Vanya Strashko
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Ven 28 Juil - 11:48


«Scream for daddy. »

ft. Levi Ackerman




La colère est la réponse des faibles.

Elle n’est qu’une illusion, un enchaînement de réactions en chaînes motivées par les sentiments. Et les sentiments n’ont pas la leur place dans ce monde.

«  C’EST PAS POSSIBLE BON SANG. »

Vanya était au sol, le nez dans le sable. Un goût rance avait envahi sa bouche. Il posa ses deux mains aux sol et poussa dessus, bien que ses poignets ne lui semblèrent même plus en mesure de le relever. Tout son corps était une ecchymose. La recrue étira son dos, glissant lentement jusqu’à ses talons avant de se détendre en un haut pour remonter en station debout. Il fit volte-face vers le caporal puis vers le sol. Les deux sceaux d’eau qu’il s’était échiné à porter jusque là gisaient misérablement, vidés de leur substance. Et la poussière semblait avoir tout aussi soif que lui en cet instant précis.

Il en tremblait de rage. Il avait bien senti le coup à l’intérieur de ses genoux au moment même où, aperçevant son but, son visage angélique s’était éclairé. Non, jamais Vanya n’avait vu une table avec autant de désir que ce jour-là.

Peut-être étais-ce parce que c’était la cinquième fois que le caporal l’envoyait au puit pour revenir et trouver une façon toujours plus innovante de l’éloigner de son but, ruinant ses efforts. Il ne savait même pas pourquoi il devait porter ces sceaux. Mais l’ordre avait été donné, et l’adolescent n’avait pas eu le choix, il avait fallu observer.

Si seulement il avait su se taire. Quand un peu plus tôt, assis sur un muret, il n’avait pas expliqué à une recrue à peine plus jeune que lui que non, jamais la jeune femme n’aurait une vie confortable. Elle était condamnée à mourir un jour ou l’autre, que ce soit dévorée par un titan, en couche, ou d’alcoolisme. Mais non, lui avait expliqué Vanya d’un ton aussi glacé que son humeur au petit matin, non, jamais elle n’aurait la moindre chance d’avoir une vie agréable, une famille, et un chien. C’était peine perdue.

Il avait entendu la brune fondre en larmes, et presque son coeur se briser. Puis il avait surtout senti la main fraîche qui s’était posée sur sa nuque et poussé du muret droit sur le sol. Il s’était gracieusement écrasé sur les genoux et la mâchoire, les fesses en l’air et les bras comprimés sous son propre corps. Sa plus grande erreur avait été alors d’attraper une pierre et la relancer en se retournant.

Non.

Sa plus grande erreur avait été de viser juste dans un instant de lucidité qui lui avait aussi laissé tout le loisir d’observer le visage de sa cible : Levi Ackerman. Le temps que la caillasse ne fasse son trajet jusqu'à son visage, il avait pu intérioriser un hurlement de terreur, trois crises de larmes, composer une duet de piano en la mineur pour s’excuser et voir les plus belles images de sa vie défiler devant ses yeux.

Sa seconde erreur avait été de reculer sur les fesses et les poignet , comme une énorme araignée. Et il fallait avouer qu’à force d’entraînement, Yuri avait gagné une certaine souplesse qui lui permit d’avancer plus ou moins vite sous le regard halluciné de l’autre recrue. Son mince espoir s’arrêta avec les trois pas allongés du caporal, et sa rencontre avec sa botte en plein dans dans le ventre. Cloué au pilori. Ou du moins écrasé sous son sa botte. Vanya fut persuadé que la moitié de ses côtes avaient craqué dans la foulée mais ne se permit aucun commentaire.

Il avait pensé à une de ses petites frappes qui le harcelaient depuis son arrivée au camp. Un groupe de types aussi intelligents qu’une cohorte de porcs, et qui n’avaient de cesse de lui jeter le visage dans sa nourriture, au sol, contre les murs, sur les tables. Il avait aussi le droit depuis peu de temps aux comparaisons féminines les plus exotiques, ces messieurs découvrant leur corps du haut de la férocité de leur adolescence.

