Walker James
Garnison •• Lieutenant
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Missives : 61
Soldat depuis le : 26/06/2017
Vieillesse : 28
Dim 30 Juil - 17:03
Le Colosse et le Pinson
ou comment se faire peloter les fesses pendant que tout le monde n'a d'yeux que pour Bonnie


feat. Valery de Marlborough

"Mais Maman !"

"Walker... Il n'y a pas de mais qui tienne... Et arrête de gigoter, la Comtesse ne va pas tarder à arriver, j'ai encore plein de choses à préparer..."

La porte de la calèche s'ouvrit et Walker s'extirpa de ce souvenir lointain. Tout jeune, alors qu'il n'était qu'un petit diablotin, il se rappelait encore de l'effervescence dans le village de Senlis ce jour-là. Tout le monde s'était efforcé, vainement, de sortir ses habits les moins usés et même le vieux Bilal s'était prêté au jeu en acceptant de se faire raccourcir la barbe. Si ses souvenirs étaient les bons, c'était exactement une semaine avant la foire de Senlis. La Comtesse de Marlborough venait visiter les lieux mais Walker ne comprenait pas vraiment pourquoi toute cette agitation. Ce ne fut que bien plus tard qu'il apprit, au détour d'une conversation, que la comtesse était en fait la propriétaire de tout le village, entre autre. Le reste était assez confus, il n'avait alors que 5 ans, mais ce qui était sur, c'était que tout le monde avait soufflé et s'était relâché quand elle était partie.

"Si Monsieur me permet..."

Walker n'avait pas tout de suite compris pourquoi ce valet lui tendait la main. Son regard insistant sur son manteau lui permit néanmoins de comprendre qu'il fallait qu'il lui donnât son cache-poussière. Walker découvrit ainsi son costume officiel qu'il n'avait porté que très rarement. Il n'était pas vraiment différent que sa tenue de tous les jours mais il avait le mérite d'être quasi-neuf et de ne comporter aucune trace de sang. Walker regardait alors penaud ce qui semblait de toute évidence être le hall d'entrée. Ce dernier était aussi grand que le réfectoire de la caserne Trost et tout était doré à l'or fin. Les meubles en acajou, les sculptures en marbre, les tableaux gigantesques, tout lui rappelait pourquoi sa mère avait insisté, des années auparavant, pour qu'il se tînt tranquille et gardât ses cheveux bien plaqués sur le côté. Il ne sentait pas vraiment à sa place, dans ce petit microcosme de luxe et de bienséance. Il devait néanmoins faire bonne figure et n'avait pas pu y échapper, Pixis avait clair sur le sujet.

"L'apéritif sera servi dans le petit jardin, si Monsieur veut bien me suivre..."

Un long couloir plus tard, et voilà arrivé Walker dans un jardin cerclé par un péristyle dont chaque colonne était sculptée minutieusement et offrait à son spectateur des scènes sylvestres. Le "petit jardin" était sans doute plus grand en taille que la cour de la caserne de Trost et pas moins d'une bonne cinquantaine de lampions suspendus venaient éclairer la scène. Il y avait des tables aux nappes brodées, un buffet gargantuesque de petits fours, des valets, ce qui semblait être un majordome au regard affûté comme des couteaux et une bonne tripotée d'aristocrates en tout genre. Tout ce petit monde s'affairait à leur tâche dans une chorégraphie presque diabolique. Les dames riaient mais pas trop et ne manquaient pas de ciller comme des biches au moindre regard croisé, les hommes parlaient affaire, avaient de bons mots en toute occasion et, presque comme des ninjas, le personnel se faufilait au travers de ce petit monde sans jamais déranger personne. Constatation amère, il était le seul soldat invité et certainement le seul aussi à n'être pas bien né. Alors qu'il faisait un pas de côté pour laisser le champ libre à un domestique, ce dernier le dévisagea comme s'il était un rustre. Ca commençait mal.

