de bagarres ces soirs-là vu que les gens étaient bien trop concentrés sur les danseuses.

Arn se détourna du piano pour continuer ses recherches. Il passa devant divers objets étranges, mais bien moins glauques que ce qu’il avait pu voir chez le médecin. Il n’osa pas demander à Vanya ce que c’était, vu comment le gamin était énervé et il sentait clairement qu’il allait encore être pris pour un con. Toutes manières, les gens du peuples sont débiles, c’est bien connu, enfin ça dépend sur quel terrain, car en terrain contrôlé par des gangs, ils finissaient souvent en passoire à trop lire des romans de chevaliers suicidaires. En tout cas, c’est ce qu’il était arrivé à Friedrich.

Le soldat allait s’approcher d’un groupe de coffres finement ouvragés quand sont attention fut détourné par un aboiement de son chien, il se tourna et vit l’animal prêt à poursuivre un rat. Encore une source de bazar. Arn appela l’animal qui était bien trop concentré sur le rat et commença à le poursuivre. Le rongeur sema sans soucis le canidé en se faufilant dans un trou. Le chien grattait au niveau du trou et grognait. Dans leur course, ils avaient fait tombé plusieurs bouquins, objets et deux coffres dont un qui s’était ouvert et contenait plusieurs clés. Le soldat gronda son chien et le remit en laisse et le tira en se dirigeant vers Vanya avec les clés.

« J’ai trouvé ça ! Tu en reconnais une parmi toutes ces clés ?! »
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Vanya Strashko
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Mer 19 Juil - 15:48


« Moonlight Warmth »

ft. Arunja Khan




Vanya reposa le violon et regarda un peu en arrière. Arunja. Comment aurait-il être plus différent lui ? Il était si pâle, ses mains si fines, et ses traits presque féminins s’opposaient avec ceux plus ciselés du brun. Sa peau, presque dorée, et ses épais cheveux noirs lui donnaient un air certes moins aristocratique mais plus vif. Plus vivant. Il songea qu’il avait dû se battre, chaque jour durant, pour se sortir de la masse grouillante des condamnés. Probablement dû dormir le ventre creusé par la faim, tordu de douleur. Peut-être même avait-il dû vaincre la maladie faisant un effort exceptionnel de volonté de vivre.

Vanya suivait la philosophie de sa famille. Il n’aimait pas voir son peuple crever de faim. Le duché avait permis à ses résidents de vivre et non de survivre. Savoir que sous ses pieds, en ville, se mourraient des milliers d’âmes lui hérissaient parfois le poil. C’était stupide, pourquoi laisser ainsi aller la société ? N’y avait-il donc pas d’autres moyens ?

Mais bon, ce n’était pas son problème. Lui allait retrouver sa place un jour, reposer ses mains sur son piano et s’occuper de ses gens. Si Arunja le souhaitait, il n’aurait qu’à s’installer ici aussi, après tout, il n’était pas à une personne près. Voir les inconnus mourir de faim était une chose, mais en connaître en était une autre et Arunja faisait … Quoi ? De la peine ? Pas vraiment. Il n’avait pas l’air d’être un mauvais bougre sans doute méritait-il mieux.

Vanya songeait à quel point il était maigre quand le chien s’élança dans une poursuite infernale. Une demi tonne d’objets au sol plus tard, ce fut Arjuna qui déboula avec un nombre de clefs tout a fait satisfaisant. Il les décompta et regarda chacune d’elle avec attention.

«  … ah oui. » il en tira une plus petite et dorée et observa le brun de son air placide «  Merci ton chien » Conclut le noble en allant déverrouiller l’entrée.

Le bureau avait été épargné par la fouille des militaires. Orné d’autres bibliothèques plus confidentielles, et même quelques livres dans une langue que Vanya ne saisissait pas, il était décoré d’argent et de bleu. Au dessus de l’immense bureau recouvert de cuir était accroché un tableau représentant sa famille. Sa mère, une grande blonde couverte de diamants et de soie bleue observait ses deux garçons d’un air paisible. Vladimir lui ressemblait à l’époque, si ce n’était les cheveux courts et sa taille. Son père, imposant, avait le regard en amande, pénétrant. Sa mâchoire très dessinée participait à la carrure imposante du personnage. Et enfin, Vanya, a quatre ou cinq ans tout au plus, aussi bien vêtu qu’un adulte. Il regardait le spectateur d’un air vide, placide.

L’adolescent roula des yeux et s’approcha du bureau en ouvrant les différents tiroirs. De nombreux documents, tantôt roulés, cachetés ou protégés par des pochettes en cuir ouvragées.

Il considéra ne pas avoir le temps de tout trier et enfourna tout ça dans son sac en cherchant encore. Finalement, le grâal. Non seulement il trouva ses titres qui remontaient jusqu’à l’établissement de la famille au mur rose, mais aussi des actes de propriété et des titres de banque. A ne pas utiliser tout de suite, mais par le futur, qu’en savait il?

«  Parfait . On a tout ce qu’il nous faut. Maintenant tu peux te servir, prends ce que tu veux dans la maison et repars avec tout ce que tu peux porter… »

Il se redressa donc satisfait et observa le brun avant d’entendre un bruit en bas. Le blond fronça les sourcils et se recula un peu dans la salle en essayant de percevoir ce dont il pouvait s’agir. De pas, clairement. De pas et de voix étouffées. Merde. Il saisit les clefs du cabinet et glissa derrière le militaire pour refermer doucement la porte secrète, les plongeant ainsi dans le noir le plus total. En espérant que le chien ne les trahissent pas …


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Arunja Khan
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Mar 25 Juil - 17:06

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「Moonlight Warmth」

Super ! Parmi les clés, il y avait celle que le gamin recherchait. Bah tant mieux pour lui. Il ouvrit donc la porte bloquée qui s’ouvrit sur une pièce qui semblait préservée et pas autant en souk que les autres. C’était un bureau avec des bibliothèques, encore pleins de bouquins. Le gamin semblait bien connaitre le coin et fouillait dans les papiers. Oui c’est vrai, il était parti chercher des papiers et il n’avait pas perdu son temps, il enfournait des tas de paperasses dans son sac, qu’est-ce qu’il allait faire de tout ça ?!

«  Parfait . On a tout ce qu’il nous faut. Maintenant tu peux te servir, prends ce que tu veux dans la maison et repars avec tout ce que tu peux porter… »


Ayant tout ce qu’il lui fallait, le noble considéra que la mission était terminée et il invita le soldat à se servir parmi les divers objets en guise de récompense. Pour le soldat, cela était une bonne nouvelle. Finalement, faire une mission en permission n’était pas une si mauvaise chose, surtout pour un truc aussi facile. Arn avait remarqué que le chien n’avait pas perdu son temps pour rechercher son butin, le soldat ayant lâché son compagnon entre-temps pour qu’il se fasse plaisir lui-aussi. Il faisait confiance à son chien, la bête revenait tout le temps voir son maître, en même temps, avec son odeur d’alcool, c’était pas bien compliqué de le pister. Arn sentait cependant qu’avec Velke, ça allait être compliqué de tout transporter. Par contre, ils allaient en avoir pour un bon prix à revendre tout ça. Encore, fallait-il que la mule accepte de porter tout ça. Donc fallait la jouer stratégique sachant que le clebs risquait d’avoir les yeux plus gros que le ventre.