Il avait depuis développé de fulgurants réflexes pour les arrêter avant même qu’ils ne commencent. Ce qui se soldat par un léger de jambe et une botte dans le nez quand il le pouvait. Sinon, courir était bien, aussi.

«  Grave erreur de jugement. » gémit le blond. Le caporal se pencha d’autant plus, toujours aussi impassible.
« Pardon? »

Oui, la troisième erreur: penser à voix haute. Maintenant, le brun était persuadé d’avoir là une tentative d’insolence. Il était mort. Une grimace barra le visage de Vanya qui fixait les yeux en amande du meilleur soldat vivant. Soldat qui devait voir aussi ses têtes improbables comme de la défiance.


Et voilà comment, pour la sixième fois, il ramassait ses seaux en tremblant. Son ventre le torturait, le soleil s’écrasait dans ses yeux et le caporal ne semblait pas se lasser pour autant. Du moins, jusqu’à ce que, les mains sur les anses, il se tourna comme d’un homme. Il avait bien hurlé, là, non ? Alors. Alors. Puisque toute sa force l’avait quitté, que ses parents allaient mourir d’ici à ce que le soleil se couche et que la moindre lueur d’envie de vivre venait de le quitter.

«  Pourquoi ? Pourquoi vous vous acharnez comme ça ?! J’ai essayé de vous expliquer soixante-dix fois ! C’était un ACCIDENT. UN ACCIDENT.  Et pourquoi vous perdez votre précieux temps avec une recrue qui … Qui. C’est à mon instructeur de faire ça si ça lui chante… » il regarda les différentes tâches d’eau , toujours plus ou moins prêt de la ligne d’arrivée, cette fameuse table.

Bon sang, s’il n’avait pas été dans cette position. S’il avait été duc, paré de ses atours, aux côtés de ses parents. Ce soldat n’aurait pas eu la moindre autorisation de lui adresser ne serais-ce que la parole. Et voilà qu’un gamin des souterrains, enfin, un adulte maintenant, lui faisait traverser les neuf couches de l’enfer pour un enchaînement d’événements malencontreux. Ses épaules s’affaissèrent, il n’avait jamais eu de cloques mais ses mains en étaient couvertes, et elles avaient explosé. Tenir le seau était en soi une torture.

«  Je vous le répète. Encore. J’ai cru. Que vous étiez quelqu’un d’autre. Et cette histoire D’ERREUR DE JUGEMENT C’ETAIT POUR MOI PARCE QUE JE ME SUIS TROMPE. MOI. VOILA. VOTRE SERVITEUR. LA . VOTRE DEBITEUR CAPORAL ACKERMAN, S’EST TROMPE ET L’A RECONNU ALORS PAR TOUT LES DIEUX, LES MURS, LES VACHES ET LES CAFARDS POURQUOI CONTINUEZ VOUS A VOUS ACHARNER SUR MOI, CAPORAL ?! »

Il se pétrifia aussi sec, sa voix habituellement douce, quoi qu’un peu froide avait mué en un rugissement étrange. Ses joues pâles étaient rouges, son souffle coupé, ses épaules arrondies. Jamais Vanya n’avait été ainsi. La vision de la tête coupée de sa mère traversa son esprit. Ses genoux flanchèrent, mais il ne se laissa pas s’écrouler au sol. Quelque chose de stupide- oui le savait - l’animait à cet instant. Quelque chose qu’il ne pouvait retenir, comme une nausée trop forte. Son corps le brûlait tout entier, et une énergie nouvelle s’infusait en lui. Etait-il furieux ?

Il y avait assez peu de choses qui l’empêchaient de sauter au cou du brun. L’envie de vivre, déjà, et celle de ne plus souffrir, surtout. Mais les mots sortaient seuls, indépendants de toute volonté déjà brisée par deux sceaux d’eau et 6 allers-retours de trois kilomètres au pas de course.