"Ah ! Ah ! Le voilà enfin ! Lieutenant James, venez par ici, de grâce, ne restez pas planté là à attendre vos ordres ! Allons, mon garçon, n'ayez pas peur... "

Elle était là, trônant comme un rubis sur sa couronne, au beau milieu d'une poignée de nobles. Valery de Marborough, comtesse, cousine du général des Armées, propriétaire terrienne et directrice des Mines Centrales, sans compter tout un autre tas de titres que Walker ne soupçonnait même pas, pressait Walker de venir à sa rencontre. A ce moment-là, Walker aurait préféré se retrouver seul, à court de gaz, dans une impasse, face à un titan. Avec un sourire gêné, il s'approcha alors du groupe qui le dévisageait de pied en cape.

"Laissez-moi vous présenter le lieutenant James. Je l'ai connu tout petit à vrai dire et, houhou, je n'oublierai jamais. Figurez-vous qu'il se trimbalait tout nu, crotté jusqu'au cou, à hurler comme un diable qu'un âne l'avait poursuivi dans les champs... Houhouhou... Mais rassurez-vous, cher lieutenant, aucun baudet n'a été invité, votre intimité est sauve pour la soirée ! Evitez tout de même Lord Pennwick, ne sait-on jamais..."

Tout le monde ria à gorge déployée sauf Walker. Il s'en rappelait maintenant. Il y avait comme çà des souvenirs qu'on préférait oublier et cette journée était visiblement le cas... Une coupe de champagne à la main, un petit four dans l'autre, Walker se laissa tripoter les biceps. Visiblement cette soirée aussi devrait aussi aller rejoindre les oubliettes des souvenirs pas très glorieux...

"Visiblement le lieutenant James a bien grandi. Admirez ce gaillard. Je doute qu'un animal de ferme n'en vienne à bout maintenant. La force d'une brute épaisse au service d'un visage d'ange !"

"Charles, cessez donc de tâter le lieutenant comme s'il était une poire mûre dans un marché de province. Vous l'importunez. Ah ! parfait, nous sommes au complet. Voici donc, mes chers invités, notre invitée de prestige pour cette soirée délicieuse. Bonnie Hawthorne ! Mon petit pinson providentiel..."

Ce fut à ce moment précis, à l'heure où tout le monde souriait et ponctuait de "oh" et de ah" l'arrivée presque théâtrale d'une beauté sibylline et enchanteresse que Walker prit un air à la fois surpris et constipé et lâcha un tout premier mot qui vint faire grincer l'audience...

"Hey ! On se calme vieux dégoûtant !"



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Mer 16 Aoû - 19:39
Le Colosse et le Pinson.
Walker & Bonnie
Un soupire traversa la barrière de ses lèvres. Elle n’essayait pas de masquer son mécontentement, à vrai dire. Bonnie, la Grande Prêtresse, était invitée à un repas tenu par la Comtesse de Marlborough. Valery, de son petit nom. Un personnage atypique mais dont l’importance n’est plus à démontrer. Outre son lien familial avec les Armées, la noble était une croyante suffisamment riche pour se permettre des dons que le Culte ne pouvait pas ignorer. La rousse non plus. Malgré son mépris pour toute personne ayant un lien de près ou de loin avec les hérétiques en uniformes, impossible d’ignorer un personnage de son rang. Il était invraisemblable de bouder de si belles sommes données pour honorer Dieu. Cela lui coûtait, beaucoup, mais qu’importe. Ce soir, la chanteuse serait vêtue de son plus beau sourire et de sa voix enchanteresse pour satisfaire les désirs d’une femme qui ne lui inspire que du dédain.

« Laquelle devrais-je porter, Vadim ? La plus sobre ou bien la plus voyante ? » Elle toucha du bout des doigts l’étoffe de sa favorite, la rouge rubis. Elle l’aimait tout particulièrement, non pas pour sa couleur qu’elle ne parvenait pas à s’imaginer, mais pour l’effet qu’elle provoquait sur autrui. Le rouge lui sied au teint, pas de doute. « Alors mon moineau, vas-tu daigner me répondre ? » Ajouta Bonnie, amusée par sa remarque. Son oisillon émit un son, entre soupire et rire, mais sans un éclat de voix. Sa protectrice avait déjà choisi sa tenue, elle voulait simplement être confortée dans l’idée qu’il n’était pas prétentieux de sa part d’attirer tous les regards à ce fameux repas. La Comtesse désirait son petit joyau de beauté et elle l’aurait. Le spectacle serait à la hauteur de ses attentes.