Arn vit Velke revenir en trainant un énorme ours en peluche presque aussi gros qu’un humain. Le soldat affichait un air dépité devant la taille de cet ours. Cette peluche seule prendrait toute la place sur la mule et le chien faisait son regard de pitié, le genre devant lequel on pouvait difficilement dire non. L’homme soupira, il accepta à condition que Velke transporte l’ours lui-même tandis que la mule transporterait le reste.

Le soldat allait se servir à son tour quand le noble referma la porte derrière lui. Arn se posait des questions, mais il comprit rapidement le comportement de Vanya. Il entendit des bruits de pas et des voix. Sans doutes des gens venus se servir dans ce coin abandonné, ou bien des fantômes. Le soldat se disait que c’était peut-être parce que le clebs avait volé la peluche que les esprits locaux étaient en colère. Puis pour ne pas rassurer tout ça, la recrue avait fermé la porte du bureau privant totalement la pièce de lumière.

« Euh … ils étaient invités eux ?! »

Arn se demandait si le clebs n’avait pas attiré les gars vers leur position. Au vu de la taille de la peluche, c’était tout sauf discret. Et ses craintes se confirmèrent quand il vit les sons de pas se rapprocher de leur position. Les voix se faisaient aussi plus précises. Ils avaient été repérés par les intrus.

Le soldat devait trouver une arme, il avait eu la bêtise de laisser son fusil sur la mule. Et surtout le bâtiment ne manquait pas d’armes, rien que le couloir avec les armures était truffé d’armes assez fantaisistes dans leurs formes, mais bon, ça pouvait servir. Mais ils étaient coincés dans ce bureau. Et pas une seule arme à l’horizon. Arn commença à fouiller le bureau à la recherche d’armes. Un sacré défi de devoir les chercher dans le noir et en faisant le moins de bruit possible.

« Bon, je sens qu’on va devoir trouver un moyen de s’enfuir ou se battre, car cette porte risque pas de nous protéger bien longtemps … »

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Vanya Strashko
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Mer 26 Juil - 12:43


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Mais formidable. Oui parfait, il n’y en manquait plus que ça. S’enfermer avec son complice dans le cabinet de son père avec la visibilité d’une taupe. Le blond chercha nerveusement dans le noir, prit le coin du bureau dans la cuisse et dut se pencher en avant pour ne pas crier de douleur suite à cette rencontre impromptue. Il fouilla nerveusement, renversa quelques pots et sentit enfin le métal froid du coupe papier en forme de dague. Mieux que rien .

Il approcha du soldat et hésita à lui refiler l’arme de fortune, pour se décharger de toute attaque. Mais il souhaitait se défendre, juste au cas. Il avait bien vu que son chien avait ramené son ancien ours de peluche - pourquoi ? Sérieusement, pourquoi ? -. Et probablement le petit monde qui se pressait dans la bibliothèque en se demandant où étaient passés les intrus. Il entendit les pas et plaqua sa main sur … les cheveux du brun. Il chercha dans le noir ou était le devant du derrière puis lui appuya la main sur la bouche pour qu’il se taise. Pour le moment, ils étaient cachés, donc pas la peine de penser à aller au front.

Du moins le blond ne le souhaitait absolument pas. Il entendit plus précisément les personnes qui tournaient devant eux. Et bientôt, il dut se retenir non pas de hurler mais de rire.

«  … mais ils sont ou ? bon sang. Kraut. Kraut je te dis que j’ai vu des silhouettes. Ils sont venus dans l’ancienne maison du maître et on vient pas dans l’ancienne maison du maître. Non non non . Les voleurs ils viennent pas ici. Kraut je crois que c’était des esprits vengeurs pour les Strashko. Faut pas rester là. Je te dis j’ai vu un loup. UN LOUP KRAUT. UN LOUP FANTOME. »

L’adolescent se mordit le doigt en songeant aux deux imbéciles qui les prenaient pour des fantômes. Pourquoi pas, du moment qu’ils repartaient d’où il étaient venus. D’ailleurs … Ils étaient venus protéger le domaine, et ça, c’était appréciable. Il comprenait mieux pourquoi rien n’avait été volé jusque là. Ses gens avaient préservé la demeure du pillage.

Le coeur un peu réchauffé, il se résolut a attendre en bâillonnant encore Arunja. Un grand bruit se fit, il n’entendit plus clairement les voix et de longues minutes passèrent.

Puis finalement, dans un éclair de lucidité, il relâcha sa main et grimaça en la secouant . «  Je n’entends plus rien. Bon sang mais pourquoi ton chien a pris ce truc. » il poussa la porte et observa la bibliothèque vide. Et rangée. LEs choses qu’ils avaient renversées avaient été remises à leur place. Il sourit un peu et fit signe au soldat de le suivre.


Ils déambulèrent encore dans la maison. Vanya pénétra finalement dans un second salon de musique, caressa son piano et finit par aller chercher un coffret habilement masqué dans les décorations d’une énorme armoire. Une fois celui ci ouvert, des pierres mais aussi de l’or étincelèrent. Il prit quelques bijoux dans sa poche puis soupira et piocha une énorme poignée pour son acolyte «  … C’est mon jour de bonté. » marmonna t il en replaçant le coffret dans sa cachette camouflée. Il y en avait de nombreuses autres comme ça que le jeune garçon connaissait. La famille n’avait pris un coffre pour le remplir seulement de feuilles blanches, incitant ainsi un cambrioleur à le voler plutôt qu’à chercher les cachettes masquées dans les meubles de la maison.


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Arunja Khan
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Dim 30 Juil - 14:56

ft. Arunja Khan

ft. Vanya Strashko

「Moonlight Warmth」

Le soldat resta immobile. Il espérait que les types ne les repéreraient pas. Ce qui risquait d’être compliqué vu que Velke s’était trimballé avec cette énorme peluche. Les pas se rapprochaient de la porte et Arn senti une main dans ses cheveux crasseux. Il faillit hurler mais une main se mit devant sa bouche, il repensa au fait qu’il n’était qu’avec Vanya, enfin en théorie, car si ce lieu était hanté. Ils entendirent des paroles et des conversations précises.

«  … mais ils sont ou ? bon sang. Kraut. Kraut je te dis que j’ai vu des silhouettes. Ils sont venus dans l’ancienne maison du maître et on vient pas dans l’ancienne maison du maître. Non non non . Les voleurs ils viennent pas ici. Kraut je crois que c’était des esprits vengeurs pour les Strashko. Faut pas rester là. Je te dis j’ai vu un loup. UN LOUP KRAUT. UN LOUP FANTOME. »

Arn senti que Vanya avait envie de rire, mais ce n’était pas le cas du soldat qui croyait aussi aux histoires de fantômes. Ces croyances pouvaient paraitre stupides, mais quand on avait pas eu accès aux livres, aux sciences, il était bien plus dur de comprendre le monde. Les pas s’éloignèrent mais Arn était encore muselé. C’est bon c’était pas lui le gamin, mais bon c’est vrai que les racailles des souterrains c’est débile. Ces minutes à être bâillonné, paraissaient interminable au jeune soldat. Puis enfin la main se retira. Arn souffla un bon coup. Vanya secoua sa main en grimaçant. Effectivement, le soldat n’était pas vraiment un modèle de propreté.

«  Je n’entends plus rien. Bon sang mais pourquoi ton chien a pris ce truc. »

Arn regarda vers Velke qui jouait avec sa dernière trouvaille. Gamin, Arn aurait apprécié un ours pareil, mais le fait de manquer de tout avait fait en sorte qu’à chaque fois qu’il avait un nouveau jouet souvent en très mauvais état et parfois fait avec du matériel de récupération le rendait heureux. C’est vrai que cet ours était énorme, mais s’il plaisait au chien. Le soldat avait très peu l’occasion d’offrir des jouets à son compagnon. Et comme Arn dans son enfance, Velke était heureux quand il avait un nouveau jouet.