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Levi Ackerman
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Mar 15 Aoû - 16:19
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Tomorrow is another day
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( Woodkid → Run boy run )
Un soleil de plomb. L’une des choses que tu détestais particulièrement en journée. Quand il fait chaud. A la différence est qu’actuellement, il n’y avait aucun air frais pour venir parer cette chaleur de plomb. Ca te rendait grognon. Enfin. Encore plus que d’habitude surtout. Tu n’étais pas à prendre avec des pincettes aujourd’hui. Pour beaucoup, jamais tu n’étais à prendre avec ces fameuses pincettes, mais tu y peux quoi si les gens se chient dessus quand ils te parlent ? De peur que tu les frappes ? Allons bon, tu ne fous pas des mandales pour rien, bien au contraire. A quoi ça servirait de leur expliquer ? A rien. Parce qu’ils sont bouchés. Bouchés comme l’évier du Bataillon de temps à autre. Celui-là même que tu passes ta vie à déboucher. Pareil. Sauf que là, ce n’est pas à coup de vinaigre que tu peux faire comprendre aux gens ton point de vue.

Ce matin-là, ou l’après-midi, tu n’en sais trop rien tant il fait chaud, tu marchais dans les rues de Trost, bien tranquillement. Tu n’étais pas encore allé au QG et c’est là-bas que tu devais te rendre en cette matinée – ou cet après-midi – ensoleillé. Ta balade fut rapidement interrompue par ce gamin blond qui est en train de raconter à quelqu’un qu’elle allait mourir. De quel droit ce gosse peut lui dire ça aussi… Brusquement ? Pas que tu lui donnes tord – il a raison tu ne le nies absolument pas. Ce sont les adultes qui s’octroient le droit de dire que tout le monde peut crever à chaque instant. Enfin, il faut dire aussi que les adultes savent de quoi ils parlent en règle générale, et qu’ils connaissent la dure vie, que ce soit à l’Intérieur ou à l’Extérieur. Alors tu t’avances à pas feutrés derrière le jeune blond.

Et tu le pousses délicatement, pour le voir tomber au sol. C’en aurait été presque comique. Presque. Car son réflexe a été de te balancer une pierre dans le visage. Lord. Ce gosse vise bien. Tu sens un filet de sang couler sur ta joue. Il a touché ton front. Alors là, tu fais quoi ? Pour le moment tu ne dis rien, tu attends simplement qu’il s’excuse. Au lieu de ça, il recule. Tu l’as vu blêmir, et aussi passer par beaucoup d’expressions faciales. Eh bien, lui aussi s’attend au pire. Tu montes sur le muret, avant de sauter à terre sans cesser de l’observer, en essuyant ta joue du sang, le regardant un instant avant de lever les yeux au ciel. Pour pouvoir mieux les braquer sur Vanya – car tel est son nom, quand il fit une réflexion à voix haute. Tu t’entends dire « Pardon ? », mais tu n’es pas vraiment sûr.

Il ramasse ses seaux. C’est lui qui est de corvée ? Après un rapide coup d’oeil, tu constates surtout qu’il n’y a plus grand-chose dans ces seaux. Puis il commence à vider son sac. Te parler brusquement, avec violence, il en a besoin, alors tu le laisses faire, tu l’écoutes en l’observant. Tu t’acharnes ? Sait-il seulement pourquoi ? Expliquer soixante dix-fois ? N’exagère pas non plus. Pourquoi les gamins doivent-ils toujours faire dans la démesure ? Pourquoi perdre ton temps avec lui ? C’est l’instructeur qui doit se charger de lui ? C’est vrai. Alors tu pousses un soupir quand il a enfin fini de parler. Ca fait du bien quand sa voix de crécelle s’éteint enfin.


« C’est bon, t’as fini ? Ta voix est insupportable quand tu hurles. »

Tu lui prends les seaux pour le soulager de ce poids, et tu te remets en direction de la source, où Vanya était allé remplir ses seaux la première fois. Tu lui demandes son avis ? Bien sûr que non. Tu te contentes de lui faire signe pour qu’il te suive. Il a sérieusement besoin que quelqu’un le recadre, mais pas au sens violent du terme. Ce gamin, tu sais d’où il vient. D’un duché, blablabla. Tu n’en as rien à foutre. Pour toi, un titre, c’est du vent. Au contraire, tu détestes les nobles. Ceux qui se croient au-dessus de tout, ceux qui se permettent de cracher sur les petites gens en se disant « Je ne parlerais point à cet individu, ce n’est qu’un pouilleux pauvre sans aucun intérêt », avant de glousser stupidement avec ses chers et tendres amis. Tu as une assez mauvaise image des bourgeois, des nobles en général, car à tes yeux ils sont tous les mêmes. Tu jettes un regard à Vanya par-dessus ton épaule, le regard dur.

