Un dernier verre ? || ft Heath F. Baskerville

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Soued Kallermann
Garnison •• Soldate 1ère classe
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Vieillesse : 23
Dim 27 Aoû - 21:51
ft. ... & ...
Votre résumé.

Un dernier verre ? || ft Heath F. Baskerville

Des noces d'étain.

Dix ans de mariage, ça se fête ! Dommage qu'il manque un des principaux concernés. Néanmoins, Soued voulait n'en garder que de bon souvenirs. Son mariage avait été une journée heureuse, Hans y avait veillé après le fiasco qu'avait été la rencontre avec ses parents. Ce jour-là elle avait été élevée au rang de reine, des fleurs dans les cheveux, les voisines aux petits soins pour elle, et un époux aimant qui lui promettait monts et merveilles en lui passant l'anneaux. Soued voulait se rappeler de cet anniversaire comme un événement heureux.

Un bonheur qu'elle ne voulait pas partager avec personne d'autre, en même temps les seules personnes avec qui elle aurait pu fêter ce moment étaient morts pour la majorité d'entre eux. Soued s'isolait aussi parce qu'elle redoutait cet anniversaire. Plus la date approchait, plus la jeune femme était à fleur de peau. Tantôt joyeuse, tantôt mélancolique, elle-même ne savait plus sur quel pied danser. Il lui fallait de l'air, être seule pour faire le point : sur sa carrière, sa vie, son véritable objectif. Au début de la journée la jeune femme avait annoncé son départ pour une mission chez les bourges du mur Sina, la métisse avait fait passer une semaine d'enfer à ses équipiers à hurler plus qu'habituellement, au point d'en avoir mal à la gorge, en ruminant et remettant tout en question, l'ambiance était quelque peu tendue avec ses collègues. La jeune femme était exécrable et ces quelques jours d'éloignement allaient être bénéfique pour tous.

En fait il n'y avait qu'avec Judy, sa jument, que tout c'était bien passé. Sur la route pour Utopia, elle parlait à l'animal qui l'écoutait se plaindre et surtout parler de ce fameux anniversaire.

- Tu comprends ? Dix ans ça ce fête ! Et même si il est plus là... Bah j'me vois pas ne pas marquer l'coup tu vois ?

La jument secoua la tête pour faire partir une mouche qui volait près d'elle, Soued le prit comme un acquiescement, se disant qu'il n'y avait qu'une femme pour comprendre une autre femme, même si cette dernière est un animal. Une fois arrivée en ville elle prit une chambre, la jument était sagement attachée et se reposait. L'auberge était convenable, un lit, un bureau avec une lampe. La demoiselle prit une douche et s'était habillée en civil. Un pantalon noir et une chemise rouge foncé un peu trop serrée au niveau de la poitrine. Elle soupira en boutonnant sa chemise, laissant la naissance de ses seins visible. Elle n'avait plus rien à se mettre, hormis sa tenue militaire. Une cigarette à la bouche elle attacha ses cheveux encore humides en queue haute, elle ajusta quelques mèches autour de son visage.

La gazelle avait oublié le temps que ça mettait de se préparer. D'ordinaire, elle aurait mis sa tenue de soldat et serait sortie patrouiller, là elle ne voulait pas avoir l'air négligée, ou sentir des regards pesant sur elle, Soued voulait juste être une jeune femme qui va boire un verre, ni plus ni moins. La métisse remit son alliance en souriant, mais toujours avec ce noeud dans le ventre, et elle gardait l'alliance de son défunt époux autour du cou. Elle prit une grande respiration avant de retourner au monde réel : sans formalité administrative avec juste les tracas quotidiens.

Soued descendit les escaliers comme un éléphant, niveau discrétion on repassera. Elle s'installa au bar toujours ce sourire bête qui ne la quittait pas en jouant avec son alliance. Elle n'avait pas fait attention au serveur qui essayait de la sortir de ses pensées pour prendre sa commande. Elle sursauta et regarda autour d'elle. À part un homme bien plus âgé qu'elle, mais qui avait une carrure bien imposante, les autres client étaient trop loin pour qu'elle puisse voir ce qu'ils avaient commandé . La jeune femme voulait goûter à autre chose qu'à de la bière avec de la chance son voisin avait du goût en matière d'alcool.