« Il a un faible pour les peluches. Il est aussi content d’avoir un nouveau jouet, comme moi quand j’étais gosse. C’est assez rare quand on a peu d’argent, donc on savoure l’instant. »


Vanya ouvrit la porte donnant sur la bibliothèque. Elle était soigneusement rangée. Le noble fit signe à Arn de lui suivre. Ce que fit le soldat avec Velke trainant péniblement l’énorme peluche. Il allait faire tomber des tas de trucs ce clebs. Et ça n’avait pas manqué, dans sa course, le chien fit tomber plusieurs objets. Arn passa derrière l’animal afin de tenter de réparer les pots cassés. Le soldat et son compagnon suivirent le noble qui les amena vers une autre salle de musique. Encore des instruments à gogo. Le jeune soldat vit Vanya toucher un piano somptueux en bois patiné. Ce n’était pas le vieux piano de l’auberge. Un piano en bois troué d’impacts de balles, avec des lames plantées dedans et des dessins grossiers gravés. Il avait été également déformé et ils manquait des touches à force de se prendre des tas de trucs lors de bagarres fréquentes. Il était comme les gens des coins pauvres, à devoir endurer les persécutions des gangs, un peu comme chez lui et dans les souterrains où il a grandit.

Vanya alla vers une armoire et revint avec un coffret et il prit des bijoux et piocha une autre poignée en soupirant et les donna à Arn.

«  … C’est mon jour de bonté. »

Arn ne fit pas gaffe à l’endroit où le noble rangeait le coffre tant il était émerveillé par tout cet or qu’on lui avait donné. C’était la première fois qu’il avait autant d’or dans les mains. Pour le noble, ça devait pas être grand-chose, mais pour Arn c'était beaucoup. Tout ça devait représenter plus d’un an de solde. Il en avait presque les larmes aux yeux tant il n’était pas habitué à voir une telle chose. Avec ça, il allait pouvoir largement rembourser ses dettes et s’il avait eu cet argent plus tôt, il aurait largement pu soigner ses parents de l’arthrite et les faire sortir des souterrains pour une vie un peu meilleure à la surface.

« … M … merci beaucoup … »


Le jeune soldat attrapa un morceau de drap qui recouvrait un des objets pour y emballer l’or pour ensuite l’enfourner dans son sac troué pour être sûr de ne pas en perdre une miette. Puis il revint vers Vanya afin de lui demander s’il avait encore besoin de lui.
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Vanya Strashko
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Lun 31 Juil - 12:30


« Moonlight Warmth »

ft. Arunja Khan




Il avait l’air si ému. Vanya n’avait que faire des pierres et de l’or. Certes, une partie de leur patrimoine était placé en tableaux de grande valeur, en bijoux. Mais le principal était là-dehors, trimant sous la chaleur pour récolter les raisins ou engraisser les porcs.

Mais il avait oublié la valeur de ces choses si petites et si brillantes. Dans les yeux d’Arunja régnait une certaine incrédulité. Il n’était même pas sur que le brun ait touché quelque chose d’aussi précieux de toute son existence. Il n’avait d’ailleurs même pas pensé à lui demander quoi que ce soit, simplement satisfait de cette énorme peluche que son chien semblait avoir pris en affection.

Le petit noble secoua la tête en tentant de chasser les pensées irrationnelles qui tombaient au compte goutte dans son esprit déjà bien embrumé. Il leur fallait partir. D’un geste, il rameuta sa fine équipe - Arunja, le chien, la peluche - puis descendit les marches à la volée. Avec un naturel qui n’appartenait qu’à ceux qui avaient grandi là. Ces marches avaient été d’abord des murs aux yeux d’un bébé à peine capable de se tenir debout. Puis des objectifs, et enfin ce qu’elles étaient vraiment, une partie de l’escalier principal.

Il se retourna pour vérifier qu’Arunja le suivait effectivement et rejoignit la mule qui mangeait quelque fleur séchée depuis plusieurs mois déjà. Il pleuvait encore dehors. Sa cape protégeait ses documents, et c’était une bonne chose. Il s’engouffra dans l’allée et le bruit de ses bottes guida probablement la monture de son compagnon puisqu’elle lui emboita le pas , aussi étonnant que ce fut.

Evidemment, sa propre monture n’était plus là. Le cheval avait dû fuir à l’arrivée des invités non désirés. Il avisa un peu le décor, et il fallait dire qu’entre la nuit et l’orage, il y faisait presque noir comme dans un four. Un hennissement lointain lui indiqua tout de même les jardins intérieurs. Ou du moins ce qu’il en restait. Car à mesure qu’il avançait sur les dalles craquelées et entre les fontaines verdâtres, il réalisa que l’ambiance était tout à fait lugubre. Du moins pas autant que le craquement qui attira son attention en chemin dans les fourrés.

Comme un souvenir lointain. La forêt bordait le fond du jardin entretenu des Strashko. Et la voix de la gouvernante explosa dans sa tête . « Encore ces foutus sangliers mais bon sang que fait le garde chasse je vais devoir m’en occuper moi même ou quoi »
Les sangliers. Non, ils n’étaient quand même pas venus jusque là.

La boule brule qui le percuta dans les mollets témoigna du contraire. On aurait dit une balle en fourrure qui grognait de façon aigue. A la réflexion c’était un marcassin. Suivi de trois autres. Vanya se raidit. Les bruits de sabots de furieux qui arrivaient par la droite n’étaient pas ceux de son cheval. Pas du tout.

Le noble cria au sanglier et lui montra un vieux saule qui était là depuis la nuit des temps. Pratique, avec ses branches basses. Il avait plusieurs fois observé le garde chasse, souvent ivre, rester là haut en espérant que le sanglier ne se lasse. Et son père de soupirer à la fenêtre en se demandant pourquoi on gardait un incapable pareil puisque tout les ans c’était la même chanson.

Il saisit le chien au risque des puces et des poux et le fourra dans les bras de son maître avant d’attraper la peluche tombée au combat par le col et se hisser sur la première branche venue. Pourquoi diable n’avait-il pas son équipement pour une fois.

Il l’aperçut enfin. Un énorme sanglier, et toute une marée de petits. Sanglier qui fonça droit dans l’arbre, trop solide pour vraiment remuer sous les assauts du porc sauvage. Super. Vanya hurla de nombreux jurons et continua à monter pour se soustraire à sa vue.

« … Génial. Tout bonnement… Génial. Quelle soirée » siffla t il en serrant inconsciemment son ancienne peluche contre lui, les yeux rivés vers le sol


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Arunja Khan
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Lun 14 Aoû - 18:01

ft. Arunja Khan

ft. Vanya Strashko

「Moonlight Warmth」

Le jeune soldat fut tiré temporairement de son petit nuage par Vanya qui avait demandé de venir. Ça se voyait clairement que le jeune noble avait grandit ici, il connaissait le coin comme sa poche malgré l’immensité de la demeure. D’ailleurs Arn se demandait si ça pouvait pas poser problèmes en cas d’envie pressante d’aller pisser si les toilettes étaient à l’autre bout et tant ce coin était labyrinthique. Mais le soldat n’osa pas vraiment poser cette question qui le taraudait tant, ce n’était pas vraiment le moment de parler de trucs pareils. Puis peut-être que les nobles n’aimaient pas se réduire à parler de trucs pareils.