« Que je sache, tu n’es pas dans ma tête, alors tes réflexions, tu peux te les garder. Si je perdais mon temps, je me serai même pas arrêté. », tu marques une pause en marchant.

Puis tu t’arrêtes, et tu jettes les seaux en te tournant vers Vanya. Tu t’es arrangé pour tomber dans un endroit où il n’y a personne. Dans les quartiers Sud. Là où la misère régnait actuellement. Tu fixes l’adolescent de tes yeux trop clairs.


« Tu sais pourquoi je m’acharne ? Si je te laisse rentrer dans ton état, les seaux vont finir dans la gueule d’un de tes camarades, et les conséquences pour toi n’en serait que plus dramatique. »

Dramatique, hein ? Presque une blague. La vie, soit tu avances, soit tu arrêtes et tu te fais bouffer, c’est aussi simple que ça. Tu lui fais signes d’approcher. Tu as senti dans son corps tout entier cette rage qui le fait avancer. Une rage qui n’est pas bonne pour lui. Cette haine qu’il serait prêt à lâcher sur un coup de tête sans réfléchir aux conséquences.

« Tu peux bien me hurler dessus, je suis adulte, donc je m’en branle de ta crise d’adolescence. Les autres par contre, supérieurs en nombre, te feront ravaler tes dents gamin, et tu le sais. »

C’est certain que tu t’en fous. Tu as passé ce stade de ta vie de t’énerver après ceux qui se moquent de toi. Tu t’es suffisamment battu. Tu as suffisamment prouvé qui tu étais dans les souterrains. Tu as suffisamment prouvé qui tu es à la surface. Tu n’as plus rien à prouver à personne maintenant. Cette haine qui t’a longtemps habité n’a pas disparu, tu la diriges simplement vers les titans. Car c’est eux qui alimentent cette haine en prenant tes camarades, vos camarades. La haine de Vanya, tu la comprends, et tu veux l’aider à la gérer. Pour le moment il s’agit d’évacuer ses nerfs, rien d’autre.

« Attaque-moi gamin. De toutes tes forces. Ne retiens pas tes coups. Evacue ta rage dans tes poings. »

Tu le regardes, imperturbable.

« Ne réfléchis pas, n’hésite pas. Hésiter, c’est rester immobile. Hésiter, c’est mourir. On parlera quand tu te seras calmé. »
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Vanya Strashko
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Lun 21 Aoû - 13:33


«Scream for daddy. »

ft. Levi Ackerman




Sa voix était insupportable. Fantastique réponse, qui eut pour conséquence de lui faire ravaler la suite de la tirade qu’il avait au fond des poumons, toute prête à sortir. L’adolescent siffla entre ses lèvres, mais soudainement ses épaules endolories furent soulagées. Le caporal lui avait pris ses seaux et lui avait fait signe de le suivre. Allait-il le frapper avec ? Compte tenu de la densité du bois, il n’espérait pas. Vacillant sur ses jambes de poulain, il obéit et finit par le suivre, les poings serrés. Il était furieux, pourquoi dont ce sentiment ne le quittait-il pas un instant. Il avait besoin de se calmer, d’habitude, il savait le faire. Mais pas là.

Il le regarda par dessus son épaule. Un des célèbres regards noirs tout droit sorti de la fabrique Ackerman. Un de ceux qu’il l’avait déjà vu poser sur le malheureux cafard qui s’était glissé dans le réfectoire . Magnifique contraste avec le gris aqueux de ses yeux.