- La même chose que monsieur.

Le serveur partit pour préparer les commandes.

- Vous avez pris quoi en fait ?

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Missives : 150
Soldat depuis le : 10/06/2017
Vieillesse : 25
Mer 30 Aoû - 22:09
Un dernier verre ?Ft. SouedI think it might wash away tonight
Awakened from this never ending fight
It takes more than meets the eye
This war we're fighting is not just writing
(Thousand Foot Krutch → Courtesy Call)
Je ne suis pas spécialement porté sur l’alcool, et je pense l'avoir déjà mentionné. Cependant, lorsque je bois, je bois et je ne fais pas semblant. C’est une des choses que je fais le plus rarement. Même fumer, ça m’arrive plus souvent que de boire et pourtant, je ne dis pas non à un verre quand on m’en propose un. Alors ce soir est un peu exceptionnel, c’est vrai. Je n’ai rien à fêter, ni avec les vivants, ni pour les morts, c’est simplement une soirée de plus dans une vie semée d’embûches. Un moyen pour oublier un peu les jours précédents et ne pas penser à la suite. Ce soir, j’étais bien décidé à rentrer ivre chez moi et me sentir mal le lendemain matin avec un mal de tête à peine imaginable. Cette pensée me fit grimacer, mais ça permet d’occuper les jours de permissions.

Alors depuis plus de deux heures, j’écume les bars, les tavernes et les auberges d’Utopia. Pour une fois que l’on m’accorde quelques jours de congés, je décide de les gâcher – indirectement – en buvant de l’alcool plus que de raison. Quelle importance ? Qui allait me juger ? Je ne suis pas en uniforme, je suis, l’espace de quelques jours, un homme comme un autre qui cherche à se changer les idées dans un bar, à claquer l’argent qu’il a accumulé dans la boisson. Je sais qu’il m’en restera de toute façon, et que je continuerai à en gagner. Alors de nouveau, quelle importance ? Lorsque j’ai de l’alcool dans le sang, j’ai encore les idées claires mais ce sont mes propos qui s’embrouillent. Un peu comme si ma bouche ne se contrôlait plus et disait n’importe quoi, bien autre chose que mon cerveau lui dit de dire. Redondant n’est-ce pas ?

Je suis en train de marcher dans la rue. Le soleil décline, le ciel est d’une couleur que je trouve magnifique. Le bleu nuit s’installe, tandis que la lumière du soleil tombant strie le ciel de sa couleur dorée/orangée. Je trouve ça particulièrement magnifique, et je pourrais passer des heures à regarder la nuit prendre la place du jour. Je trouve ça… Egalement poétique. Allez savoir pourquoi d’ailleurs. Satisfait et souriant, je reprends ma route dans les rues d’Utopia à la recherche d’un énième bar pour continuer – et finir dans un même temps ma soirée. Les enfants courent dans les rues, en jouant au soldat et aux titans… J’observe d’un œil un peu absent la gamine un peu à la ramasse qui joue le titan, tandis que ses « copains » eux se sont déjà barrés. Les enfants peuvent être cruels entre eux. Le plus faible, celui qu’ils ne veulent pas avoir dans le groupe mais qu’ils intègrent de manière méchante pour lui faire plaisir, c’est toujours le même. Le gamin ou la gamine qui est dans ce cas est généralement le ou la plus jeune, qui n’a pas spécialement d’amis et qui  veut s’intégrer aux autres.

Elle tombe en voulant courir pour rattraper les soldats. Si elle en attrape un, alors elle a gagné. Bien sûr, les autres ne la feront pas gagner. Bien sûr que non. Ce sont les titans qui perdent. Je m’approche d’elle pour l’aider à se relever. Elle a les larmes aux yeux, les genoux et les coudes écorchés. Elle me regarde d’un air plutôt fier et farouche, mais ça se voit au fond d’elle qu’elle en a assez de jouer ce rôle ingrat.


« Pourquoi tu fais ça ? », je lui demande en m’accroupissant à sa hauteur.