Ils finirent par ressortir et Arn retrouva sa mule, mais il remarqua que le cheval n’était plus là. Ces bestioles ont vraiment la fâcheuse manie de se sauver à tout moment. Puis ils avaient bien été dressés à pas craindre les Titans, mais on a oublié de les éduquer à pas craindre tout le reste. Le soldat se demandait bien ce qui avait pu effrayer la bête tout en regardant sa propre monture occupée à mâchonner des fleurs fanées d’une des plantes. La pluie battante ne parvenait pas à déconcentrer l’animal sur son activité.

Un hennissement indiqua que le cheval était encore en vie pour le moment. Vanya se dirigeait déjà vers la provenance du bruit. Arn attrapa sa mule par la bride et suivit le jeune noble dans ce jardin vraiment glauque. Des arbres morts s’entortillant comme des condamnés agonisants. Le soldat eut une partie de son pantalon accroché et déchiré par les branchages d’un rosier, l’homme comprit qu’il devrait en racheter un nouveau ou se refabriquer un bas avec des morceaux de tissus de récupération. Ce genre de truc, il le faisait depuis son plus jeune âge.

Arn vit Vanya s’arrêter et des boules de fourrure aux cris aigus un peu comme les bruits des voisins quand ils le font à l’auberge dans les chambres. Des marcassins que Velke fut tenter de courser, mais Arn retint l’animal. Mais les marcassins sont des bébés et cela signifiait que maman devait pas être bien loin … Ils entendirent de bruits de sabots, Arn regarda vers la mule qui n’avançait qu’au pas et vu le son des sabots, la bestiole avançait au galop. Vanya cria alors au sanglier et il se mit à courir en direction d’un vieux saule. Arn et Velke le suivirent. La mule, ne voulant pas avancer, fut abandonnée par Arn. Vanya prit Velke et le mit dans les bras de son maître. Vanya grimpa sur la première branche de l’arbre, suivi par Arn qui se hissa à son tour dans l’arbre pour se protéger de la bête.

Et celle-ci arriva enfin, un imposant sanglier accompagné de sa flopée de marcassins fonçait droit sur l’arbre. Quand l’impact arriva entre l’animal et le vieux saule, celui-ci trembla ce qui fit sursauter ses occupants. Arn faillit tomber à cause des vibrations liées au choc. Mais l’arbre résistait assez bien aux assauts de la bête. Le soldat entendit les divers jurons de Vanya tandis qu’il grimpait un peu plus haut. Arn le suivit pour se mettre hors de portée du cochon enragé. C’était d’ailleurs la première fois qu’Arn voyait un gros mammifère sauvage. Le territoire se réduisant forçant les hommes à défricher toutes les forêts avaient tellement crée des conflits avec les habitants de celles-ci que la mégafaune avait quasiment disparue. Subsistait seulement quelques chevreuils, sangliers et quelques rares loups, mouflons et bouquetins dans les montagnes. Et cela ne risquait pas de s’arranger pour ces animaux vu les nombreux conflits avec les hommes défendant leurs troupeaux et cultures attaqués par des animaux affamés.

« … Génial. Tout bonnement… Génial. Quelle soirée »

Il était visiblement en colère. Et il y avait de quoi, il était coincé dans un arbre avec un sanglier à leurs pieds. Il serrait la grosse peluche. Arn regarda au sol, le sanglier n’avait pas encore lâché l’affaire. Les marcassins tournaient autour de l’arbre à la recherche de nourriture. Le soldat vit la mule arriver vers l’arbre tranquillement semblant pas vraiment concernée par ce qu’il se passait. Le sanglier s’interrompit un instant à l’arrivée de l’équidé pour revenir aux humains, jugeant probablement que ce nouvel arrivant ne représentait pas de danger. La mule se mit à brouter dans un coin. Arn remarqua qu’il y avait encore son fusil attaché à la selle de l’animal. On ne lui avait pas volé. Cela prouvait bien que les pillards étaient vraiment des amateurs, Arn se débrouillait mieux que ça gamin. Il renonça bien vite à utiliser l’arme contre le sanglier. Le soldat aimait bien les bêtes et le fait de les faire souffrir le répugnait. Puis il pensait à tous ces marcassins qui se retrouveraient orphelins si on supprimait leur mère. D’ailleurs le soldat n’avait jamais compris l’attrait des nobles pour la chasse. Autant il était parfaitement d’accord avec les communautés de chasseurs concernant la chasse pour se nourrir, mais quand c’était les nobles et les bourgeois qui chassaient juste par plaisir une faune sauvage aussi affaiblie que tous les habitants des Murs, il ne le supportait pas. Et tout ça pour après les empailler pour en faire de la décoration glauque. Arn soupira. Il ignorait pour combien de temps ça durerait ce cirque.

« Euh, c’est dans combien de temps qu’ils se lassent en général ces bestiaux ? Puisque à ce rythme là, on en a pour la nuit ! »
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Vanya Strashko
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Lun 21 Aoû - 12:44


« Moonlight Warmth »

ft. Arunja Khan




«  Est ce que j’ai une tête de garde forestier ? »

Non, il ne le pensait pas. Pas avec un cou de cygne, des mains d’albâtre et de grands yeux bleus faussement innocent. Enfin, à cet instant, il lançait des regards si noirs que toute créature vivante ayant le malheur de croiser ces derniers se retrouverait sans doute transformé en statue de sel.

Ses bras retombèrent mollement le long de son corps et le jeune noble rampa le long de sa branche pour s’adosser au tronc les jambes a cheval sur celle ci. La pluie, le froid, l’odeur infecte du gibier ne lui plaisaient pas. Il se souvint vaguement des week-ends de chasse avec les autres nobles du duché. Activité inutilement cruelle, à laquelle il était pourtant forcé de participer alors. Il n’avait aimé que les chiens, racés, fins, qui traquaient la moindre piste avec une intelligence imbattable. D’impressionnantes meutes, rapides et précises. Rien à voir avec le chien d’Arunja, mais était-il réellement en position de juger les canidés?

Mais voilà, ils étaient coincés là, et le sanglier ruait sans cesse, obsédé. La créature était impressionnante, véloce et terrifiante. Pas exactement la représentation d’un cauchemar classique, mais à voir son acharnement, on ne pouvait que redouter d’être piétiné sous ses sabots. Un frisson désagréable remonta dans sa colonne: ce n’était clairement pas quelque chose qui entrait dans ses projets à ce moment là. Survivre le plus longtemps possible.

«  Je suppose que quand … Ca finira bien par se lasser. » Marmonna la jeune recrue en observant la mule qui semblait hors du radar, tout comme son cheval qui avait le toupet de trotter dans le jardin en quête de fleurs plus raffinées que sa cousine.

Il était épuisé, et agacé, et énervé. Une trinité qui n’annonçait rien de bon compte tenu du caractère de Vanya, qui si enfant n’avait le droit aux états d’âme s’était bien rattrapé depuis trois ans. Il mordilla son poing puis se tourna brusquement vers l’autre soldat.