La recrue regardait là où leurs pas les menaient. Un endroit un peu à l’écart. Nulle âme qui vive, personne pour être témoin de la scène. Les signaux du noble s’allumèrent tous les uns après les autres. Il était méfiant, il était peureux. Les garçons de son camp l’effrayaient, en particulier l’un d’eux. Il avait toujours eu peur de se retrouver en privé face à lui. Il était malsain, il le harcelait, et la façon dont ses yeux le détaillaient donnait la nausée au blond. Matt. Et il n’était pas seul, il s’agissait de tout ce gang de jeunes enragés qui haïssaient les nobles avec chaque fibre de leur être, les tenant responsables de la misère générale.

Il coupa le cheminement de ses pensées en parlant de nouveau. Il pouvait garder ses reflexions pour lui. Oui, ce n’était un mauvais conseil. Il n’avait que 15 ans, et n’était plus personne. S’en prendre à un supérieur hiérarchique n’était pas une bonne idée. Lui qui avait toujours été au sommet de la pyramide devait ré-apprendre sa place. Il regarda un peu autour de lui. Le quartier était misérable. A son image. Vanya n’était pas à l’aise, ce type d’environnement lui rappelait combien certains pouvaient souffrir. Il n’était pas friand ni insensible à leur sort, mais préférait l’ignorer pour agir à plus grande échelle. En retrouvant sa place, en aidant ses gens. Plus tard.

«  Les conséquences… » Souffla t il, attendant ces dernières comme on criant la fin du monde .

Mais le caporal ne s’arrêta pas là. Il voulait qu’il le frappe. Qu’il le frappe ? Vraiment? Pourquoi ? pour lui répondre ? Pour le passer à tabac ? Bien sur qu’il savait que tout le monde ici bas lui en voulait. Et beaucoup détestaient son sang, pour la simple raison de son droit de naissance. Pas surprenant quand on arrivait à peine à manger tout les jours.

C’était si tentant de regarder Vanya, maigre, pâle, froid comme la glace. Il était la représentation physique de tout ce qu’il était. Une fierté immense pouvait se lire dans son regard constamment. Pas une fierté mal placée ni un sentiment de supériorité. Non. C’était différent. Il avait été élevé pour se suffire à lui-même. Pour ne pas attendre l’appréciation d’autrui. Ses convictions, ses pensées, ses valeurs, il les transpirait par les pores avec une assurance qu’on ne trouvait pas chez un enfant, ni chez un adolescent. Et certains haïssaient cela. Que même dans la misère, dans la honte et la boue, il ne garda son honneur intact.

Mais pas ce jour là. Ce jour là, sa main tremblait, sa bouche se tordait parfois sous les mots qui ne sortaient pas. Et le brun l’avait saisit en quelques secondes. Son expérience de la vie n’avait rien à voir avec la sienne, et il avait senti la graine de la rage qui enrouait la mécanique bien huilée du Strashko.

Maintenant il voulait qu’il le frappe. Et qu’il n’hésite pas. Mais réfléchir était bien sa seule force. Ca et visiblement le lancer de pierre. Trop pris au dépourvu, il tenta de retrouver contenance mais n’y parvint que moyennement. Concentrant toutes ses émotions contradictoires, il laissa son esprit se vider.

Lentement, comme un ballon qu’on dégonfle. Il devait maintenant attaquer. Oui mais comment ? Où ? Il était face à un combattant hors pair, et lui était à peine capable de lancer son poing.

Il se jeta finalement vers le sol et usa de son seul talent, son agilité hors pair. Vanya n’était ni fort, ni particulièrement technique. Bien sur, les rudiments de l’entraînement finissaient par entrer. Mais ses qualité physiques n’étaient pas là, et elles étaient quasiment inutiles sauf lorsqu’il s’agissait d’avancer en équipement tridimensionnel. Souple, félin, il avait pour lui de savoir esquiver la plupart des coups. Atteindre les endroits les plus difficiles, se glisser dans les chemins les plus délicats.