L’oisillon se chargea de vêtir la religieuse. La coupe du vêtement était simple, tout le charme résidait dans sa couleur, et surtout, dans la personne qui la portait avec fierté. Il lui passa délicatement autour du cou son collier dit « de soirée ». En temps normal, Bonnie se contente de son chapelet dont elle connait chaque détail par cœur. Mais lorsqu’elle se trouve dans le beau monde, elle arbore les trois Déesses Maria, Rose et Sina, gravées dans de fins pendentifs tout en or. Ses cheveux étaient déjà brossés et mis en place avant même qu’elle ne trouve le temps terriblement long. Chaque seconde accordée aux Hommes, et non à l’Humanité comme Dieu le lui demande, est d’un ennui…

Il fallait se mettre en route, autrement la Grande Prêtresse devrait demander pardon pour son retard. Une idée qui lui déplaisait tout autant que le simple fait de devoir être présente à ce repas rempli de personnages plus répugnants les uns que les autres. Pour autant, la rousse n’avait pas eu envie d’arriver dans les premiers. L’orgueil, la fierté de savoir que tout le monde n’a d’yeux que pour vous, la personne tant attendue pour commencer les festivités. Un petit sourire narquois habilla son visage, jusqu’au moment où son oisillon qui l’avait menée jusqu’ici lui indiqua d’une caresse sur la main qu’ils étaient arrivés. Un domestique s’approcha de la religieuse pour lui proposer son aide. Sa cécité était connue du personnel, depuis le temps. Chaque fois, elle déclinait l’aide proposée, préférant largement être guidée par l’un des rares êtres qu’elle tolérait au plus près d’elle, Vadim le muet.

A l’intérieur de la demeure, le brouhaha lointain crispa la rousse. Ce serait un repas bruyant, comme on peut s’y attendre avec les Hommes lorsqu’ils sont nombreux, joyeux on ne sait pas pourquoi, et un verre d’alcool à la main. La religieuse garda sa main posée sur le bras de son oisillon alors même qu’elle avançait pour rejoindre les invités. Lorsque le bruit lui parut suffisamment clair pour qu’il lui suffise à se guider, elle congédia son suivant. Il serait son ombre durant l’événement, la surveillant de loin, lui offrant ses yeux pour lui chanter silencieusement tout ce qu’elle aurait pu rater de ce repas. On le confondrait avec un domestique, il s’effacerait dans le décor. Une sécurité plutôt rassurante pour Bonnie qui ne connait pas parfaitement ce monde qui l’entoure.

En se fiant uniquement aux sons, la religieuse rejoignit lentement le petit monde. A son arrivée, la Comtesse attira l’attention de ses invités sur la rousse, dernière arrivée. Une invitée de prestige, disait-elle ? Bonnie feignit de rosir très légèrement. Au fond, son hôte avait raison de la nommer ainsi, elle n’est pas la Grande Prêtresse pour rien. Ce qui la gênait réellement, c’était qu’elle la désigne comme son petit pinson. C’était tout bonnement répugnant d’être la chose d’une autre personne, mais elle n’y attacha pas plus d’importance, il fallait simplement satisfaire cette noble pour la soirée et son devoir serait accompli. Tous s’extasiaient face à la beauté indéniable de la religieuse. Seul un membre de ce comité semblait préoccupé par quelqu’un d’autre. Un vieux dégoûtant, si l’on se fie à ses dires. Un large sourire étira le visage de Bonnie. D’un geste lent, elle fit une révérence pour saluer tout ce public.

« Comtesse, c’est un plaisir de me joindre à vous. Votre invitation est un vrai délice. » Elle pouvait presque entendre le petit soupire amusé de son oisillon face à tant d’ironie. Ou bien, parce que cela faisait des années qu’ils partageaient leur quotidien, elle l’avait imaginé. « De grâce, n’attendez pas plus longtemps pour démarrer les festivités, je ne mérite pas tant de patience. J’ai cru entendre que certains ont déjà laissé leurs doigts traîner sur le buffet. » Son petit sourire était de nouveau narquois, mais le ton de sa voix, sa douceur, lui permettait presque de dire le fond de sa pensée sans que cela ne soit déplacé.
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