«  …Et toi tu as une arme là bas, qui broute des pissenlits par mule interposée, et bien sur, elle n’est pas sur toi, cette arme. Tout à l’heure c’est moi qui nous ait enfermé pour échapper aux intrus, maintenant j’ai réagi au sanglier. Bon sang mais tu es quel genre de soldat ?! C’est pas possible d’être un empoté pareil ! Je ne suis pas le plus fort non plus mais quelle catastrophe ! Regarde où on en est maintenant ! Toi tu t’en fous tu te contentes de mépriser du regard toute ma maison et parler de ma richesse, mais si t’es tellement mieux que mes armures, pourquoi on est dans un foutu saule pleureur a attendre qu’une bête nous laisse partir hein ?! T’es pas sensé être l’aîné ? T’es pas sensé protéger les plus jeunes et les plus fragiles ?! NON ?! »

Il n’avait pas senti les inflexions de sa voix. Il paniquait, il était perdu. Perdu comme il l’était depuis qu’on l’avait arraché à tout ses repères. Pourquoi les adultes ne l’avaient-ils pas protégé ? Pourquoi ses parents avaient-ils failli ? Pourquoi Bonnie avait-elle volé son frère ? Pourquoi ? Il était empli de rage, les larmes aux yeux, trempé jusqu’aux os et épuisé.

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Arunja Khan
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Dim 27 Aoû - 9:48

ft. Arunja Khan

ft. Vanya Strashko

「Moonlight Warmth」

«  Est ce que j’ai une tête de garde forestier ? »

Arn eut également en réponse un regard noir qui le fit frémir tant il était flippant, même venant d’un gosse. Il se contenta de rester silencieux.
Le jeune homme ne vit pas ce que faisait son commanditaire de mission. Il avait le dos tourné. Il s’était appuyé contre le tronc et avait mis Velke sur ses genoux. Il n’osait pas regarder en bas, il ne voulait pas regarder cette bête aussi énorme. D’ailleurs cela lui rappela un épisode de son enfance, lors de sa formation pour devenir soldat. Lors de son voyage vers le camp d’entrainement, il avait bien faillit se faire piétiner par les chevaux d’un équipage de chasse à courre. Il avait été effrayé par les chiens, les chevaux nerveux et surtout ces gens prenant leur pied à voir une biche et son faon se faire déchiqueter par la meute. Puis il avait vu l’équipage partir en laissant les cadavres des deux animaux défigurés avec encore plein de viande dessus, ils avaient laissés ça, comme un déchet alors que plein de monde mourrait de faim. Et quand il avait continué sa route, il avait vu des gens se plaindre de ces nobles et de leur chasse.

Et cette vision négative vis-à-vis de ces chasses avait été renforcé quand un de ses nouveaux camarades envoyé par Soued lui avait raconté des choses à propos d’une rencontre insolite sur le lieu de sa précédente affectation. En effet, il avait rencontré un groupe d’humains que les villageois alentours appelaient des sauvages, mais c’était en réalité des gens avec un mode de vie assez simple et qui avaient mis le respect du vivant au centre de leur philosophie. Et eux aussi subissaient des chasses à courre, mais ils avaient le culot de capturer les nobles et les soldats, à contrecoeur pour certains, devaient libérer les nobles de ces sauvages qui s’en tireraient avec des amendes. Ce genre de situation lui rappelait étrangement El Diablo. Les soldats avaient eu peur, ils avaient peur de la puissance et de l’influence de leurs ennemis. Mais ces indigènes, eux, n’avaient pas eu peur de capturer les nobles malgré son influence.

«  Je suppose que quand … Ca finira bien par se lasser. »

Arn observait sa mule qui continuait à brouter, avec le fusil bien visible comme pour les narguer. Il vit également le cheval également à la recherche de nourriture. Le jeune homme constata rapidement les dégâts fait à ses vêtements à cause de la pluie et de l’accrochage dans les roses. Son pantalon n’était plus que des loques, il devrait le changer rapidement. A l’avenir, il devait trouver une tenue s’usant bien moins vite. Mine de rien, l’avantage du pagne qu’il portait la plupart du temps gamin, c’est que ça s’usait moins vite, c’était peu coûteux à changer et facile à fabriquer. Il fut sortit de ses songe quand Vanya se mit à lui parler sur le ton de celui qui voulait rendre des comptes.

«  …Et toi tu as une arme là bas, qui broute des pissenlits par mule interposée, et bien sur, elle n’est pas sur toi, cette arme. Tout à l’heure c’est moi qui nous ait enfermé pour échapper aux intrus, maintenant j’ai réagi au sanglier. Bon sang mais tu es quel genre de soldat ?! C’est pas possible d’être un empoté pareil ! Je ne suis pas le plus fort non plus mais quelle catastrophe ! Regarde où on en est maintenant ! Toi tu t’en fous tu te contentes de mépriser du regard toute ma maison et parler de ma richesse, mais si t’es tellement mieux que mes armures, pourquoi on est dans un foutu saule pleureur a attendre qu’une bête nous laisse partir hein ?! T’es pas sensé être l’aîné ? T’es pas sensé protéger les plus jeunes et les plus fragiles ?! NON ?! »

Au fond, il n’avait pas tort, et ce ton lui rappelait celui de Soued. Arn n’osa rien dire. Tout ce que disait Vanya était vrai. Que c’était la recrue qui les avait enfermé quand les cambrioleurs étaient là, que c’était lui qui avait trouvé le saule pour aller se réfugier. Qu’Arn avait oublié deux fois de suite son fusil sur la selle de la mule. Arn n’avait jamais connu de frère, il n’avait jamais eu personne à protéger. C’était toujours son père qui le protégeait et qui l’avait envoyé au camp pour qu’il vive. Arn avait fait la formation juste pour survivre. Pour être sûr que les économies de ses parents soient pas vaines. Et depuis toujours, il avait préféré la fuite ou la soumission. Et ce sanglier lui rappelait sa confrontation avec El Diablo. Mais depuis que Soued avait ramené la nouvelle équipe, l’homme avait gagné un peu plus en confiance, mais quand il était en groupe. Seul, il restait ce gamin trouillard qu’il avait toujours été. Au final, peut-être que Vanya avait raison, comme beaucoup de monde, il n’était qu’un incompétent dans le domaine. Seuls Soued et ses parents avaient cru en lui. C’était pas grand monde face à tous les autres qui voyaient que ce n’était qu’un raté qui aurait mieux fait de rester dans les souterrains à faire de la poterie.

Puis il se rappela des paroles de Soued après qu’elle lui en ait mis une.

« Si tu veux t'en prendre une autre continue à penser comme ça gamin. Et si y en a qui dit que ta vie vaut kedal tu lui casses ses dents, et si tu l'as pas fait je les lui casse et les tiennes aussi. »

Et elle avait connu les mêmes difficultés que lui dans son enfance, mais elle avait gagné un grade. Arn n’avait toujours rien gagné et à force qu’on lui dise qu’il était qu’un bon à rien, il avait finit par reconnaître qu’il en était un. Après, on avait bien fait en sorte de lui mettre tous les bâtons dans les roues, à la formation, il avait eu un instructeur raciste qui n’avait fait que de le rabaisser et lui se montrait bien plus dur avec lui qu’avec n’importe qui d’autres. Déjà que de base, Arn n’avait aucune notion militaire lors de son entrée au camp, il était trouillard, maigre, il était fortement désavantagé face à des gens comme Friedrich, qui avait pu s’entrainer à l’épée, faire de l’équitation et qui avait les faveurs des instructeurs. Que pouvait faire Arn dans un telle situation. Et tout ça l’avait fait finir dernier de sa promotion. Et comme pour le narguer, on l’avait mis dans un village avec l’élève parfait qui l’humiliait. Et il était mort, parce qu’on avait rien fait.

Mais depuis Soued était passé par là. Elle l’avait aidé à reprendre confiance en lui. Elle n’était pas du genre à se laisser marcher sur les pieds et contrairement à Friedrich, elle était encore vivante. Et surtout, elle croyait en Arn. Après plusieurs minutes à regarder la pluie tomber, Arn se mit enfin à parler.