Mais ici ? Presque inutile. Il s’attaqua aux jambes du caporal, ramassé sur le sol. Il visait les chevilles. Comme s’il voulait le faire tomber, pour fuir ensuite. Non, là, il voulait simplement frapper quelque chose. Et des mollets étaient à portée de main. Il se jeta finalement hors de sa portée et tourna simplement le dos en se redressant, le souffle court. Ses poings se serrèrent et il fit non de la tête. Il ne pouvait pas simplement se jeter à son cou. Il ne lui avait rien fait, du moins, rien qu'il veut pas mérité. Il avait essayé, mais s'en prendre à Levi ? Il sentait simplement encore plus de colère, dirigée contre lui même cette fois ci. Contre son incapacité à se contrôler, son manque évident de calme. Il restait silencieux, les yeux fixés sur un des seaux renversés.

Normalement, s'en prendre à quelqu'un aurait dû l'aider? Pourquoi ne ressentait-il rien ? Pourquoi n'avait-il pas bêtement essayé de se déchaîner ? Parce que là n'était pas sa nature. Non. Et la rage glissait dans ses veines lentement, engourdissait ses doigts, tournait sa tête. Il ne savait plus quoi faire.


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Levi Ackerman
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Tu t’attendais à tout, sauf à ça, tu dois l’avouer.
Le gamin n’a rien dit, et tu attends le moment où il implosera tant sa colère est grande. Bizarrement, ce jeune blondinet te fait penser à quelqu’un, qui n’est d’autre que toi-même lorsque tu étais plus jeune et la colère était ta meilleure amie. Rien n’y faisait, pas même t’en prendre à ceux qui t’entouraient. Alors tu comprends le ressenti de Vanya, tu comprends et tu n’as pas besoin d’explication. Les actes valent bien plus qu’un long discours après tout. Quelle fut ta déception quand le blondinet bifurqua au dernier moment pour ne pas te toucher. Toi ? Tu n’as absolument pas bougé. Tu veux vérifier si ce gamin a du cran et tu constates que… Non. Il n’en a pas. Du tout. Alors tu penches la tête pour le regarder. L’énerver est la seule solution ? Faut-il faire comme Eren et le pousser à bout pour qu’il s’énerve et soit performant ? Faut-il en arriver jusque-là ?

Tu le regardes. Tu l’observes. Tu analyses. Qu’est-ce que tu vois exactement ? Un gamin à la limite de rachitique, qui ne semble pas exceptionnellement doué mais qui est surtout écrasé par les autres et c’est ce qui l’empêche d’avancer. C’est ce que tu déduis. Tu l’as remarqué avec les seaux qu’il portait, tout simplement. Ta réflexion ne va pas plus loin, ça te saute directement aux yeux. Tu fermes les yeux un instant avant de soupirer légèrement, croisant simplement les bras dans une attitude désinvolte, celle qui te caractérise bien, ce regard dur sur le visage. Tu ne juges pas le Strashko, bien au contraire.

Quand tu avais son âge, tu étais aussi rachitique que lui, voire pire, tu étais petit – et ça c’est une chose qui n’a malheureusement pas changé à cause de cet environnement dans lequel tu as grandi, et tu n’avais qu’une seule chose pour toi : la rage de vaincre. C’est la seule chose qui t’a fait avancer. Sans ça, tu serais mort depuis longtemps. Sans cette capacité à vouloir vivre, tu n’aurais pas pu aller aussi loin. Pourquoi ? Parce que quelqu’un t’a pris sous son aile, t’a appris à avancer et de ne plus faire de cadeau. Est-ce que c’est ce que tu dois faire avec lui ? Le pousser pour qu’il avance ? Lui faire constater sa faiblesse qu’il semble déjà connaître ? Tu ne ferais que répéter des choses qu’il sait et ça ne servirait à rien.

Dire à quelqu’un qu’il est nul va lui faire mal, mais c’est le seul moyen pour lui faire prendre une réelle décision parmi deux choix. Soit se relever quand on tombe, et dire qu’on emmerde le monde en tentant le tout pour le tout en se ressaisissant… Soit admettre qu’on est qu’une merde et s’enliser dans cette idée. Tu ne supportes pas ça. Les gens qui baissent les bras aussi facilement, qui ne veulent pas faire d’effort et qui ensuite ne sont pas bien à l’intérieur alors qu’on leur donne l’occasion de se défouler, de parler.