« Parce que je dois rattraper mes amis ! Mais ils jouent les soldats, et on sait tous que les soldats gagnent toujours face aux titans... », elle me répond en baissant les yeux.

Je l’observe avant de me redresser et de tourner les yeux autour de moi. Elle serre les poings. Elle a vraiment une attitude de garçon manqué. Habillé d’un pantacourt, de chaussures d’hommes et d’une chemise large, elle n’a rien d’une jeune demoiselle d’une douzaine d’années à peu près. Ses cheveux courts en bataille font penser à un garçon. Mais sa voix ne trompe pas, de même que ses sentiments, ses ressentis. Alors je lui souris en lui ébouriffant les cheveux et lui donner ma casquette. Elle semble surprise, mais radieuse.


« Ne laisse pas les gamins te marcher dessus. Si tu leur montre que tu as besoin d’eux, ils vont en profiter. Affirme-toi, ils en seront surpris. »

« Merci monsieur... »

Je reprends ma route en souriant doucement avant de tourner la tête vers elle.

« Au fait, y a deux gamins qui se cachent dans cette ruelle, un autre qui est caché dans la boutique juste-là et les autres doivent être dans des ruelles. »

Son sourire s’élargit, alors qu’elle va là où je lui ai indiqué. Elle sautille de joie quand elle parvient à attraper les deux gamins. Ca m’a fait sourire aussi. Ca m’a fait plaisir de l’aider. Elle le mérite. Comme quoi la cruauté est partout, de même qu’à Sina. Elle ne semble pas habillée richement comme la plupart des enfants. Nouveaux riches ? Anciens riches ? Je l’ignore mais c’est également ça qui peut jouer en la défaveur de certaines personnes. Quelques passants sourient. Ils approuvent mon geste. Ils ont moins de mal à me sourire lorsque je suis en civil qu’en uniforme, ce que je peux comprendre d’ailleurs.

Enfin je pousse la porte d’un nouveau bar pour aller m’installer au comptoir bien tranquillement et demander un whisky. La boisson de vieux selon quelques personnes. Je suis vieux donc ça correspond parfaitement. Plus la boisson est vieille, meilleure elle est. Dommage que cela ne fonctionne pas comme ça pour les hommes et les femmes. Plus les hommes vieillissent, plus ils deviennent aigris, c’est comme ça et c’est tout. Le barman me sert mon verre, whisky sans glaçon et je commence à le siroter. Je ne remarque même pas les gens autour de moi, alors la voix qui me demandait ce que j’ai pris me sorti de mes pensées et je tourne la tête vers cette personne.


« Pardon ? »

Quand je vois le barman revenir pour lui servir la même chose que moi, je me contente d’un vague sourire en prenant une nouvelle gorgée de cet alcool qui chauffe l’oesophage de manière exquise. Voilà pourquoi j’adore cette boisson.

« Un whisky. Il est très bon, vous verrez. »

Je l’observe ensuite du coin de l’oeil. Métisse, jeune, plutôt jolie d’ailleurs je l’avoue, je me demande bien ce qu’elle fait là. Bah, sûrement comme moi, elle boit pour fêter quelque chose ou non, mais en tout cas bien partie pour boire, certainement. Je préfère ne rien dire, les questions compliquées finissent par être mal tournées quand je les pose, du coup avant de me prendre une claque parce que j’ai fauté, le silence m’accompagne. Je me connais, quand je suis un peu beurré comme ça, je ne suis pas du tout compatissant, je ne fais aucune preuve d’antipathie. Je m’en fous en fait. Alors avant que c’en arrive là, me taire est la meilleure solution. C’est arrivé tellement souvent que je me méfie maintenant. Après tout elle m’a juste demandé ce que j’avais pris, je lui ai répondu, ça s’arrête là.

Pourtant elle est joliment habillée, un peu comme si elle attendait quelqu’un, un compagnon, une connaissance, comme si c’était un rendez-vous. Ma curiosité, accentuée par les milligrammes d’alcool dans le sang, prend finalement le dessus et je termine mon verre avant de le poser et la regarder.


« Vous attendez quelqu’un en particulier ? »
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