« Si j’en suis là aujourd’hui, c’est parce que tout le monde me disait que je n’étais rien … Et peut-être qu’au fond, ils ont pas tort. Enfin, depuis quelques temps … je me suis rendu compte qu’on me mettait tout le temps des bâtons dans les roues, qu’on voulait que je sois encore plus nul que je le suis … Les seuls qui ont cru en moi sont mes parents et ma supérieure. Peut-être parce qu’ils ont connu les mêmes galères que moi … Peut-être parce qu’ils savent ce que c’est d’être considéré par tout le monde comme des sous-merdes parce qu’on est différents …»

Puis au fond, si Vanya avait pu être plus efficace qu’Arn, c’est qu’il était sur son terrain qu’il connaissait bien mieux que le jeune homme. Après certes, le soldat avait oublié deux fois son fusil et c’était pas très malin de sa part. Puis il refusait de tirer sur le sanglier, il ne voulait pas être comme ceux qui avaient tué la biche et son faon. Il voulait pas tuer une mère et rendre ses petits orphelins.

« Tu t’attendais à quoi en choisissant un mec comme moi ?! Et tu as surtout réussi parce que tu connaissais le terrain. J’aurais certes, dut prévoir les cambrioleurs, mais qu’il y ait ce genre de bestioles, je pouvais pas le savoir. J’en ai jamais vu des trucs comme ça, je sais pas comment ça fonctionne. Ok, j’ai peut-être oublié deux fois mon arme, mais même si je l’avais sur moi, je refuse de tuer cet animal … Je veux pas être comme ces gens qui ont prit du plaisir à voir une biche et son faon se faire déchiqueter par des chiens. Je préférerais aller affronter les hommes d’El Diablo ou les cambrioleurs en pagne et armé d’un poignard ! »

Arn savait que Vanya était sur les nerfs et qu’il allait aussi lui faire pêter les plombs. Puis les réflexion du soldat n’avait sûrement pas arrangé les choses. Il fallait trouver une solution. Sans rien dire à Vanya, il détacha le collier et la laisse du chien, retira sa ceinture et son pantalon et les attacha à la suite pour en faire une corde de fortune. Il avait plus que son caleçon et il ne voulait pas l’enlever. Il devait alors demander à Vanya de lui filer des vêtements pour parfaire sa corde. Ils pourraient s’en servir pour se déplacer en hauteur. C’était le seul moyen de s’en tirer. Il visait l’arbre le plus proche, mais sa corde était pas assez longue. Il hésita un peu avant de demander à Vanya un peu d’aide.

« Donnes moi des vêtements, je peux fabriquer une corde avec pour que tu partes par l’autre arbre, pendant qu’on fait diversion. Je sais ce que c’est de dormir dehors sous la pluie, j’ai connu ça au camp d’entrainement … »
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Vanya Strashko
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Jeu 31 Aoû - 0:24


« I’ve missed you somehow. »

ft. Siriel Strashko




« Si j’en suis là aujourd’hui, c’est parce que tout le monde me disait que je n’étais rien … Et peut-être qu’au fond, ils ont pas tort. Enfin, depuis quelques temps … je me suis rendu compte qu’on me mettait tout le temps des bâtons dans les roues, qu’on voulait que je sois encore plus nul que je le suis … Les seuls qui ont cru en moi sont mes parents et ma supérieure. Peut-être parce qu’ils ont connu les mêmes galères que moi … Peut-être parce qu’ils savent ce que c’est d’être considéré par tout le monde comme des sous-merdes parce qu’on est différents …»

Vanya l’écouta parler un long moment. La vie du soldat n’avait pas eu l’air de tout repos. Et sûrement pas aussi dorée que la sienne - du moins pas sur les dix premières années -. Il ne s’était pas imagé que ce type avait eu un passé. Non, comme lorsqu’il croisait d’autres personnes, elles devenaient simples soldats de plomb dans son environnement. Elles n’avaient pas de visages, et se caractérisaient par leurs actions. Mais c’était faux. Chacun avait un passif, quelque chose à apprendre, ou à enseigner. Personne n’avait cru en lui. Il fallait dire qu’il le portait sur son visage, avec son allure dégingandée, ses vêtements élimés et son regard vaguement ahuri.

« Tu t’attendais à quoi en choisissant un mec comme moi ?! Et tu as surtout réussi parce que tu connaissais le terrain. J’aurais certes, dut prévoir les cambrioleurs, mais qu’il y ait ce genre de bestioles, je pouvais pas le savoir. J’en ai jamais vu des trucs comme ça, je sais pas comment ça fonctionne. Ok, j’ai peut-être oublié deux fois mon arme, mais même si je l’avais sur moi, je refuse de tuer cet animal … Je veux pas être comme ces gens qui ont prit du plaisir à voir une biche et son faon se faire déchiqueter par des chiens. Je préférerais aller affronter les hommes d’El Diablo ou les cambrioleurs en pagne et armé d’un poignard ! »

Le noble grogna. Ce type n’était pas le plus malin, pas le plus fort, pas le plus agile, pas le plus réactif. Mais il n’était pas méchant. Foncièrement. D’ailleurs il ne voulait même pas tuer la créature qui s’agitait sous eux. Chose rare : il reconnaissait ses torts. L’arme. Même s’il ne comptait pas l’utiliser. Et le cambriolage aussi, il estimait qu’il aurait pu l’arrêter. Vanya n’en était pas si sûr, mais il ne voulait pas le contredire. Ses doigts posés sur ses propres cuisses, il observait le sol.

Des créatures aussi énormes, non il n’en avait jamais vues aussi près des demeures. Mais désormais ici, c’était le territoire de la nature, elle avait repris ses droits. LEs jardins parfaitement entretenus tournaient à la jungle de ronces et d’épines. Certaines fleurs avaient envahi les chemins taillés, d’autres étaient mortes, impitoyablement dévorées par les herbes rampantes. De là il pouvait voir d’autres formes de vie nocturne agiter les branches des arbres touffus. Cinq ans c’était une éternité. Une éternité sans le bal des domestiques, les rires de sa famille. Les dîners en extérieur, où l’on profitait du vin fruité en conversant paisiblement d’art ou de musique. Une éternité depuis que Siriel ne l’avait pas porté jusqu’à sa chambre lorsqu’il s’endormait dans le jardin en plein soleil l’été. Une éternité depuis qu’il n’avait pas entendu la voix de sa mère s’élever près de la fontaine qui glougloutait paisiblement. Les choses avaient changé chez les Strashko. Il devait s’y faire, et s’enrager contre un soldat basané n’était pas une solution.

« Donnes moi des vêtements, je peux fabriquer une corde avec pour que tu partes par l’autre arbre, pendant qu’on fait diversion. Je sais ce que c’est de dormir dehors sous la pluie, j’ai connu ça au camp d’entrainement … »

C’était nouveau ça. A poil maintenant. Lui. Lui ? Vanya Strashko. Bon. Il fallait reconnaître que le plan avait le mérite d’être un peu réfléchi. Il ne prit pas la peine de l’engueuler, de refuser et de passer par les cinq étapes ( déni, colère, négociation, tristesse … acceptation ) avant de quitter rageusement sa cape et son pantalon. Ses jambes pales contrastaient affreusement avec celles d’Arn qu’on distinguait a peine dans la nuit. Vanya lui semblait presque phosphorescent a côté. Et il avait de très longues jambes, fines, presque maigres. Il s’étonna des différences que la nature pouvaient donner aux êtres humains, à toutes les myriades de possibilités et de déclinaisons. Mais pas trop longtemps, car déjà il avait froid et remettait ses bottes militaires. Son boxer noir le serrait et il se sentait d’autant plus stupides en cuissardes et pull a grosses mailles. Certaines prostituées portaient de tels accoutrement. Et la pluie … Pénible, qui s’écrasait sur son visage à grosses gouttes, coulant dans son cou. Si Matthew l’avait vu. Matthew, cette recrue qui le harcelait nuit et jour au camp d’entraînement. Lui et sa bande . Rien qu’en y pensant, un frisson lui parcourut l’échine. Ils l’effrayaient. Les autres étaient idiots, mais Matthew était un pervers, et ça se sentait. Il chassa rapidement le blond de ses pensées pour se rencontrer sur le présent. Des cordes.