« C’est quoi ton problème gamin ? Pourquoi tu fais ça ? Pourquoi t’as pas les couilles de m’attaquer ? Pourquoi tu attends, exactement ? Qu’est-ce que tu veux de plus ? »

Tu t’approches de lui. Lui non plus n’est pas bien grand, mais même si tu trouves que vous avez quelques trucs en communs, la taille et la carrure rachitique, jamais il ne te ressemblera et jamais tu lui ressemblais au même âge. A quinze ans, seize ans, dix-sept ans, tu tabassais ceux qui s’en prenaient à toi et à tes proches. Tu savais te battre, tu savais survivre et ne plus te laisser marcher sur les pieds. Mais la situation n’était pas la même et tu le sais. Il y a des similitudes, mais rien de bien concrets. Les faibles se font tuer, les forts survivent, c’est la loi des murs tout simplement.

« Ecoute, si tu continues comme ça, jamais tu vas t’en sortir et tu vas te faire lyncher à chaque fois par les plus forts, parce qu’ils sont en groupe. Avec ton attitude de perdant, tu vas juste en chier jusqu’à la fin de ton entraînement, si t’arrive jusque-là. »

Ce n'est pas un moyen de le plomber, tu n'as aucun intérêt à le faire, mais il faut que ce gosse puisse faire face à la réalité, la triste et dure réalité, celle dont on voudrait s'enfuir mais qui est toujours là malheureusement. La réalité qu'il faut affronter.

« Mon but est pas de te dévaloriser, c’est de te faire avancer. Je supporte pas ceux qui courbent l’échine devant les autres. »

Je ne supporte pas ceux qui font courber l’échine des plus faibles.

Tu te retins de l’ajouter.
Parce que c’est reconnaître sa faiblesse et la supériorité des autres. Jamais montrer à un ennemi qu’il t’a blessé.
Ce qui est ironique, c’est que tu sembles faire pareil alors que pas du tout, tu te contentes d’être toi-même. Personne ne devrait à avoir se baisser pour marquer le respect, bien au contraire, et tu l’as bien prouvé à Erwin, lui et toi êtes égaux depuis quelques années maintenant.


« Relève toujours la tête et encaisse les coups même si ça fait mal. Même s’il s’acharne, ne montre jamais que ton adversaire a gagné. C’est sans doute la plus grosse défaite pour toi et la plus grande satisfaction pour lui. »

Tu lui tapotes le torse avec ton index en le regardant, au niveau du coeur.

« Tant que ton coeur continuera de battre, c’est toi qui pourra rendre les coups. Une fois mort, c’est pas là où tu viendras pleurer que ta vie a été merdique. Quand on perd tout, quand on semble être le looser, la seule chose qu’on a c’est la colère, la haine, la rage. Contre qui ? Contre tout le monde sans exception. La rage, tu l’as. Maintenant tâche de la diriger contre les bonnes personnes. »

Tu recules légèrement sans le quitter des yeux, avant d’aller ramasser les seaux de la recrue et de quitter la ruelle sans d’autres explications. Il s’est dégonflé au moment de te frapper, eh bien, tu ne peux pas le forcer à quelque chose. Lui parler c’est une autre solution, à savoir maintenant s’il est bien trop hermétique pour comprendre ou si ce que tu viens de lui raconter va lui faire prendre conscience de certaines choses et qu’il va enfin se réveiller. Seuls les pourris et les hommes et femmes puissants survivent. Pas de place pour les faibles, ou alors ils sont oubliés et relégués au second plan, et on entend plus parler d’eux alors qu’ils ont du potentiel à revendre. C’est le cas de Vanya, qui est dans l’ombre, qui se laisse faire et qui n’est pas encore dans cette optique de rendre les coups. Tu espères que ce n’est pas quand il sera à moitié mort qu’il réalisera que « Ah oui, effectivement, j’aurais peut-être pu me défendre. ». C’est pour ça qu’indirectement, tu as envie de l’aider. Il te fait penser à toi, c’est sans doute pour cela.
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