«  Tiens. T’as intérêt à ce que ça marche. »


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Arunja Khan
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Jeu 31 Aoû - 22:53

ft. Arunja Khan

ft. Vanya Strashko

「Moonlight Warmth」

Vanya s’exécuta et retira sa cape et son pantalon a la grande surprise d’Arn qui pensait qu’il serait un peu plus réticent. Mais la recrue garda son pull et ses bottes. Sa peau blanche faisait presque penser qu’il était phosphorescent. D’ailleurs son allure faisait penser à certaines prostituées, mais Arn n’osa rien dire de peur que le gamin s’enrage un peu plus. Vanya lui tendit les sa cape et son pantalon après avoir semblé absent pendant un petit moment, comme si quelque chose le tracassait.

«  Tiens. T’as intérêt à ce que ça marche. »

Le soldat se contenta de nouer les vêtements entre eux. Il vérifia si les nœuds étaient assez solides. Pendant qu’il nouait la corde, il jeta un œil au sanglier qui n’avait pas perdu sa motivation. Ils risquaient d’en avoir pour un moment, Velke et lui. Tandis qu’il s’occupait de sa corde, il se demandait comment Vanya en était arrivé à là et pourquoi ils avaient tout perdu d’un coup, comme ça, puis comment le jeune noble vivait sa formation au camp d’entrainement. Arn avait pu remarquer qu’il avait les jambes fines et qu’il n’était pas bien gros, ça devait pas être facile l’entrainement pour lui.

"Comment tu en es arrivé à là ? Que s'est-il passé ici, j'ai vu une tâche de sang, c'était bien trop gros pour que ça soit un rat écrasé ..."

La corde enfin prête, Arn s’avança sur sa branche en direction de l’arbre le plus proche. Il lança une première fois la corde, mais il rata son coup. Il voulu se rapprocher, mais la branche était pas assez solide et il senti que ça risquait de céder sous son poids. Mais il se dit que la corde pourrait servir à autre chose quand il regarda le sanglier qui insistait. Pourquoi pas l’utiliser pour attacher la bête à l’arbre, le temps que la corde cède, ils pourraient s’enfuir et prendre de l’avance sur la bête. Tant pis pour les vêtements, mais ils n’avaient pas le choix. Arn transforma la corde en lasso de fortune dont il attacha une extrémité à la branche, et se servit de l’autre extrémité pour tenter d’attraper le sanglier. Il dut s’y reprendre plusieurs fois avant d’enfin attraper l’animal par le cou. Donc la bête était enfin attachée et se débattait furieusement. La corde ne tiendrait pas bien longtemps.

« C’est le moment ou jamais, faut descendre !! On doit prendre de l’avance, la corde ne tiendra pas longtemps."

Arn, la peluche et Velke descendirent en vitesse et se frayèrent dans le banc de marcassins avant de rejoindre la mule. Le jeune homme se mit en selle. Il chargea la peluche en attendant Vanya, ce qui effraya la bourrique qui parti en trombe et Arn tomba avec la peluche. Il vit la bourrique s’éloigner, mais semblant ralentir. Arn se releva péniblement, mais il était beaucoup trop tard. L’animal avait déjà rompu son lien et chargeait le soldat. Ce dernier prit la fuite, non pas vers l’arbre, mais vers le un large et haut piédestal sur lequel se tenait une statue d’ange de taille moyenne. Arn grimpa sur le socle à côté de la statue. L’animal chargea le socle et la statue tangua. Le sanglier chargea plusieurs fois et la statue finit par lui tomber dessus, ce qui assomma la bête, car la sculpture n’était pas assez grosse pour lui fracasser le crâne, mais suffisamment grosse pour assommer. Le sanglier s’écroula inconscient, mais pas mort.

Arn descendit pour aller retrouver son chien et sa mule. Il récupéra la mule et prit son fusil qu’il ajusta en bandoulière, qui sait si une autre saloperie allait pas les ennuyer et comme ça Vanya pourrait pas lui dire qu’il avait oublié son fusil. Le jeune soldat n’osa pas reprendre ses vêtements sur le sanglier, tant pis s’il était en caleçon, il se baladait bien en pagne gamin, donc il était plus à ça près.

« On ferait mieux de dégager avant qu’il se réveille. J’espère qu’on ne va pas en avoir d’autres des blagues de ce genre … »
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Vanya Strashko
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Echec.

La corde ne fonctionnait pas. Il fallait dire que le plan était osé, et les chances de réussites basées sur un soldat et une recrue, enfoncées dans un arbre au coeur de la nuit sous une pluie battante. Sans parler de l’angoisse d’un monstre borné qui tapait à intervalles régulier contre l’écorce, tout groins dehors. Mais le noble, bon prince, s’abstint de tout commentaires à ce moment précis. Il se redressa avec adresse sur la branche et observa Arunja. Peut-être que lui pourrait… Mais il n’eut pas le temps de proposer son aide, que déjà le brun s’attelait à trouver une nouvelle issue. Il n’était finalement pas si bête.

Vanya se hissa sur une branche voisine et l’écouta parler tout en essayant de … D’attraper le sanglier. Pourquoi pas. Après tout s’ils ne pouvaient pas fuir, autant clouer l’animal au sol un moment ."Comment tu en es arrivé à là ? Que s'est-il passé ici, j'ai vu une tâche de sang, c'était bien trop gros pour que ça soit un rat écrasé ..."

Il soupira. Il savait très bien comment il était arrivé là. Officiellement du moins. La recrue roula des épaules et tira nerveusement sur son pull .

«  Notre père a Siriel et à moi. Il a été accusé de haute trahison. Nos parents ont été arrêtés, nous on a fini dans la rue. La tâche que tu as vue c’est quand ils ont frappé mon frère et qu’ils l’ont jeté au bas des marches, presque mort. »

Il parlait d’une voix calme, lente. Le souvenir était comme détaché de lui même, comme une partie de l’histoire de quelqu’un d’autre. Il se souvenait pourtant si bien du sang, de son relent métallique. De l’odeur. Du visage pâle de Siriel qu’il avait cru mort.

Mais Vanya n’eut pas le temps d’en dire d’avantage. Il était ferré. Et il était temps de partir , comme le dit si bien Arunja. Il descendit de l’arbre en quelques mouvements souples et siffla son cheval, sans regarder derrière lui. Le blond grimpa sur sa monture et regarda autour. Bon sang. La mule était encore vide que…

BOUM. BOUM . BOUM. Et voilà. Il était là, fièrement planté en haut d’une statue. Sans trop y réfléchir, il frappa du talon les flancs de son cheval pour le rejoindre au risque d’être pisté par la créature. Mais bien heureusement pour tout le monde, les coups et les ruades répétées eurent raison de son propre cerveau qui déclara forfait, plongeant la créature dans un profond état comateux. Et le , enfin, réussit à remonter sur ce qui lui faisait office de moyen de locomotion. Teigneux. Il se mit à sa hauteur, le dépassant d’un bon mètre à dos de cheval. « On ferait mieux de dégager avant qu’il se réveille. J’espère qu’on ne va pas en avoir d’autres des blagues de ce genre … »

Blague. Oui. Bon. Vanya n’aurait peut être pas choisi ce terme. Il hoche néanmoins la tête et jeta un regard à la peluche qui avait survécu à bien des émotions ce soir-là, tout comme eux. D’un sifflement à nouveau, il mit son cheval en marche et se dirigea vers la sortie du manoir. Ses yeux filèrent sur les détails, les carrelages, les fontaines et les anciens arbustes. Et Vanya avait de la peine pour la magnificence de cet endroit. Il n’était que le reflet de tout ces villages à la dérive sans administration. Ses yeux bleus se posèrent au sol et ils sortirent enfin sur le chemin, prenant le retour vers la ville. Lui, vers Trost.

«  Ca devrait aller. Nous sommes sur les routes désormais. Merci d’être venu tout de même. Ce que nous sommes allés chercher, ça a beaucoup d’importance pour ma famille. Elle se résume à Siriel et moi, nos parents … vont être exécutés bientôt. Et nous, nous sommes des enfants, nous n’avons rien à voir là dedans. Pour le moment tu as raison, je me suis engagé dans l’armée. Mais à terme… je veux retrouver ma place, mon domaine, mes gens. Tu me vois comme un simple riche qui soupire devant ses possessions, mais c’était bien plus que cela. Nous, les nobles, nous sommes aussi garants du bien-être de ceux qui vivent sur nos terres. De la justice, de l’éducation, des finances. Et nous avons toujours pris ce rôle au sérieux. Certains assèchent leurs gens par des impôts assommants, ils leur demandent beaucoup. Car ce qu’ils ne reversent pas à la couronne leur revient. Ici … nous avons beaucoup d’actes de propriété. Notre or nous ne le volons pas aux gens. Nous le gagnons par le commerce. Le vin, les porcs, l’art . Il y a même une tribu indépendante qui vit ici et avec laquelle nous commerçons en paix. Donc si personne ne revient au domaine, tout cela sera perdu, et les nobliaux s’arracheront chaque parcelle pour eux. L’harmonie sera perdue. »



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Arunja Khan
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Mar 5 Sep - 9:10

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「Moonlight Warmth」

Arn en avait un peu appris sur ce qu’il s’était passé. Vanya avait perdu ses parents pour haute trahison. Ils avaient été arrêtés et les gosses jetés à la rue. Le jeune soldat se disait que ça avait sûrement été un choc pour ces gamins. Mais pour le coup, malgré son caractère, Vanya ne semblait pas être un mauvais bougre.

Vanya avait retrouvé son cheval entre temps. Le jeune homme fit de même avec sa mule et son chien. Il prit également l’ours qu’il chargea sur sa monture avant de se mettre en selle. Arn suivit la recrue vers la sortie du domaine. Bizarrement, ça ne le dérangeait pas de quitter ce coin, bien au contraire. C’était assez glauque. Arn avait quand même eu la curiosité de savoir à quoi aurait pu ressembler ce domaine quand il était encore habité. Vanya se mit à lui raconter le rôle de sa famille sur ces terres.

« Ca devrait aller. Nous sommes sur les routes désormais. Merci d’être venu tout de même. Ce que nous sommes allés chercher, ça a beaucoup d’importance pour ma famille. Elle se résume à Siriel et moi, nos parents … vont être exécutés bientôt. Et nous, nous sommes des enfants, nous n’avons rien à voir là dedans. Pour le moment tu as raison, je me suis engagé dans l’armée. Mais à terme… je veux retrouver ma place, mon domaine, mes gens. Tu me vois comme un simple riche qui soupire devant ses possessions, mais c’était bien plus que cela. Nous, les nobles, nous sommes aussi garants du bien-être de ceux qui vivent sur nos terres. De la justice, de l’éducation, des finances. Et nous avons toujours pris ce rôle au sérieux. Certains assèchent leurs gens par des impôts assommants, ils leur demandent beaucoup. Car ce qu’ils ne reversent pas à la couronne leur revient. Ici … nous avons beaucoup d’actes de propriété. Notre or nous ne le volons pas aux gens. Nous le gagnons par le commerce. Le vin, les porcs, l’art . Il y a même une tribu indépendante qui vit ici et avec laquelle nous commerçons en paix. Donc si personne ne revient au domaine, tout cela sera perdu, et les nobliaux s’arracheront chaque parcelle pour eux. L’harmonie sera perdue. »

Arn était un peu dubitatif dans un premier temps, mais la mention du groupe indépendant lui rappela le discours d’un collègue qui avait été amené dans son patelin par Soued. Il avait mentionné que depuis la disparition de Lord Strasko, les villages et la tribu étaient en proie à trafics de gangs et des nobles chassant sur les terres en faisant beaucoup de dégâts. Les hommes de la tribu autonome étaient d’ailleurs les rares à bouger leur cul surtout en capturant des nobles, ce qui énervait les Brigades, car ils faisaient leur boulot sérieusement.

« J’ai un camarade qui a bossé dans le coin, et effectivement, c’est pas beau à voir apparemment depuis que vous êtes plus là. Il avait régulièrement des soucis avec des petits nobles du coin qui tentaient de se réapproprier les terres et qui menaient la vie dure aux habitants, y compris à ladite tribu. D’ailleurs, il m’a dit que seuls les hommes de la tribu osaient arrêter des nobles quand ils faisaient des dégâts ou tentaient de s’approprier leurs terres. La Garnison a les mains liées en ce qui concerne les affaires de nobles. Et les Brigades sont assez conciliantes avec ces gens. Mon camarade m’a appris que chez la tribu, plus on était haut-placé, plus on était sévèrement puni en cas de faute. Ils sont pas bêtes ces gens, ça permettrait de calmer les nobliaux. »

En parlant de nobles, Arn en avait connu des casse-pied. Que ça soit Friedrich qui traitait tout le monde comme des moins que rien ou son colocataire actuel qui fout rien et qui pompe tout son fric pour des bars chics.

« Mon coloc actuel a sans doutes des origines aisées, mais bon c’est un petit con qui se prends pas pour de la merde. Il veut mener un train de vie de noble avec un salaire de soldat de Garnison, du coup, il chercher à spoiler du fric à tout le monde pour mener un grand train de vie. Et vu que tout le monde refuse de lui prêter quoique ce soit pour qu’il aille dans les bars chics, bah je pense qu’il me pique du fric en douce car j’en vois qui disparait sans que je dépense quoique ce soit. Bizarrement, je le vois mal diriger un fief. C’est un branleur qui se contente de ramasser sa solde et racketter les autres … »

Arn sorti sa carte pour voir dans quelle direction il pourrait partir pour rejoindre son patelin au nord de Rose. Il n’avait pas beaucoup de route, mais la route principale faisait tout un détour autour d’un territoire particulier qui était traversé par une simple route. C’était la réserve indigène, le territoire des autonomes. Le jeune homme se demandait s’il pouvait traverser la réserve, car sinon il allait avoir un sacré détour. Autant à l’aller pour le manoir, ça n’avait pas été trop long car il était dans un autre village, mais pour rejoindre son bled, ça allait-être long. Il montra la carte à Vanya et désigna la route traversant le territoire des indigènes.

« Tu crois qu’on peut passer par ici ? On risque pas de se faire arrêter ? »

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